jeudi 11 février 2010

Welcome to the jungle n°8

Re-bonjour à tous. Pendant que Ben Bernanke nous annonçait hier soir qu'il ne sait pas encore ce qu'il va faire, c'est-à-dire qu'il ne sait pas quand la FED remontera ses taux directeurs, les européens sont à Bruxelles et pensent à un plan de sauvetage de la Grèce. je pense d'ailleurs que je vais m'attarder sur ce point tellement il est intéressant. 

La Grèce connait une crise sans précédent, attaquée par des entreprises très puissantes, il semblerait qu'elle pourra s'en sortir. Mais sortir d'une crise majeure n'est jamais chose aisée et le gouvernement a dû prendre des mesures drastiques pour fermer les vannes dépensières. Mais j'aurais pu mettre ma main à couper que les syndicats de fonctionnaires allaient demander la grève. Et je pensais bien, puisqu'en ce moment même les fonctionnaires sont en grève.

Ils ne veulent pas de ce plan d'austérité car ils estiment que ce sont les élites qui ont pris tout l'argent. Or, il faut savoir que pas loin de 50% de la population active est fonctionnaire. Donc ils font aussi partie de ces gens qui ont vécu au crochet de ceux qui travaillent dans le privé. Car la véritable production de valeur n'est pas créée par les fonctionnaires et l'état mais par les entreprises privées. En bloquant leur pays, ils le mettent encore plus dans la panade ou plutôt dans le tzaziki. Si l'état grecque, c'est qu'à l'instar de tous les pays européens ils ont vécu au-dessus de leurs moyens pendant plus de 30 ans. Quand tout va bien, que le pays peut générer un PIB acceptable, il n'y a pas de problème mais lorsque le PIB chute, alors il devient beaucoup plus difficile de faire face à ses engagements.

L'année dernière la Grèce a eu un déficit de plus de 12%! C'est quand même incroyable, la crise était là et pourtant les politiques ont fait n'importe quoi en faisant ce qu'ils font de mieux: arroser tout le monde afin de gagner des voix. Mais cette tactique n'a qu'un temps et il arrive un jour où la dette devient trop importante et le pays ne peut plus faire face Et de toute façon, les seules solutions acceptables pour les autorités grecques sont justement celles indiquées par les spéculateurs. Baisser les dépenses ? Pas possible en démocratie. Diminuer la dette par l'inflation ? Les Allemands et la BCE veillent. Augmenter les impôts ? Pas possible, l'économie s'effondrerait. Reste le défaut ou la hausse des taux d'intérêt. Sympa de la part des spéculateurs de montrer la voie, à ceci près que les deux possibilités signent la sortie de la Grèce de l'euro ou la récession. je penche pour un sauvetage et une récession (de quelle ampleur, je ne sais pas).

Mais nous savons que les pays européens ne vont pas abandonner la Grèce donc pas de soucis. Le soucis est ailleurs. D'autres pays pourraient être tenté de laisser filer leur dette et venir demander l'aide de leurs partenaires dans un futur plus ou moins proche. Tout le problème est là, comment faire ne sorte de ne pas trop en donner tout en sauvant un pays de l'eurozone. 

La France, même si elle ne fait pas partie du prochain wagon de condamnés devrait tôt ou tard en faire partie. Dans les prochaines années le déficit devrait dépasser les 100% du PIB, c'est à dire que pour rembourser la dette de l'état, il faudrait aux français travailler pendant plus d'un an en donnant tout à l'état. C'est bien sûr inconcevable mais cela permet de relativiser. Mais les français ne sont pas aux bout de leur peines car l'état français n'a pas provisionné les retraites des fonctionnaires et cela représente plus de 1000 milliards d'euros! Il se pourrait donc que beaucoup se retrouvent sans retraite. De plus, la population active va chuter par rapport aux nombre de retraités à cause des baby boomers qui commencent à laisser leurs places. Les retraites par répartitions sont un peu comme un système Ponzi (que vous connaissez maintenant grâce à Madoff). Il faut toujours plus d'entrant pour garantir les fonds pour les sortants, le jour où il y a trop de sortants réclamant leur argent et pas assez d'entrants c'est la fin. 

Et maintenant une petite revue de presse:
Il semblerait que laisser filer les déficits ne soit pas aux goût des américains, on ne peut pas en dire autant des européens qui ont plutôt tendance à continuer à croire en l'efficacité de ce procédé:

Toujours la Grèce...

Les banques suisses vont mieux et c'est une excellente nouvelle!
Un article de The Economist sur l'Iran qui commence à trop vouloir en faire:


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui et on se retrouve demain, si Blogger veut bien me laisser publier mes billets.


"Lutte, réduction et amélioration sont les trois termes clef du langage politique. Ils ont l’avantage de pouvoir être accolés indifféremment à l’inflation, déficit, finances publiques… Et toutes les combinaisons sont possibles."
                              Jacques Maillhot (pour ceux qui connaissent les GG sur RMC info)

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