dimanche 21 février 2010

The jungle appliquée n°10

Bon Dimanche à tous! Voici les résultats du portefeuille SHORTO de la semaine!

Cette semaine fut encore bonne et encore une fois il n'y a qu'un titre sur lequel je perds. Mais cette semaine je vais rendre la chose plus compliquée en prenant un des cinq titres et en le donnant comme mon favori. Le but est ici d'essayer d'identifier le titre qui a le plus de chances de créer du profit.









Cette semaine encore plus de 15% en global et plus de 3% de moyenne de gain par titre. Mais continuons avec cette semaine qui vient. Nous venons d'avoir plusieurs jours de hausse, il est à parier que les prochaines jours marqueront une baisse, il faudra bien que les investisseurs prennent leurs profits à un moment donné. Et n'oubliez pas je suis bearish! Ce qui signifie que je pense que la tendance est baissière sur le long terme. Bien sûr à cours terme, cela est différent, il y a des hauts et des bas mais sur le long terme les bourses mondiales devraient (à mon avis) continuer de chuter. A ce propos demain je tenterai un petit exercice de style qui pourrait se révéler intéressant.

Voici le portefeuille SHORTO de la semaine:
 

Il faudra prendre position au fixing de lundi pour acheter à l'ouverture. Je fais d'UBS mon champion de la semaine, j'ai un bon feeling sur le titre, les indicateurs ne sont pas très clairs encore mais j'anticipe. la stochastique est très haute et proche du croisement, la courbe de prix commence à décrire un dôme et le RSI est aux alentours des 50. De plus, durant cette semaine on a heurté une résistance (vous savez ce que c'est maintenant) sans la franchir, je pense que le titre devrait chuter.

Nestlé est déjà très élevée avec une hausse importante, comme d'autres dans mon portefeuille et certains sont sortis du "tube" mais je parie sur une petite baisse ou une cassure de support pour rentrer de nouveau dans le tube précédent.

Voici la suite de l'histoire de la montre, comme tous les dimanches, j'espère que vous apprécierez:
Bon fin de week end à tous, on se retrouve demain avec une petite analyse plutôt intéressante, je l'espère.

"Des millions d'êtres humains rêvent d'une vie éternelle et lorsqu'il pleut le dimanche après-midi, il ne savent pas quoi faire"
                           Suzan Herz

vendredi 19 février 2010

The jungle appliquée n°9

Juste un petit billet rapide pour annoncer un rachat ce matin à l'ouverture des marchés. Hier la Société Générale perdait plus de 7%, à l'ouverture il fallait racheter notre vente à découvert. Je pensais faire une perte sur le titre, finalement non.
prix de rachat: 38.675 à 9h30
prix de VAD: 39.28
bénéfice: 1.56%

Welcome to the jungle n°12

Bonjour à tous!

Aujourd'hui on revient aux actualités et cela n'est vraiment pas du luxe tant il y a des news et honnêtement il y en a une (voir l'image) qui me rend furieux. en effet, l'état français a mis dans la tête de ses administrés qu'il fallait faire un grand emprunt national de 22 milliards d'euros. Alors la plupart des français pensent que l'état emprunte beaucoup pour justement investir. Mais ils semblent oublier que toutes les semaines, l'état français procède à la même opération. Le déficit français, comme de tous les états d'ailleurs, est financé de cette façon, la dette est achetée par des institutionnels (banques, établissements financiers, assurances, etc..). Il y a même une agence étatique qui s'occupe de vendre ces emprunts hebdomadaires, elle s'appelle Agence France Trésor. Tous les jeudi elle mets des OAT (Obligation assimilables du trésor) ou autres aux enchères via une interface très particulière que tous les institutionnels possèdent. Voici le listing des derniers emprunts consultable sur le site de l'agence France trésor

Donc, lorsque l'état français emprunte toutes les semaines c'est pour du non-investissement? Juste pour payer les affaires courantes? L'état emprunte pour payer sa dette? la réponse est OUI. Ce grand emprunt est un trompe l'œil. Rien que la campagne publicitaire va coûter près d'un million d'euros! De plus elle n'a rien d'original puisque cette image de femme enceinte a été vue et revue pour chaque grand emprunt que la France a fait (la plupart en temps de guerre...) comme on peut le voir  ici.


Alors pourquoi me permets-je de fustiger la campagne publicitaire? Tout simplement parce qu'on dépense une somme énorme pour emprunter de l'argent comme l'état le fait toutes les semaines le jeudi et que les particuliers ne sont pas invités à participer à ce grand emprunt. C'est donc une action toute politique en ces temps d'élections régionales en France qui est financée par les deniers publics pour faire mousser l'UMP. je trouve cela révoltant!



Mais après ce coup de gueule, revenons à nos moutons et passons à d'autres actualités plus en phase avec ce blog financier. Hier fut une journée un peu étrange sur les marchés, il semblait que les intervenants avaient pris une dose de bonheur. Je m'attendais à des prises de profits après deux jours de hausse assez importantes et au final on continue dans le vert et ce, malgré des chiffres économiques pas très glorieux:
Jobless Claims pas vraiment de quoi mettre en confiance, les ventes de Wall-Mart reculent de 1.6% à périmètre comparable aux Etat-Unis et ce pour la première fois de leur histoire en annonçant que le prochain trimestre pourrait décevoir, la hausse des prix à la production (PPI) augmente de 1.4% au lieu des 0.8% attendus par nos amis les analystes financiers (encore une fois dans le faux et de loin), un pétrole qui reprend la direction du ciel avec un prix qui avoisine de plus en plus les 80USD. Bref, il n'y avait rien qui puisse rendre un trader heureux hier et pourtant...

Pourtant les marchés étaient dans le vert, une fois de plus et ce n'est qu'aujourd'hui que l'on risque d'avoir des prises de profits, ce qui signifie que les investisseurs ne croient pas vraiment à vent Bullish sur les marchés mais que cela pourrait être une semaine exceptionnelle alors autant engendrer du profit. Mais cela indique aussi l'incertitude des intervenants qui n'osent pas vraiment se placer sur du moyen terme et encore moins sur du long terme. Le moral est meilleur, mais le doute subsiste.

Un autre fait étrange, la FED a annoncé juste après la clôture des marchés américains, c'est à dire après 22H heure de Paris que le "discount rate", taux d'escompte pour nous francophones passait de 0.5% à 0.75%. C'est une décision brutale et assez surprenante car annoncée après la clôture et pas pendant les heures d'échanges. Alors pour clarifier tout cela je vais tenter d'expliquer un peu.

La FED, la banque centrale américaine établit les taux au jour le jour sur le marché monétaire américain, elle possède pour cela plusieurs outils:
- le taux d'escompte: taux pour les prêts à très court terme (quelques jours maximum). le système est un peu particulier, en fait les intérêts sont déduis directement avant le versement de la somme prêtée et non pas remboursés après avec le capital comme on le fait avec un emprunt habituel, cela ne se fait plus en France d'ailleurs.
- le taux des réserves obligatoires: Chaque banque doit avoir des dépôts ou réserves auprès des banques centrales dans les pays où elles sont implantées,  ces banques centrales peuvent ou non appliquer un taux d'intérêt à ces dépôts. Ce taux permet de contrôler le crédit sur la juridiction de la banque centrale en question. Plus le taux est élevé plus on jugule le crédit, plus le taux est bas plus on favorise le crédit et par la même occasion l'inflation.
- Les taux d'intérêts sur les marchés surtout sur les emprunts d'Etat US.

Donc ce taux d'escompte n'est pas ce que l'on appelle le taux directeur de la banque centrale, il n'a pas le même impact sur l'économie globale que le taux d'escompte, mais cette décision de la FED paraît surprenante de prime abord puis on relativise. Le discount rate est un taux qui s'applique lorsque la banque centrale souhaite prêter en direct à un établissement financier, par exemple si celui-ci connait des difficultés de trésorerie. Durant la crise, ce taux a été maintenu très bas pour ne pas pénaliser ces établissements financiers, aujourd'hui que le gros de la crise est passé, qu'il devrait y avoir de moins en moins de banques ou autres proches de la faillite aux USA, le taux peut revenir petit à petit vers pourcentages plus adéquats.
Même si cette décision n'impacte pas l'économie, je suis persuadé que les titres financiers américains vont déjouer cet après-midi dès le fixing (période avant ouverture de marché, aucun échange mais le prix d'ouverture se fait à se moment là). Cette nouvelle n'annonce pas encore une hausse des taux directeurs, mais par ce fait il semblerait que la FED veut montrer que la crise est maintenant derrière nous et que l'économie devrait se reprendre petit à petit.

De leurs côté Microsoft et Yahoo sont autorisés à s'allier. Ils veulent concurrencer Google, mais cela risque d'être assez compliqué puisque Google est vraiment performant et bénéficie d'une réelle suprématie sur le marché des moteurs de recherche. Dans le même temps, Goolgle a compris d'où venait la faille de sécurité, tout simplement d'une école Chinoise! 

Ah et un petit fait assez amusant, en lisant le Temps (journal suisse de bien meilleure qualité que les journaux français) on apprend que Goldman Sachs la célàbre banque américaine n'est pas contente du tout car le Crédit Suisse célèbre banque suisse leur a subtilisé des gestionnaires de fortune contre belle prime de signature de contrat (on dirait du foot!). Normalement c'est quelque chose de courant, les banques tentent d'attirer des gestionnaires de fortunes dont les portefeuilles sont intéressants afin de garantir plus de bénéfices car il y aura plus de millions à faire fructifier, donc plus d'opérations, donc plus de frais, donc plus d'argent pour la banque (mais si les clients y laissent des plumes la banque nie toute responsabilité évidemment). Donc ce petit jeu de chaises musicales est un classique mais voilà Goldman Sachs n'aime pas que l'on vienne leur chercher des noises donc ils attaquent le Crédit Suisse en justice car ils se sentent lésés. Si chaque banque privée devait faire ça, on ne s'en sortirait pas. De plus maintenant les gestionnaires vont devoir faire en sorte que leurs clients les suivent dans cette autre banque, mais j'imagine que cela est préparé depuis un bon moment déjà. Il semblerait que Goldman Sachs n'apprécie pas la concurrence et a, comme beaucoup d'américains, la jetetraine-enjustice aïgue, à la moindre chose qui ne leur plait pas, on demande à aller devant les tribunaux. Pas étonnant que les avocats fassent fortune aux USA... l'article du Temps 

Sur ce, bonne journée à tous et on se retrouve dans le courant du week end pour le résultat du portefeuille SHORTO comme d'habitude!

On termine avec un petit proverbe grec (c'est de circonstance en ce moment) qui est, ma foi, fort vrai:
"celui qui pille avec un petit vaisseau est un pirate, celui qui pille avec un plus grand vaisseau est un conquérant"

Ce qui me fait penser à la version anglophone:
"kill a man you're a murderer, kill many you're a conqueror, kill them all, you're a God"

jeudi 18 février 2010

Welcome to the jungle n°11

Bonjour à tous, aujourd'hui j'inaugure une nouvelle rubrique: analyse technique. Autant aller droit au but, je ne suis pas un jusqu'au boutiste de l'analyse technique et j'aime la pratiquer avec discernement et avec peu d'indicateurs.

Mais pour ceux qui ne connaitraient pas, qu'est que l'analyse technique? L'analyse technique est l'étude des courbes de prix. il existe ce que l'on appelle des indicateurs techniques qui sont calculés par rapport aux prix et aux volumes qui ont pour but de donner des indications quant à la tendance du marché.

Je sais qu'il existe beaucoup de livres sur le sujet et mon but ici n'est pas de refaire ce qui est déjà écrit mais d'y apporter un modeste plus qui, je l'espère, vous plaira. Mais commençons par la base. La courbe de prix d'une action se complète la plupart du temps par le volume de transactions. Regardons un exemple:
 
(source: Boursorama)
Sur ce graphique on trouve l'évolution sur base journalière du CAC40 (indice des 40 plus grosses capitalisations de la bourse de Paris). Mais là vous vous dites: "que sont ces trucs verts et rouges?" et là je vous arrête tout de suite, on y viendra plus tard mais histoire de stimuler votre curiosité ce sont des "chandeliers japonais". En-dessous de la courbe de prix sous forme de chandeliers japonais on trouve les volumes de transactions journaliers. Vous avez donc ici le graphe de base.

Les volumes sont un indicateur important que les investisseurs ont souvent tendance à oublier et parfois même négliger. Un volume inhabituel peut signifier quelque chose: une annonce sur la compagnie, la publication d'un résultat, la mise sur la marché d'un nouveau produit. etc... Là je viens d'introduire une nouvelle notion que nous verrons plus tard et qui est fortement liée au volume de transactions: les nouvelles économiques. 

Je sais qu'au départ vous vous sentirez peut-être un peu perdu (pour ceux qui ne connaissent pas) mais vous verrez qu'au bout de quelques billets vous aurez une vision d'ensemble plus large qui vous permettra de mettre bout à bout chacun des éléments de l'analyse afin de prendre des décisions.

Mais revenons à notre graphique. Les volumes sont importants mais ils ne sont pas l'indicateur par lequel on commence à apprendre l'analyse technique, le premier peut paraître simple, mais il ne l'est pas forcément. C'est la tendance. Comment peut-on identifier la tendance? Regardons toujours le même graphe du CAC40:


Il y a deux lignes que j'ai ajoutées, la rouge est ce que l'on appelle le support, la bleue est la résistance. Il est possible de travailler avec des supports et résistances en obliques (comme sur le graphe) ou en support et résistances en horizontales comme ceci:



Mais ce système horizontal nous renseigne peu sur la tendance et nous verrons cela plus tard.
Comment ai-je tracé ces lignes? Il faut voir si l'on peut rejoindre les sommets et les "vallées" par des lignes. En les rejoignant on établit soit la résistance qui est en haut, soit le support qui est en bas. On crée alors un "tube" qui englobe les variations de prix sur une période donnée. Essayez avec quelques actions, vous verrez ça marche plutôt bien essayons avec AXA


On voit que par le passé il y a eu une tendance haussière et qu'en ce moment la tendance est baissière. Il y a changement de tendance lorsque que la valeur sort (sur 2 ou 3 jours) du "tube" soit en passant le support et alors la tendance peut devenir baissière, soit en passant la résistance et alors la tendance peut devenir haussière.

Mais attention aux fausses pistes! le graphique d'AXA est excellent pour cela (je l'ai choisit pour ça) il peut y avoir des résistances ou supports secondaires:



Il y a une résistance intermédiaire dans le "tube", cela arrive parfois, il faut donc faire bien attention. La tendance est un élément très fort dans l'analyse technique, je dirais même que c'est sa base. A l'intérieur d'une tendance vous remarquerez que le prix se déplace en dents de scies du haut vers le bas et inversement, on appelle cela des vagues. Le terme fut intronisé par Ralph Nelson Elliott qui s'inspira des travaux de Dow (oui celui du Dow Jones) pour établir que les tendances se faisaient par vagues. Il partit du principe qu'il y avait trois vagues dans un sens et deux vagues correctrices. Sans un graphique c'est assez peu parlant, prenons le CAC 40 depuis 1992:



C'est assez parlant n'est-ce pas, il semblerait même que la tendance devienne baissière puisqu'on vient de passer le point B, c'est plutôt une mauvaise nouvelle à court terme (1an), mais une bonne nouvelle à long terme car on atteindra le point C d'ici un an ou un an et demie, en tout cas si on se réfère à la théorie des vagues d'Elliott. D'ailleurs cette théorie semble me conforter dans le fait que la crise n'est pas terminée et que la véritable reprise de l'économie se fera plus tard, pas avant 2011 et même mi 2011.

On le voit, nous avons plusieurs indicateurs pour repérer les tendances et anticiper ces tendances, mais est-ce que ce système fonctionne sur le court terme? Oui parfois cela fonctionne, mais bien souvent les vagues sont plus difficiles à trouver, car sur le court terme avec des graphes sur base horaire il y a souvent des gaps entre les séances ou des comportements un peu erratiques, le long terme est plus "lissé" si je puis dire. Par contre l'identification de la tendance à court terme est aussi importante qu'à long terme.

Là vous commencez à comprendre qu'il faut prendre les graphiques avec différentes échelles de temps. je travaille ainsi en général:
graphique journalier, analyse sur 2 ou 3 ans                       --> tendance globale long terme (mois)
graphique horaire, analyse sur quelques semaines (2 ou 3) --> tendance sur court terme ( 3 à 5 jours)
graphique 10 minutes, analyse sur une journée                   --> tendance sur le très court terme (la journée)

Donc il faut toujours regarder l'échelle au-dessus avant de travailler sur celle que vous souhaiter utiliser. Par exemple je souhaite investir à la semaine, je regarde d'abord le graphe journalier avec une analyse sur 2 ou 3 ans, pour bien repérer la tendance ainsi que les supports et résistances. Ensuite je travaille sur le graphique horaire.

Donc pour résumer, aujourd'hui nous avons vu comment identifier une tendance, les supports, les résistances, les vagues d'Eliott et sur quelle période de temps on se base pour analyser ces tendances. Je dirais que c'est un bon début. Au début cela parait difficile pour certains avec le temps vous ne les tracerez plus, ça deviendra évident au premier coup d'œil!
Bonne fin de journée à tous!

"Never go against the trend"
1ère leçon de finance

mercredi 17 février 2010

The jungle appliquée n°8

Re-bonjour à tous. Je voulais faire un petit point sur le portefeuille SHORTO. Indiana Jones s'affaire et moi aussi!

Il y a trois titres dont j'ai soldé la position aujourd'hui, il risque d'y avoir une prise de profits demain après deux jours de forte hausse des marchés. Un gap s'est formé aujourd'hui à la hausse et il faudra bien qu'il se bouche tôt ou tard.

J'avais acheté AXA à 14.65 Eur, je m'en sépare au prix de 15.565 (17H21)  gain: 6.25%
j'avais acheté Peugeot à 19.62 Eur, je m'en sépare au prix de 20.37 (17H24)  gain: 3.82%
Enfin la Deutsche Bank que j'avais acheté à 44.05 Eur et que je revends à 46.87 (17H18) gain:6.40%

BP est aujourd'hui allé à contre courant des marchés et cela va dans la tendance en laquelle je croyais. Si demain il y a prise de de profits le titre devrait continuer à chuter. Même s'il y a un petit profit pour l'instant je garde la position. La raison se trouve dans cet article du Financial Times: BP Deals Blow to Obama Fight on Climate

En ce qui concerne la société générale, cela pourrait être la perte de la semaine, mais j'espère que s'il y a prise de profits ces deux prochains jours elle sera suffisante pour engendrer une perte minime.

Bonne soirée à tous!

Welcome to the jungle n°10

Encore et toujours la Grèce... Eh oui tout le monde a peur que l'état grecque fasse faillite, la question c'est évidemment pourquoi? Il y a eu des avancée intéressantes hier à ce sujet et à mon avis on n'est pas encore arrivé au bout. Beaucoup de pays sont beaucoup trop endettés mais j'y reviendrai plus tard. La question qui taraude tout le monde en ce moment est simple, pourquoi la Grèce fait-elle peur? A cette question, il y a plusieurs réponses.

La première réponse se décompose en deux partie: La Grèce n'est pas un pays en voie de développement et elle fait partie de la zone euro. Le fait que la Grèce qui est un pays à l'impact économique moyen soit susceptible de faire faillite est inhabituel. En effet, d'habitude, les crises touchent fortement les pays en voie de développement des continents sud-Américains, Africains ou Asiatiques. Dans ce cas là, on a franchi un cap: un pays comme la Grèce peut être durement touché au point de faire défaut au paiement de sa dette.

La Grèce fait partie de la zone euro et cela rend les autres pays de la zone euro dépendants et redevables économiquement les autres pays de cette zone euro. De plus d'autres pays de la zone euro se trouve dans la tourmente: Portugal, Espagne, Italie, Irlande, on leur a même donné un sobriquet: PIIGS. Les pays de l'Union Européenne se sont réunis la semaine dernière pour un résultat peu encourageant, la Grèce demandant à ne pas être sauvée. Mais ses partenaires entendent bien surveiller le gouvernement grecque de près en lui "suggérant" des approches que ces mêmes pays n'oseraient jamais pratiquer.

Comme on vient de le voir la Grèce inquiète parce qu'elle pourrait être la première pièce à tomber d'un joli jeu de dominos car d'autres pourraient suivre. Mais ce n'est pas tout, la Grèce a une dette assez importante et une partie de cette dette est détenue par d'autres pays de la zone euro, si la Grèce fait défaut alors pas mal de ces pays connaîtront de graves problèmes. Le tableau (vu sur un forum économique) ci-dessous parle de lui-même:
 
(source: Bloomberg)

La Grèce (en bleu) ne représente pas la majeure partie de la dette des principaux pays de l'Europe mais tout de même, un défaut de paiement et ce serait le début d'une spirale négative.

Mais essayons de comprendre l'enchaînement des évènements, pour cela le FT a bien fait les choses avec ce graphique:
 
(source: Financial Times)

Pour résumer en quelques mots, en Grèce, tout va mal: les marchés baisses inexorablement, le shipping index est au plus bas (il est excellent indicateur des reprises économiques), la Grèce est sous perfusion constante de la BCE, les mauvaises nouvelles s'enchainent et voilà où se trouve la Grèce actuellement. J'entends déjà certains me dire que les Etats ne peuvent pas faire faillite. Mais cette affirmation est totalement fausse, c'est une légende! Dans l'Histoire beaucoup de pays ont fait défaut à leur dette et ont fait faillite. Parmi ces pays on trouve des puissances économiques, même sur la période du siècle dernier. On peut même remonter jusqu'à 1500.

Le pays détenteur du record du nombre de faillites depuis 1500, c'est l'Espagne avec 13 défaut sde paiement de leur dette. Sur la période la plus récente (depuis 1901) voilà ce que l'on peut trouver:
Espagne: 0
France: 0
Allemagne: 2
Brésil: 5
Turquie: 6
Autriche: 4
Portugal: 0
Grèce: 1
Russie: 3
Pologne: 3
Chine: 2

Donc on le voit bien, les états peuvent faire faillite et beaucoup l'ont déjà fait par le passé, il n'y a pas si longtemps, l'Argentine (2001) ou l'Uruguay(2003). Ces faits on bien entendu des causes et ces causes sont connues. La récession économique est toujours à l'origine des défauts de paiement des états. En Argentine par exemple, beaucoup avaient prévenus les instances Argentines mais rien n'y a fait, ils ont toujours refusé de prendre les mesures qui s'imposaient. Ces mesures sont en général des mesures choc qui déplaisent fortement aux électorats et donc déplaisent aux politiques. 

Depuis plus de 30 ans maintenant la France présente un budget en déficit, afin de pouvoir financer son coûteux système social, chaque année la France a dû emprunter sur les marchés ou par le biais de d'emprunts ouverts à la population. Le cas de la France n'est pas un cas isolé, je dirai même que c'est un cas parmi d'autres. Prenons le Japon, recordman absolu avec 197% du PIB de dette, si le Japon ne fait pas faillite c'est parce que les japonais épargnent massivement et que leur dette semble être toujours attractive.

Le numéro deux du classement a déjà fait faillite, je veux bien entendu parler de l'Islande avec une dette équivalente à 142,5% du PIB. Ils sont en ce moment aidés par le FMI.

Le numéro trois est européen et membre de la zone euro: l'Italie avec une dette équivalente à 127% du PIB.

Le numéro quatre n'est autre que la Grèce avec 123% du PIB.

Le numéro cinq ne fait parler que de lui pendant les sommets européens, c'est le Royaume de Belgique. Avec 105% du PIB, leur dette explose en ce moment et eux aussi font partie de la zone euro.

Le numéro six est la France! avec 92.5% du PIB. Cela ne comprend pas les retraites des fonctionnaires non provisionnée qui sont équivalentes à au moins 700 milliards d'euros et que l'état devra trouver tôt ou tard.

Juste en dessous de la France, les Etats-Unis avec 92.4% du PIB sont en septième position, le gouvernement Obama ouvre grand les vannes de la dette (sport national depuis Bill Clinton).

Le huitième est encore un pays de la zone euro, le Portugal dont la dette s'emballe en ces temps de crise et atteint les 90%.

le neuvième, on en parle jamais, mais ils sont déjà sous l'aide FMI et ce pourrait être le prochain problème pour l'Europe: La Hongrie avec une dette de 89.9% du PIB.

le dixième de ce classement est le Canada avec une dette de 85.7%. Le Canada avait réussi, par des mesures drastiques, à réduire son déficit sous l'égide d'un gouvernement de gauche qui considérait que pour faire du social il fallait de l'argent et que pour avoir de l'argent il fallait libéraliser l'économie. Cette idée n'a eu aucune écho en Europe, dommage.

Le Royaume-Uni se trouve à la onzième place de ce classement avec 83%, ce qui n'est pas encore insurmontable, mais pourrait le devenir un jour si le pays continue à s'endetter comme il le fait en ce moment.

Enfin, pour terminer ce classement, un pays que l'on pensait très vertueux, l'Allemagne, avec 82% du PIB. Angela Merkel voulait diminuer les impôts pour relancer l'économie germanique et la population n'en a pas voulu préférant payer des impôts plutôt que de s'endetter. Scénario impensable dans la plupart des pays précédemment cités.

Parmi les douze pays cités, il y en a six pays de la zone euro et deux à rajouter car membres de l'Union Européenne. Tous ces pays sont bien sûr membres de l'OCDE (les autres ne sont pas dans le classement) et pourraient, un jour, faire défaut et donc faire faillite.

Pour preuve que la dette commence à faire peur, les massmédias s'en mêlent, ce qui est en général pour un financier, signe que tout est déjà fini. Mais que peut-il se passer si un état comme la France fait faillite aujourd'hui?

Avec la mondialisation les pays possèdent de la dette d'autres pays et eux-mêmes possèdent de la dette de ces mêmes pays. Si un pays assez important dont une majeure partie de la dette est détenue par des pays de même importance fait défaut, alors il se pourrait qu'il y ait un effet domino, d'autres pays feraient faillite les uns après les autres car ils ne trouveraient plus les financements. Les investisseurs se désengageraient massivement et les dettes des pays ne trouveraient plus preneurs. les états se verraient contraints et forcés de vendre leurs avoirs pour rembourser une partie de leur dette, les fonctionnaires ne seraient plus payés, ce qui, en France et dans d'autres pays européens, paralyserait totalement le pays. Les retraites ne seraient plus payées et il y a aurait de nombreuses personnes âgées sans toit. L'inflation serait galopante et pour acheter du pain il faudrait des tonnes de billets car plus personne n'aurait confiance en l'Euro. Les échanges se feraient en or physique ou par troc et on pourrait voir le spectre d'une guerre civile ou d'une prise de pouvoir tyrannique.

Le scénario peut sembler choquant mais à y réfléchir un peu il reste probable. Les états européens se sont appropriés l'éducation, les transports, en partie l'information, etc.. Si l'état venait à ne plus pouvoir payer toutes les personnes qui travaillent pour son compte ou toutes les entreprises privées qui dépendent de marchés publics pour subsister que se passerait-il? 

Pour mieux comprendre l'enchaînement des évènements on peut les scinder en quatre phases:
1/ Les finances publiques sont en déficit chronique. Les dépenses ne cessent d'augmenter, les gouvernements successifs tentent de trouver des solutions pour réduire ces déficits sans succès (hausse des impôts et taxes, baisse des effectifs publics, emprunts). Les représentants du peuple sont déconnectés du peuple et les élections les poussent à toujours promettre davantage.

2/ L'heure de l'inflation galopante. Avec l'Euro et une banque centrale indépendante et des critères de Maastricht fermes, les états n'ont cessé de différer les efforts à faire pour rentrer dans ces critères. La franque aurait dû dévaluer le francs deux fois si elle n'avait pas eu l'Euro. Il viendra un jour où la BCE sera contrainte de manipuler l'Euro pour faire face aux problèmes de l'Allemagne et de la France. C'est quasi inévitable. Les états puissants illusionnent de leur puissance en créant de la monnaie mais point de richesses. Il y a beaucoup de monnaie, les prix montent et l'inflation passe à deux chiffres.

3/ L'embrasement. Avec une inflation à deux chiffres, les états (toujours dans l'intention de garantir leur survie) tentent de réguler les prix. le prix perdent alors tout leur sens informationnel, le marché est totalement déréglé. Les individus ne consomment que ce dont ils ont besoin et les achat spontanés cessent. 

4/ La remise en ordre. La monnaie fiduciaire ne fonctionne que si l'on a confiance en elle. C'est la confiance que l'on porte en une monnaie qui fait que l'on accepte celle-ci. Pour la garantir, il y a les états mais que ce passe-t-il lorsque les états font faillite, qu'ils ont manipulé les prix, les cours et tout ce qui pouvait entretenir la confiance que l'on avait en la monnaie de notre pays? L'histoire nous apprend qu'il y a plusieurs réponses, une dollarisation de l'économie (comme en Argentine), une économie souterraine à base de troc et d'échanges en or (Russie) ou encore l'état toujours vivant devient despotique (il a toujours la main sur la police et l'armée) et force les individus à travailler gratuitement pour lui (Rome antique). Il est à noter que pour ce dernier procédé, le fait que l'état français supprime un jour férié pour travailler gratuitement afin de renflouer les caisses de retraite revient stricto sensu au même.

Le monde devra se réorganiser, après Rome et sa république fut venu les temps féodaux, avec une société qui s'est organisée au fur et à mesure en trois ordres distincts: le peuple, le clergé et les nobles. cet ordre a perduré jusqu'à la révolution de 1789. On peut faire par exemple le parallèle avec Weimar qui chute pour l'avènement du Reich , le Chili d'Allende qui laisse place à celui de Pinochet.

L'histoire est notre seul moyen d'anticiper le futur, grâce au passé nous pouvons "prédire" l'avenir, en fait connaître nos comportements humains face à des situations similaires. Si nous ne comprenons pas ce qui pourrait arriver demain en se servant d'hier, de quoi notre futur sera-t-il fait? Les dettes des états ne cessent d'augmenter, les éléments conjoncturels masquent les éléments structurels de la dette des états. Prenons l'exemple de la France, sur les 140 milliards de dette contractée en 2009, seuls 40 milliards sont imputables à la crise, les 100 milliards restants sont structurels. L'année précédente, si mes souvenirs sont bons, la France avait eu besoin de 70 milliards. Nous avons vécu trop longtemps au-dessus de nos moyens, nos systèmes sociaux sont trop désintéressé de leur propre coût, de toute façon l'état sera là. Mais le jour où l'état ne sera plus là, que feront les millions de fonctionnaires, leurs familles? Feront-ils comme les grecs qui sont dans la rue et sont en grève? Cela ne fera qu'accentuer le malêtre. Seront-ils résignés? J'en doute. 

Le cercle vicieux de la dette commence à revenir à son origine: les états. Plusieurs investisseurs connus comme le suisse Marc Faber font entendre que les états viendront à faire faillite


Mais il y a peut-être une solution qui nous vient d'une passé pas si lointain. En 1921, l'état français avait une dette égale à 210% du PIB. Un peu comme aujourd'hui, la plupart de ses alliés en étaient peu ou proue au même point. Tous les alliés se sont entendus et les dettes extérieures se sont vues annulées purement et simplement. En ce qui concernait la dette intérieure (salaires des fonctionnaires, retraites, rentes, etc...), l'inflation s'en est chargée, l'état qui faisait marcher la planche à billet donnait la même somme qu'avant mais avec l'inflation cela ne représentait plus rien.

Il existe un signe très parlant qui indique un grand changement: l'interdiction de posséder de l'or physique ou d'en acheter. L'état dédommagera à un prix dérisoire (USA, Roosevelt, 1933)  et traitera à l'extérieur avec son or. 

Pour terminer ce billet très long sur la dette, voici une première citation d'Alexis de Tocqueville qui démontre bien que ce qui s'est passé arrivera de nouveau:
"L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies."

et voici une deuxième de Thucydide dans la Guerre du Péloponnèse:
"Voir clair dans les événements passés et dans ceux qui, à l'avenir, du fait qu'ils mettront en jeu eux aussi des hommes, présenteront des similitudes ou des analogies."

mardi 16 février 2010

The jungle appliquée n°7

Bonjour à tous. N'étant pas d'une forme olympique depuis hier, mon post sera court et je me contenterai de vous donner le portefeuille SHORTO que j'ai fait hier peu avant la clôture des marchés. Les marchés américains étant fermés hier pour cause de "president day", ce n'était pas très mouvant comme marché.



 

Je reviendrai plus tard avec un petit commentaire si d'ici là je me sens un peu plus en forme...

dimanche 14 février 2010

The jungle appliquée n°6

Bon Dimanche de Saint Valentin à tous!

Aujourd'hui voici les résultats du portefeuille SHORTO de cette semaine. Tout comme Indiana Jones nous le montre ce fut plutôt une belle et tranquille semaine quant à la performance du portefeuille puisqu'en performance totale j'obtiens 22.62% et en performance moyenne par titre 4,52%, Nestlé étant mon seul revers de la semaine. Avec Nestlé on aurait pu avoir une petite performance jeudi mais elle aurait été très faible. Je pensais qu'il fallait attendre, je me suis trompé.

Je vous laisse découvrir le tableau des résultats:



Je suis plutôt satisfait de mes résultats cette semaine et j'espère réitérer ce type de performance la semaine prochaine. Malheureusement, je ne suis pas certain que la volatilité sera aussi importante cette semaine, la dernière ayant été très agitée au niveau des nouvelles ce qui s'est ressenti sur les marchés.

Je terminerai avec une petite revue de presse:

Des articles typiques des éditions du dimanche:
Un article parfait pour les loisirs dominicaux sur le vin:

Un article sur le SIHH 2010:

Et enfin chaque dimanche  je publierai une partie de "l'Histoire de la montre ", que j'avais trouvé sur un forum horloger et qui pourrait en intéresser quelques uns d'entre vous:

Voilà, bon dimanche à tous et bonne saint Valentin!

vendredi 12 février 2010

Welcome to the jungle n°9

Bonjour à tous, encore et toujours la Grèce aux premier rang hier et aujourd'hui. Les dirigeants des pays européens, réunis hier à Bruxelles, ont dit qu'ils soutiendraient la Grèce face à ses difficultés budgétaires. Le problème, c'est qu'ils n'ont fait que parler, aucune action, à part le président français (qui doit toujours faire mieux et plus que les autres) qui a annoncé que les finances de la Grèce pourraient être analysées mensuellement... Comme si cela allait changer 30 années de déficits chroniques. Car que l'on ne s'y trompe pas, la plupart des états européens se sont beaucoup endetté et cela se fera sentir un jour.

Mais venons en aux réactions des marchés. Les marchés ont tout d'abord sabordé l'euro qui a fortement chuté et qui d'ailleurs continue de chuter en ce moment même avec presque 1% de baisse depuis hier! Sur le marché des changes cela représente une variation énorme. Car l'Allemagne n'a fait que 0,1% de croissance au dernier trimestre 2009, ce qui est vraiment peu et l'Europe doit avoir ses deux moteurs qui fonctionnent de concert pour avancer (la France et l'Allemagne). Mais la France a fait un honorable 0.6% de croissance au dernier trimestre 2009, ce qui n'est pas si mal. Les italiens ne font guère mieux avec un très modeste 0.2%.

Donc nous avons d'un côté de belles paroles de la part des dirigeants européens qui ne peuvent pas aider la Grèce financièrement étant eux-même exsangues et d'autre part nous avons des chiffres économiques qui ne pourraient pas extraire le moindre rictus à un analyste de Wall Street. Mais regardons un peu les chiffres américains: 1.4% de croissance sur le dernier trimestre 2009, c'est à dire plus que l'Allemagne, la France et l'Italie réunis et après on me dit que c'est un pays qui traverse une crise sans précédent. Je suis certains que la plupart des dirigeants européens adoreraient une telle croissance en temps de crise. juste pour situer un peu, l'Eurozone a eu une croissance de 0.4% ce dernier trimestre, les américains ont fait quatre fois mieux. N'y aurait-il pas là matière à réflexion?
Il a donc été évident de voir l'Euro se replier face à la plupart des autres monnaies principales. On apprend également que pas mal de grandes banques européennes ont beaucoup d'intérêts dans les pays du sud de l'Europe et que cela pourrait avoir un impact assez négatif sur les chiffres à venir. 

Toutes ces mauvaises nouvelles n'ont cependant pas découragé les américains qui ont eu une excellente cession hier car très positive. Il faut dire que même s'ils ont peur pour la Grèce, la Grèce c'est loin et comme disait Chirac "c'est beau, mais c'est loin". Il semblerait donc que nous amis de Wall Street aient plutôt apprécié le discours des dirigeants européens.

Mais regardons le trajet de l'euro hier:
 
         (source: Boursorama)

On voit donc qu'à partir de 14H30 hier (quand nos chers dirigeants sont revenus de leur déjeuner), les nouvelles ont commencé à filtrer et l'Euro s'est vu malmené. A la clôture, les américains se disaient que ce qui avait été dit était plutôt de bonne augure: l'Euro remonte. Aujourd'hui même scénario baisse le matin et reprise l'après-midi. 

Autre petite nouvelle cocasse (décidément tout le monde s'y met), l'IEA nous annonce que la consommation de pétrole devrait augmenter si la croissance reprend (Quelle analyse!) et Richard Bronson nous prédit une grave crise pétrolière pour 2015. Pendant ce temps les commodities repartent toutes dans le rouge, quand crise il y a on veut moins produire donc les matières premières se vendent moins, logique. Au moment où j'écris ces mots, les chinois viennent de relever leur taux directeur de 0.5%, ce qui était inattendu et plutôt inquiétant car ils avaient déjà relevé les taux il y a de cela moins d'un mois. Cette décision semble indiquer que la reprise mondiale n'est peut-être pas pour demain. Mais les chinois n'ont pas que cela comme problème regardez plutôt.

Un article du Shanghai Economic Review annonçait même que le nombre de mortgages (emprunt hypothécaire) avait augmenté de 1600% en 2009 par rapport à 2008. Il est clair que les banques chinoises ont trop prêté et je ne suis pas certains qu'elles aient la couverture nécessaire afin de faire face à d'éventuels défauts de paiement massifs. Les prix de l'immobilier de luxe s'y envolent (+15%) et on peut lire ça et là que le crédit en Chine surchauffe un peu trop et que se trouver dans cette bulle lorsqu'elle éclatera ne serait pas une très bonne idée. Il faut savoir que le marché immobilier chinois est très différent du marché américain par exemple. Lorsque 69% des américains sont propriétaires, 85% des chinois le sont. En effet cela s'explique par le fait que le gouvernement chinois a donné un titre de propriété du lieu où les personnes résidaient et cela il y a à peu près 15 ans. Ceci s'est fait gratuitement, ce qui me grève pas le budget des ménages chinois, d'ailleurs les impôts non plus ne grèvent pas leur budget car seuls les plus riches en payent (et c'est un pays communiste! Alors en europe ils sont quoi?). Il n'y a pas de taxe foncière non plus d'ailleurs si mes souvenirs sont bons mais cela demande confirmation. De plus, en Chine, la plupart des maisons qui sont à vendre sont neuves, le marché de "l'occasion" , si je puis dire, est assez petit tant l'offre du neuf est grande, c'est qu'ils ont construit en masse les chinois.

On se retrouve donc devant tous les ingrédients d'une bulle:
- Tout le monde pense que les prix de baisseront pas de sitôt.
- Des crédits faciles à obtenir et pas chers, avec les encouragements du gouvernement.
- Une surproduction réalisée dans des fins spéculatives et non pas basée sur une demande réelle.
- Un marché de l'immobilier "d'occasion" qui, déjà quasi inexistant, ne sera plus une fois la bulle au bord de l'éclatement
- Une augmentation très rapide des prix devant la demande spéculative.

Au final on construit des désert, puisque personne ne va occuper ces nouvelles villes qui poussent comme des champignons:

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, n'oubliez pas que c'est la saint Valentin dimanche et qu'il ne faut pas oublier de marquer le coup avec Madame et que Madame ne doit pas en vouloir trop durement à Monsieur si celui-ci oublie.

Bonne soirée à tous!
Et comme le billet était d'humeur chinoise voici un petit proverbe chinois:
"Les gens heureux n'ont pas besoin de se presser"

jeudi 11 février 2010

Welcome to the jungle n°8

Re-bonjour à tous. Pendant que Ben Bernanke nous annonçait hier soir qu'il ne sait pas encore ce qu'il va faire, c'est-à-dire qu'il ne sait pas quand la FED remontera ses taux directeurs, les européens sont à Bruxelles et pensent à un plan de sauvetage de la Grèce. je pense d'ailleurs que je vais m'attarder sur ce point tellement il est intéressant. 

La Grèce connait une crise sans précédent, attaquée par des entreprises très puissantes, il semblerait qu'elle pourra s'en sortir. Mais sortir d'une crise majeure n'est jamais chose aisée et le gouvernement a dû prendre des mesures drastiques pour fermer les vannes dépensières. Mais j'aurais pu mettre ma main à couper que les syndicats de fonctionnaires allaient demander la grève. Et je pensais bien, puisqu'en ce moment même les fonctionnaires sont en grève.

Ils ne veulent pas de ce plan d'austérité car ils estiment que ce sont les élites qui ont pris tout l'argent. Or, il faut savoir que pas loin de 50% de la population active est fonctionnaire. Donc ils font aussi partie de ces gens qui ont vécu au crochet de ceux qui travaillent dans le privé. Car la véritable production de valeur n'est pas créée par les fonctionnaires et l'état mais par les entreprises privées. En bloquant leur pays, ils le mettent encore plus dans la panade ou plutôt dans le tzaziki. Si l'état grecque, c'est qu'à l'instar de tous les pays européens ils ont vécu au-dessus de leurs moyens pendant plus de 30 ans. Quand tout va bien, que le pays peut générer un PIB acceptable, il n'y a pas de problème mais lorsque le PIB chute, alors il devient beaucoup plus difficile de faire face à ses engagements.

L'année dernière la Grèce a eu un déficit de plus de 12%! C'est quand même incroyable, la crise était là et pourtant les politiques ont fait n'importe quoi en faisant ce qu'ils font de mieux: arroser tout le monde afin de gagner des voix. Mais cette tactique n'a qu'un temps et il arrive un jour où la dette devient trop importante et le pays ne peut plus faire face Et de toute façon, les seules solutions acceptables pour les autorités grecques sont justement celles indiquées par les spéculateurs. Baisser les dépenses ? Pas possible en démocratie. Diminuer la dette par l'inflation ? Les Allemands et la BCE veillent. Augmenter les impôts ? Pas possible, l'économie s'effondrerait. Reste le défaut ou la hausse des taux d'intérêt. Sympa de la part des spéculateurs de montrer la voie, à ceci près que les deux possibilités signent la sortie de la Grèce de l'euro ou la récession. je penche pour un sauvetage et une récession (de quelle ampleur, je ne sais pas).

Mais nous savons que les pays européens ne vont pas abandonner la Grèce donc pas de soucis. Le soucis est ailleurs. D'autres pays pourraient être tenté de laisser filer leur dette et venir demander l'aide de leurs partenaires dans un futur plus ou moins proche. Tout le problème est là, comment faire ne sorte de ne pas trop en donner tout en sauvant un pays de l'eurozone. 

La France, même si elle ne fait pas partie du prochain wagon de condamnés devrait tôt ou tard en faire partie. Dans les prochaines années le déficit devrait dépasser les 100% du PIB, c'est à dire que pour rembourser la dette de l'état, il faudrait aux français travailler pendant plus d'un an en donnant tout à l'état. C'est bien sûr inconcevable mais cela permet de relativiser. Mais les français ne sont pas aux bout de leur peines car l'état français n'a pas provisionné les retraites des fonctionnaires et cela représente plus de 1000 milliards d'euros! Il se pourrait donc que beaucoup se retrouvent sans retraite. De plus, la population active va chuter par rapport aux nombre de retraités à cause des baby boomers qui commencent à laisser leurs places. Les retraites par répartitions sont un peu comme un système Ponzi (que vous connaissez maintenant grâce à Madoff). Il faut toujours plus d'entrant pour garantir les fonds pour les sortants, le jour où il y a trop de sortants réclamant leur argent et pas assez d'entrants c'est la fin. 

Et maintenant une petite revue de presse:
Il semblerait que laisser filer les déficits ne soit pas aux goût des américains, on ne peut pas en dire autant des européens qui ont plutôt tendance à continuer à croire en l'efficacité de ce procédé:

Toujours la Grèce...

Les banques suisses vont mieux et c'est une excellente nouvelle!
Un article de The Economist sur l'Iran qui commence à trop vouloir en faire:


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui et on se retrouve demain, si Blogger veut bien me laisser publier mes billets.


"Lutte, réduction et amélioration sont les trois termes clef du langage politique. Ils ont l’avantage de pouvoir être accolés indifféremment à l’inflation, déficit, finances publiques… Et toutes les combinaisons sont possibles."
                              Jacques Maillhot (pour ceux qui connaissent les GG sur RMC info)

The jungle appliquée n°5

Bonjour à tous, ces derniers jours je n'ai eu que des problèmes pour me connecter à Blogspot, impossible de poster quoi que ce soit. Par contre, dès lundi matin j'avais déjà concocté mon petit portefeuille à la semaine! 

Pour l'instant, on sent que les investisseurs ne prennent pas de risque, après une semaine dernière agitée, le temps est à l'apaisement même si en ce moment même les marchés européens passent en territoire négatif. Et d'ailleurs notre ami explorateur Indiana Jones nous le montre bien.

Je vous laisse découvrir donc le nouveau SHORTO:

 

Comme nous sommes jeudi, profitons en pour regarder un peu où nous en sommes et si certaines prise de profit sont bonnes à prendre.
Dexia: 3.996 EUR
Je pense qu'avec une plus-value d'un peu plus de 7.5%, la prise de profit s'impose.

Aviva: 368 GBP
avec un bénéfice de plus 4.9%, là encore nous pouvons vendre et engranger les profits.

Nestlé: 49.52 CHF
Là pour le coup nous avons une perte, mais j'attends encore demain pour savoir si je me suis vraiment trompé sur cette valeur.

DT Telekom: 9.48  EUR (à l'ouverture)
J'avais regardé le titre ce matin (je le suis activement) et il y a retournement, j'aurais vendu ce matin à l'ouverture durant le fixing même si l'action est monté jusqu'à 9.50. Donc petit profit de 1%.
Alcatel: 2.116 EUR
Alors là, je prends les profits. En effet nous avons là une performance de 11%, il ne faut pas attendre, on rachète notre vente à découvert.

Les prix sont ceux de l'horaire de la publication du post.

On se retrouve tout de suite avec un article sur l'actualité.

Welcome to the jungle n°8

Bonjour à tous, après cette nuit mouvementée passée à regarder le Superbowl et la victoire des Saints de la Nouvelle Orléans, il semblerait que les marchés américains vont ouvrir en hausse. Pas une hausse digne de la performance des Saints hier soir, mais tout de même une petite hausse, la question est: "les Bull vont-ils tenir?".

Mais aujourd'hui je ne souhaite pas traiter de l'actualité mais plutôt de gestion de portefeuille. Dans de précédents billet j'avais déjà parlé de l'importance de connaître son client, non seulement pour des raisons législatives mais aussi pour mieux anticiper ses aspirations. Aujourd'hui, je vais traiter une question assez importante qui est: pourquoi voulons-nous investir?

la plupart d'entre nous souhaitent investir l'argent qu'ils ne souhaitent pas utiliser immédiatement, cela s'appelle l'épargne et il y a plusieurs moyen d'épargner. mettre l'argent sous le matelas (mais dans ce cas il perd de  sa valeur avec l'inflation), investir dans la pierre ou bien dans des terrains, investir dans soi-même en reprenant les études, investir dans les valeurs mobilières (marchés financiers dans leur globalité), ou encore dans l'art. Bref, il existe beaucoup de moyen d'investir et de faire fructifier son argent. Ceci étant dit, qui sont les investisseurs? l'investisseur peut être un particulier, un gouvernement, un fond de pension, une entreprise, un groupement d'investisseurs, etc... Il y a donc également beaucoup de types d'investisseurs, mais ils ont une chose en commun, ils placent une certaine somme d'argent aujourd'hui avec l'espérance d'avoir un retour sur investissement supérieur à l'investissement de départ.

Dès le départ il y a donc un retour sur investissement espéré. Dans notre cas nous allons prendre le cas d'un particulier qui souhaite investir son épargne. Le travail du banquier débute après avoir pris connaissance de son client mais ensuite c'est à lui de bien le conseiller, c'est pour cela qu'il doit faire un choix dans les produits qu'il va lui proposer. Ce choix doit être fait selon deux critères principaux. Le premier c'est le risque, quel est le risque que le client souhaite prendre avec son épargne, le second quel est le rendement espéré par le client tout en sachant que la prise de risque peut engendrer des rendements supérieurs à une prise de risque quasi nulle.

Le banquier va devoir se baser sur le passé pour anticiper le futur.Quels ont étés les rendements dans le passé du titre, quels est son potentiel, quel est l'endettement de l'entreprise et les perspectives d'avenir du secteur. Bien évidemment il existe toute une panoplie de ratios et autres qui permettent d'évaluer une entreprise, c'est de l'analyse financière. Il est parfois ardu de comprendre un bilan ou encore un compte de résultat, mais je dirai que le plus important aujourd'hui reste l'endettement des entreprises. Il n'est pas certain que toutes les entreprises fassent des bénéfices cette année et celles qui sont peu ou pas endettée seront certainement moins enclin à déposer le bilan. Donc évaluer le risque, c'est aussi connaître l'entreprise, ses valeurs et ses objectifs, être capable de la comparer avec les autres du même secteur et d'en déduire son potentiel.

Personnellement je fais de moins en moins confiance aux agences de notations, je rappelle qu'elles donnaient des notes du genre AA ou A à certains produits bourrés de subprimes... Faire confiance à un gestionnaire de portefeuille c'est avant tout connaître l'homme, son implication dans l'élaboration du portefeuille. Pour cela, il faut soi-même connaître un peu les produits financiers et certaines bases afin de mieux cerner celui qui gèrera vos avoirs.

"La gestion de l'économie n'est ni de gauche, ni de droite. Elle est bonne ou mauvaise...ce qui compte, c'est ce qui marche."
                            Tony Blair

dimanche 7 février 2010

The jungle appliquée n°4

Bonjour à tous, cette semaine fut réellement incroyable, une montée vertigineuse lundi et mardi puis mardi en fin de journée on sentait bien les bears venir en force. Personnellement j'aurais coupé toutes les positions mardi soir, sur toutes les actions que j'avais choisi tous les indicateurs montraient le replis imminent, mais ce n'était pas les règles de départ. Je vais donc, à partir de cette semaine, changer les règles et je donnerai le signal de quand je déciderai de vendre ou acheter selon les cas. Les marchés sont trop réactifs en ce moment pour des placements même à la semaine. 

Ce qui s'est passé va me permettre de démontrer l'importance des stop loss. Lorsque vous tradez, pensez TOUJOURS à un stop loss. Qu'il soit basé sur des critères techniques, sur des critère subjectifs peu importe, il peuvent vous sauver la mise. A la base, cette semaine je m'attendais à une hausse jusqu'à mercredi et deux séances en recul, mais ce qui s'est passé a complètement dépassé ce en quoi je croyais lundi! Il est vrai qu'il y a des craintes (justifiées) sur les économies de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal. Mais il semblerait que derrière ces attaques il y ait une banque d'investissement américaine (sauvé par le gouvernement il y a quelques mois) et deux hedge funds très importants. Il semblerait que ces deux hedge funds soient majoritaire sur le marché des CDS (credit default swap) grecs, mais pour garantir les gains il faut de la dette grecque. Or, ces deux hedge funds n'ont pas été bien servis en dette grecque lors de la récente emission, ils ont donc voulu démontrer leur puissance en faisant  monter les cours de ces CDS car s'ils vendaient ils feraient baisser les cours, ce qu'ils ne veulent pas. En faisant monter artificiellement ces CDS, ils ont créé la panique sur les marchés et ce fut un engrenage assez fou je dois dire. 

On ne peut douter que la Grèce va se relever de cette histoire, mais comme l'avait fait Soros il y a quelques années en attaquant la Lire Italienne et la Livre Sterling, on s'aperçoit que des institutionnels peuvent, par leur puissance économique, frapper des états en difficulté. Dans le même temps, la banque d'investissement produit le même jeu mais les intentions sont différentes, elle espère que la Grèce ne pourra pas retourner sur les marchés pour emprunter et donc que celle-ci pourra se présenter et prêter directement l'argent à l'état grecque avec certainement des taux très élevés!

Dans le même temps les trois institutionnels ont vendu de l'euro en masse, créant une panique sur l'état grecque et l'euro. mais ces institutionnels jouent un jeu très dangereux, si les market makers se retournent et repassent en mode Bulish alors c'est sans un sous qu'il vont terminer leur opération et il y a des milliards en jeu! Les marchés des dérivés représentent 600 000 milliards de dollars et sont en dehors de tout contrôle des états pour la plupart d'entre eux. Il semble peu probable que les états européens laissent faire. En général, ils n'apprécie pas vraiment qu'on vienne les défier et encore moins les faire vaciller...
Donc cette semaine sera très intéressante pour ce qui de la réaction des marchés, car même si les états européens rassurent les investisseurs, beaucoup auront déjà pris le train en route et je ne suis pas certain qu'ils veuillent y perdre des plumes, même si Jean-Claude Trichet y est allé de sa petite phrase assassine en comparant les futurs déficits du Japon et des Etats-Unis avec celui de l'Europe dans sa globalité. 

Pour en revenir au portefeuille, cette semaine les pertes ont été sèches et sans les stop loss ça aurait été pire, mais dans tous les cas de figure comme le démontre les tableaux ci-dessous, le portefeuille SHORTO aurait créé du profit.
 
  

Cette semaine aurait été, dans tous les cas, un succès. Pas de perte malgré l'agitation (excessive à mon sens) des marchés. Mais on voit bien l'importance des stop loss car sans les stop loss le portefeuille aurait perdu plus de 3%. Donc comme je le disais au début de mon billet, TOUJOURS penser à placer un ordre limite pour le stop loss que l'on s'est fixé.

On se retrouve demain pour un nouveau portefeuille et un nouvel article sur la gestion de portefeuille, à demain!

"Les technocrates, on leur donnerai le Sahara, cinq ans plus tard ils achèteraient leur sable ailleurs."
                       Coluche