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jeudi 11 février 2010

Welcome to the jungle n°8

Bonjour à tous, après cette nuit mouvementée passée à regarder le Superbowl et la victoire des Saints de la Nouvelle Orléans, il semblerait que les marchés américains vont ouvrir en hausse. Pas une hausse digne de la performance des Saints hier soir, mais tout de même une petite hausse, la question est: "les Bull vont-ils tenir?".

Mais aujourd'hui je ne souhaite pas traiter de l'actualité mais plutôt de gestion de portefeuille. Dans de précédents billet j'avais déjà parlé de l'importance de connaître son client, non seulement pour des raisons législatives mais aussi pour mieux anticiper ses aspirations. Aujourd'hui, je vais traiter une question assez importante qui est: pourquoi voulons-nous investir?

la plupart d'entre nous souhaitent investir l'argent qu'ils ne souhaitent pas utiliser immédiatement, cela s'appelle l'épargne et il y a plusieurs moyen d'épargner. mettre l'argent sous le matelas (mais dans ce cas il perd de  sa valeur avec l'inflation), investir dans la pierre ou bien dans des terrains, investir dans soi-même en reprenant les études, investir dans les valeurs mobilières (marchés financiers dans leur globalité), ou encore dans l'art. Bref, il existe beaucoup de moyen d'investir et de faire fructifier son argent. Ceci étant dit, qui sont les investisseurs? l'investisseur peut être un particulier, un gouvernement, un fond de pension, une entreprise, un groupement d'investisseurs, etc... Il y a donc également beaucoup de types d'investisseurs, mais ils ont une chose en commun, ils placent une certaine somme d'argent aujourd'hui avec l'espérance d'avoir un retour sur investissement supérieur à l'investissement de départ.

Dès le départ il y a donc un retour sur investissement espéré. Dans notre cas nous allons prendre le cas d'un particulier qui souhaite investir son épargne. Le travail du banquier débute après avoir pris connaissance de son client mais ensuite c'est à lui de bien le conseiller, c'est pour cela qu'il doit faire un choix dans les produits qu'il va lui proposer. Ce choix doit être fait selon deux critères principaux. Le premier c'est le risque, quel est le risque que le client souhaite prendre avec son épargne, le second quel est le rendement espéré par le client tout en sachant que la prise de risque peut engendrer des rendements supérieurs à une prise de risque quasi nulle.

Le banquier va devoir se baser sur le passé pour anticiper le futur.Quels ont étés les rendements dans le passé du titre, quels est son potentiel, quel est l'endettement de l'entreprise et les perspectives d'avenir du secteur. Bien évidemment il existe toute une panoplie de ratios et autres qui permettent d'évaluer une entreprise, c'est de l'analyse financière. Il est parfois ardu de comprendre un bilan ou encore un compte de résultat, mais je dirai que le plus important aujourd'hui reste l'endettement des entreprises. Il n'est pas certain que toutes les entreprises fassent des bénéfices cette année et celles qui sont peu ou pas endettée seront certainement moins enclin à déposer le bilan. Donc évaluer le risque, c'est aussi connaître l'entreprise, ses valeurs et ses objectifs, être capable de la comparer avec les autres du même secteur et d'en déduire son potentiel.

Personnellement je fais de moins en moins confiance aux agences de notations, je rappelle qu'elles donnaient des notes du genre AA ou A à certains produits bourrés de subprimes... Faire confiance à un gestionnaire de portefeuille c'est avant tout connaître l'homme, son implication dans l'élaboration du portefeuille. Pour cela, il faut soi-même connaître un peu les produits financiers et certaines bases afin de mieux cerner celui qui gèrera vos avoirs.

"La gestion de l'économie n'est ni de gauche, ni de droite. Elle est bonne ou mauvaise...ce qui compte, c'est ce qui marche."
                            Tony Blair

mardi 2 février 2010

Welcome to the jungle n°5

Bonjour à tous. comme promis hier soir je vais aujourd'hui un peu parler de gestion de portefeuille. Il est un point essentiel de nos jours pour un banquier, c'est de connaître ses clients. Les anglais et américains en ont fait une procédure très particulière le KYC (Know Your Customer). Au- delà même des questions habituelles auxquelles les clients qui souhaitent ouvrir une compte en banque sont soumis, les KYC implique de faire des recherches sur son client.

Lorsque je travaillais pour la banque privée Coutt's and Co., à chaque nouveau client nous faisions une recherche internet pour voir si nous pouvions trouver la compagnie dont le client nous affirmait être le président et nous faisions aussi une recherche sur un registre particulier pour savoir si l'homme était sur une liste de clients frauduleux. Ceci est un travail final je dirai, c'est ua banquier privé de bien jauger son client en amont en prenant un ou plusieurs rendez-vous avec son futur client avant même de lui faire ouvrir le compte. Il parait quasiment inconcevable qu'un client rentre dans une banque privé et dise: "je viens pour un compte" et qu'on lui ouvre immédiatement le compte. La banque privée qui faite cela ne fait pas correctement son travail. Pour moi la relation entre le client et son banquier privé est une relation de confiance qui ne peut s'établir en un seul entretient. En effet, le client va placer son argent dans une banque mais surtout sur l'avis d'un banquier privé, il faut donc que le client fasse suffisamment confiance au banquier afin que celui-ci place son argent.

On voit donc bien que la relation entre le banquier privé et le client est une relation de confiance mutuelle, d'un côté le client a besoin de faire confiance au banquier privé afin qu'il gère son argent de la meilleure des manières et de l'autre le banquier privé ne souhaite pas recevoir de l'argent sale dans son portefeuille. Afin que les deux parties (qui vont signer un contrat) se fassent mutuellement confiance, il faut discuter et parfois beaucoup d'entrevues afin de finaliser cet accord. Le KYC que va rédiger le banquier privé sera un résumé de ces entretiens dans lequel il donnera tous les détails glanés pendant ses rendez.vous avec le client avec comme point crucial: la provenance des fonds. Certaines banques sont de toute confiance et peuvent rédiger une lettre à la nouvelle banque comme quoi les fonds sont garantis ne pas être frauduleux.

Alors bien sûr il y a des banques moins regardantes sur l'origine des fonds et les KYC se résument parfois à dix lignes lorsque normalement il devrait être un  dossier relatant la provenance des fonds, l'origine de la fortune, les activités professionnelles du clients, ses engagements financiers mais aussi des coupures de presse (si le client ou sa compagnie sont sujet à ce type de publicité) des brochures de la compagnie du client détaillant les produits qu'il vend et pour terminer les recherches dans les dossiers de fraude effectuées par des services souvent légaux ou tout du moins indépendant du front office de la banque.

En guise de conclusion sur le sujet, je pense que la relation qu'un banquier privé doit entretenir avec son client est une relation de confiance mais aussi de respect mutuel, les deux parties doivent se respecter mutuellement afin qu'aucune des deux ne souffre de la malveillance de l'autre. Il me semble normal dans le monde tel qu'il est aujourd'hui que les banquiers fassent des recherches sur leurs futurs clients car les blanchiment d'argent et le terrorisme doivent être jugulés. Malheureusement il y a encore des banques peu regardantes sur ce genre de "détails" mais je dirai que celles-ci sont en constante diminution. Il n'y a pas besoin de loi, une mauvaise publicité est suffisante pour casser la confiance qu'il existe entre une banque, ses banquier privés et ses clients; une fois l'équilibre rompu il est parfois difficile de s'en remettre. Car il ne faut jamais l'oublier vous placer votre argent dans une banque qui vous inspire confiance, si la confiance est brisée vous en partirez.

A demain!

"La banque est un piège à compte."
                               Jacques Pater

mercredi 27 janvier 2010

Welcome to the jungle n°2

Aujourd'hui je vais faire un point sur ce qu'on appelle la "gestion de portefeuille" et en guise de première partie, expliquer ce qu'est un profil client. Il faut savoir que tous ceux qui ont des titres financiers quels qu'ils soient ont ce qu'on appelle un portefeuille, que ce soit dans une banque de détail ou dans une banque privée, vous avez un ou plusieurs titres financiers, vous avez un portefeuille. On en vient souvent à investir dans bourse pour des raisons qui nous sont propres, mais elles relèvent toute d'une même motivation: la volonté de faire fructifier ses avoirs.

La chose la plus importante en gestion de portefeuille c'est de trouver une balance entre le profit et le risque. La plupart des personnes qui souhaitent investir et qui ne connaissent pas ce monde financier sont incapables de trouver cette balance elles-mêmes. C'est pour cela que les conseillers financiers existes, ils vous proposent des produits en corrélation avec votre "profil". Le secret d'un bon portefeuille commence avec votre profil, c'est aux professionnels de l'établir par des questions ciblées et de savoir expliquer les différents types de produits qui 'offrent à vous.

Mais vous pouvez déjà établir plus ou moins votre profil à travers quelques questions simples:

1/ Quel est votre âge?
La question peut sembler anodine mais elle est d'une grande importance, lorsqu'on est jeune et que l'on a la vie devant soi, on peut se permettre de prendre des risques avec l'argent que l'on met de côté, par contre une personne proche de la retraite souhaitera très certainement garantir ses avoirs afin de couler des jours paisibles jusqu'à la fin de sa vie. Une personne au milieu de sa vie, vers 40 ans, pourra décider de faire un peu des deux. Il est évident que ce sont des notions subjectives, on peut être jeune et souhaiter ne prendre aucun risque quand à ses investissements.

2/Ai-je besoin de cet argent?
Vous allez me répondre "mais bien sûr", c'est très souvent ce que les gens me disent, mais la question peut-être posée autrement: "votre train de vie serait-il changé si vous veniez à tout perdre?" ou encore "le rendement de cet argent vous servira-t-il à mieux vivre?". Si la réponse est non, alors vous pourrez aller vers des titres financiers plus risqués.

3/ Pour combien de temps je souhaite placer mon argent?
Certaines personnes souhaitent faire des placements courts, d'autres plus longs et certains n'en ont aucune idée. Lorsque l'on a du cash et que l'on souhaite investir dans un projet d'ici quelques mois, on connait son horizon d'investissement et le risque doit être mesuré. Par contre, si vous souhaitez investir sans avoir de limite dans le temps, cela revient à dire que vous pouvez prendre des risques puisque vous n'avez pas besoin de cet argent dans un futur proche (>1an).


4/Suis-je prêt à faire confiance à mon banquier?
La relation entre vous et votre banquier est une relation de confiance, vous devez croire en ses conseils et il doit vous donner la sensation de connaître son métier. Dans ma carrière il m'est arrivé de rencontrer des banquiers privés très compétents mais aussi de très mauvais. Votre première impression lors de votre première rencontre sera souvent la bonne. Je me suis souvent aperçu que les clients ressemblaient (d'un point de vue du caractère) à leur banquier, j'en ai déduis que les clients choisissaient souvent leurs banquiers sur des critères assez subjectifs. De plus, aujourd'hui, les banquiers privés sont davantage des commerciaux que des portfolio managers car derrière eux il y a une horde d'advisors et traders qui managent réellement votre argent, mais cela j'y reviendrai plus tard.

5/Quelle partie de mon patrimoine je souhaite investir?
Cette question est cruciale et doit être murement réfléchie, est-ce moins de 25%, moins de 50%, moins de 75% ou 100%. Certains produits financiers ne peuvent être vendus rapidement, c'est pour cela qu'il faut bien réfléchir à cette notion, je conseillerais de toujours garder un peu de cash dans son portefeuille, on ne sait jamais trop ce que la vie nous réserve, il se peut qu'un jour vous ayez besoin d'une partie de votre patrimoine financier dans des délais très réduits.

Vous l'aurez compris ces 5 questions doivent trouver réponse avant d'aller voir son banquier. Il faut mesurer le risque que vous prenez. Investir sont argent est un moyen d'améliorer son patrimoine mais pour cela il faut partir avec de bonnes bases et se poser les bonnes questions afin que vos investissements reflètent parfaitement vos aspirations. Il n'y a pas beaucoup de moyens de gagner de l'argent: le travail et l'investissement. L'investissement boursier est un type d'investissement ouvert à tous et dont l'offre est suffisamment diversifiée pour vous satisfaire pleinement.

Dans le prochain billet qui aura trait à la gestion de portefeuille, je décrirai les risques de chaque catégorie de produits financiers afin de vous aider à mieux discerner les risques que vous pourriez prendre.

"Nous connaissons mieux nos propres besoins que ceux des autres. Satisfaire les siens relève de la bonne gestion".
                  Ambrose Bierce