mercredi 28 avril 2010

Welcome to the jungle n°19

Bonjour à tous. Hier fut une journée que je qualifierais de mouvementée, le mot du jour serait sans doute "Jumk" en rapport avec la baisse de la note de la dette grecque par S&P. Les taux sur la dette grecque deviennent stratosphérique, si les européens ne prêtent pas l'argent, la Grèce fera défaut de sa dette dans moins de quinze jours. Lorsqu'une obligation est "Junk" cela veut dire qu'elle est considérée que comme un investissement spéculatif à risque, en gros il y a des chances de perdre son argent. Même superman s'est mis à boire, il ne peut plus rien faire car même si l'on sauve la Grèce, voilà le Portugal et l'Espagne qui arrivent à grands pas! Si l'Espagne venait à demander de l'aide ce serait pour des centaines de milliards d'euros, autrement dit, étant donné les finances des pays européens, c'est impossible.

Ce qui est assez intéressant, c'est que même au pied du mur et dans l'obligation absolue de faire des économies drastiques, le premier ministre grec demande encore du temps pour faire les réformes profondes qui s'imposent. Pour comprendre le fonctionnement grec, je vous propose la lecture de ce texte qui résume parfaitement le délire grec (La faillite du modèle économique grec). Vous vous dites que de toute façon la France ce n'est pas la Grèce, qu'on s'en sortira, à cela je répondrais "moui peut-être  mais pas pour longtemps". Il suffit de voir ce que Pierre Moscovici a préparé comme programme de base pour le PS pour comprendre que l'on va droit dans le mur avec des incapables de ce type. La  seule chose que je perçois au-delà des mots creux habituels des socialistes-marxistes français c'est: On ne fera rien si ce n'est continuer et taxer encore davantage pour sauver notre modèle français que le monde entier nous envie". Eh oui point de réformes en profondeur, de la taxe, de la TVA sociale déguisée en éco-TVA pour faire plus fun et branchée par exemple, la fin de certaines niches fiscales (celles concernant les membres du parti ne seront pas touchées bien sûr), etc... Bref devant le grand défi de la dette, des retraites (amusant qu'ils restent silencieux sur le sujet), du chômage, de la croissance, de l'éducation, etc... ils nous proposent du "vivre ensemble", du "solidaire" (comprendre impôts), du "citoyen" (équivalent à solidaire), bref du néant.

Si les socialistes français n'ont jamais fait leur Bad Godesberg cela s'en ressent toujours. Toujours est-il qu'ils ne sont pas les seuls à proposer du rafistolage. En France, lorsqu'un gros problème survient et qu'une date lointaine avec un montant énorme est calculée, on ne fait rien. Notre majorité souhaite réformer la retraite, en l'état actuel, le trou dans les retraites serait de l'ordre de 2600 milliards d'euros en 2050 si rien ne bougeait. Solution avancée immédiatement: il faut travailler davantage, les syndicats s'y opposent, très bien on a l'habitude. Alors ils proposent un tour de passe-passe génial qui vous oblige à prendre la retraite plus tard tout en gardant un âge de la retraite légal à 60 ans par un système de malus! C'est merveilleux non? Il serait tellement plus simple et plus efficace de laisser les gens choisir comment préparer leur retraite, il pourraient partir quand ils le désirent et avec une pension plus importante. 

Toujours dans les délires, notre secrétaire d'état à l'emploi nous annonce une baisse durable du chômage en 2010, je crois que ce monsieur ne lit pas les journaux ou ne comprend pas ce qui se passe autours de lui, bref encore un autre qui navigue à vue.

Ce dont je viens de parler ne représente qu'une seule journée des aventures politiques françaises, imaginez à l'année! Je viens par exemple de regarder le journal de 13h sur france2, ils y parlent de la Grèce, du Portugal dans un reportage qui met en cause l'Allemagne, Angela Merkel ne veut pas prêter car il y a bientôt des élections et le peuple allemand refuse d'aider les pauvres grecs. C'est la cigale et la fourmi! 

La Grèce et l'Allemagne

La Grèce, s'étant endetté
depuis des années,
Se trouva fort dépourvue
Quand la note fut venue :
Pas un seul petit euro
De taxe ou d'impôts.
Elle alla crier famine
Chez l'Allemagne sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque euro pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
L'Allemagne n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
J'empruntais, ne vous déplaise.
- Vous empruntiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Vous constaterez que je change à peine les mots et que ce texte, si connu, s'adapte parfaitement au cas actuel. d'un côté une Allemagne peu dépensière et peu enclin à prêter (certainement à perte) l'argent des ses contribuables et de l'autre une Grèce qui demande des délais pour trouver des idées afin de réformer un pays en profondeur. Le grand problème, c'est que les solutions sont drastiques, connue mais empêcheront le gouvernement de se faire réélire, ils pensent qu'ils peuvent encore passer pour les sauveurs du pays. Dès qu'ils toucheront l'argent, ils se sentiront soulagés pour un temps et continueront dans leur délire économique.

Toujours à propos du journal de 13h de france2, à la suite du reportage, le présentateur (sourire colgate au visage) interview le directeur d'une revue économique bien connue de nos lycées: Alternatives Economiques. A ce propos deux choses à dire, la première, ce monsieur est un socialiste patenté tout comme son magazine (ils ne s'en cachent pas d'ailleurs) mais en plus IL MENT! Je vous laisse le soin de regarder la video du 13h ICI à partir de la minute 12:30. Lorsque le présentateur lui demande si l'Europe blabla, Allemagne blabla, il répond clairement "l'Europe est en.dessous de tout". Il ment parce que RIEN n'oblige les Allemands à aller prêter de l'argent aux grecs, aucun traité, aucune loi, rien du tout, s'ils le font c'est simplement de bonne grâce si je puis dire. On parle d'élections, il semblerait que même après l'Allemagne reste intransigeante. J'en veux pour preuve ce petit sondage:
Source: h16

Pendant ce temps notre Christine Lagarde notre ministre de l'économie (avocate de métier de le rappelle), entend créer un nouveau comité Théodule qui aurait accès à un fichier national des créances sur la consommation (Big Brother n'a qu'à bien se tenir!) article ici. C'est quand même merveilleux que l'Etat entende contrôler vos dépenses et vos prêts mais en ce qui le concerne, personne ne le surveille! L'hôpital qui se fout de la charité, on croit rêver. Chaque jour, pour tenter d'exister nos ministres n'arrêtent pas de gesticuler, Brice avec son polygame, Borloo défend son Grenelle 2 on attend la trilogie! Alliot Marie toujours avec son gugusse qui se torche le derrière avec le drapeau français, ça date mais elle toujours sur le sujet. Kouchner et Sarkozy (ainsi que Madame) ont fui en Chine, leur croissance les fait rêver et en plus ils sont communistes, que du bonheur! Woerth avec la réforme des retraites ou comment ne pas changer l'âge officiel de départ et vous faire trimer jusqu'à ce que mort s'en suive. Bizarement rien sur Devedjian... Luc Chatel ou quand le ministre de l'éducation fait un cours de sexualité et Nadine Morano qui prend cela pour de la Provocation,quant à Fadela amara elle  juge le gars coupable de polygamie (présomption d'innocence tout ça tout ça). Pécresse et jouanot sont en vadrouille à polytechnique, c'est vrai qu'elles n'ont pas fait cette école, une bonne occasion de s'y rendre aux frais du con(mouton)tribuable. Hervé Morin fait des éloges, il n'a vraiment que ça à faire c'est vrai. Bachelot qui dit encore n'importe quoi (présomption d'innocence elle connait?). Mitterand de par sa seule volonté peut bloquer un concert à lui tout seul. Besson a également fui au frais du contribuable au Maroc (tiens, il a du se faire recevoir là-bas) après s'être déplacé à Lyon hier soir avec sa copine Rama Yade histoire de regarder le match Lyon-Bayern Munich (perdu lamentablement par Lyon). Estrosi croit à l'automobile verte, pas de chance il était champion de moto... Bruno Le Maire (qui ça?) avait bien fait ses devoir avant l'arrivée des céréaliers. Etrangement rien sur Monsieur Daubresse ministre de la jeunesse et des solidarité actives est toujours en train de créer son équipe, tranquilou pépère, y'a le temps. Anne-Marie Idrac (Qui ça??) annonce une nouvelle aide aux entreprises innovantes de l'ordre de 600 à 1300 euros dans l'indifférence générale, c'est vrai qu'avec ces montant on va forcément innover un maximum et faire concurrence aux méchants japonais et américains youhou! Hervé Novelli défend les restaurateurs qui s'en mettent plein les fouilles depuis la baisse de la TVA sans que le prix de la pizza ait changé. Pierre Lellouche secrétaire d'état aux affaire européenne a toute autorité pour annoncer que la France ne laissera pas tomber Florence Cassez. Et finalement le SEUL à s'exprimer sur le problème grec c'est... George Tron secrétaire d'état à la fonction publique, il est vrai que si l'état français venait à faire défaut, il serait en première ligne avec la horde de fonctionnaires impayés.

Comme vous le voyez, tout va bien, notre gouvernement se sent très impliqué dans les vrais problèmes: demie-finale de ligue des champion, petits voyage avec la visite de la muraille de Chine, pour certain le Maroc et ses marchés animés, le polygame, les restaurateurs, mais la faillite possible d'un état de la zone euro c'est tout de suite moins sympa, moins intéressant médiatiquement. Bref, je pense qu'ils essaient de nous dire que TOUT-VA-BIEN, on s'occupe de tout.


Bonne  journée à tous.

"un crédit à long terme ça veut dire que moins tu peux payer, plus tu payes"
                                                                        Coluche

mardi 27 avril 2010

Welcome to the jungle n°18

Bonjour à tous. Il semblerait que chaque nouvelle journée apporte son lot de nouvelles toujours plus consternantes. La photo de gauche, je ne l'ai pas mise par hasard, oh que non! Ce matin, je lisais deux blogs qui, pour moi, sont parmi les meilleurs et j'y ai découvert deux choses assez incroyables. Prenons dans l'ordre de lecture si vous le voulez bien. Sur l'excellentissime blog d'Olivier Crottaz (que je vous engage TRES FORTEMENT à lire) nous apprenons qu'en Suisse, les informations télévisées sont beaucoup plus, comment dire... raccord avec la réalité que nos infos françaises. Olivier Crottaz met le lien dans son billet, je vous le remet ici. C'est le journal suisse, allez à la minute 10:50 et vous verrez un traitement de l'info radicalement différent proposé par TP1 (Télé Pravda 1) et france2 (JT20h). Vous remarquerez un traitement de l'info radicalement différent. Chez TP1 c'est la faute des spéculateurs, chez France2 c'est "faut-ils que la Grèce sorte de l'euro" avec un soupons de Angela Merkel et les Allemands ne veulent pas payer. Nos amis suisses, expliquent pourquoi les allemands ne veulent pas payer les pots cassés de la Grèce avec bien plus de tenue que nos journalistes français abonnés à radio E lysée.

La Grèce peut-elle sortir de l'Euro, Angela Merkel dit non et elle a raison! ce serait pire! Imaginez le bouleversement (car cela devrait se faire rapidement), la Drachme ne vaudrait rien et la population garderait ses comptes en Euros de toute façon. Car ne l'oubliez pas, une monnaie doit être acceptée de tous et doit inspirer la confiance, sinon c'est l'économie souterraine avec des Euros sous le manteau. De plus cela affaiblirait l'Euro encore davantage et pour les allemands c'est NEIN aussi. Alors je me pose la question de la désinformation, France2 accuse via le premier ministre italien (c'est vrai que celui-là il est blanc comme neige hein...) que l'Allemagne est individualiste et ne veut pas donner. Déjà, l'Allemagne ne "donnera" pas elle prêtera comme tous les autres pays européens participants à un taux de 5% au lieu de plus de 8% sur les marchés. De deux, l'Allemagne demande à la Grèce de présenter un plan d'austérité qui permettrait d'économiser des milliards et non des millions.

A propos de cela, deux choses me viennent à l'esprit. La première, c'est que beaucoup de pays vont prêter à la Grèce avec un taux de 5% alors qu'ils empruntent à des taux inférieurs! Ils vont se faire de l'argent sur le dos de nos amis grecques. La seconde, c'est que la Grèce, finalement c'est un peu comme la France, une grande partie de la population est fonctionnaire, ils ont fait n'importe quoi avec leurs finances publiques en empruntant à tout va, ils ont caché les dettes afin de rentrer dans l'eurozone, ils ont un système administratif kafkaïen, bref c'est comme en France.

Alors revenons un peu à la France, ses 1500 milliards d'euros de dette, son chômage grandissant, son armée de fonctionnaires, ses politiques incapables de prendre les décisions qui s'imposent et une économie qui se porte pas si mal que ça selon Christine Lagarde (avocate à la base) notre ministre de l'économie. Bon, ça étant vite dit, nos journaux télévisés peuvent s'attarder sur un sujet génial, la femme du polygame présumé, fraude et tout le toutim. Bref, on dérive votre attention sur un sujet ridicule n'ayant no queue ni tête pour vous cacher bien d'autres chose et c'est là que ma lecture d'un de mes autres blogs préféré arrive. le merveilleux h16, à la plume acerbe et corrosive, qu'il me plaît à lire quotidiennement rapporte ici un fait ordinaire dans notre beau pays (bon très bien, ce fait est un peu moins ordinaire). Nos députés dans leur majorité (droite, gauche, communistes, centristes) ont voté un texte de loi permettant aux collectivités locales de créer des société publiques locales. h16 explique parfaitement comment cela va fonctionner, pas besoin d'en remettre une couche. Ce qui est scandaleux, c'est que beaucoup de choses vont pouvoir être cachées! Attributions de marchés publics aux copains, dettes, etc... Bref, nos politiques se sont dotés d'un nouveau petit jouet très intéressant comptablement parlant. Economiquement cela nous mène, bien évidemment, dans le mur à une vitesse supersonique car les dettes, même cachées, il faut quand même les payer.

                    République bananière française

Tout cela me rappelle un jeu de société très intelligent vous proposant de diriger une petite république bananière avec vos copains et le but était de mettre le plus possible d'argent à la banque. Peu de règles, élections truquées, possibilité de tuer vos adversaires, acheter les autres tout en sachant qu'ils vous trahiront, coup d'état, achat de voix pour les élections, possibilité de se cacher dans sa garçonnière, bref, vous l'aurez compris le jeu préféré de nos politiques! Ce jeu s'appelle Junta, l'image sur la boîte est évocatrice:


Bref, un jeu que je vous conseille afin de bien vous amuser avec vos amis et faire comme nos politiques.

Pendant ce temps, les agriculteurs commencent à mettre la pression avant la renégociation de la PAC, la bourse perd à cette heure 1,54%, le volcan au nom imprononçable et illisible a coûté pas loin de 280 millions d'euros en France (en manque à gagner), le pessimisme des ménages se confirme (et je leur donne 100% raison), etc...


Bref, ne nous inquiétons pas, tout va bien, c'est Christine Lagarde qui vous le dit, sachant qu'elle est elle aussi branchée sur radio Élysée, c'est donc que notre bon président le pense et s'il le pense c'est que c'est vrai, non? Et comme il l'a si bien dit:
fait pas le malin!

Bastiat disait: "l'état c'est la grande fiction par laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépends de tout le monde". Je pense sincèrement que l'on pourrait réécrire cela avec: "l'Europe, c'est une grande fiction par laquelle tous les états s'efforcent de vivre aux dépends des autres états" mais comme d'habitude, ce sont toujours les mêmes qui trinquent...

Bonne fin de journée à tous et à demain.

Bscott

lundi 26 avril 2010

Welcome to the jungle n°17

Bonjour à tous. Aujourd'hui les marchés se relèvent de plus de 1% et cela peut sembler étrange. Les états se portent mal, l'euro perd du terrain face à un dollar malade, il n'y a que des problèmes, alors pourquoi donc les bourses sont-elles dans le vert? Ai-je parlé d'entreprises et de business ici? Non et ce à aucun moment. Les entreprises ne se portent pas trop mal, ce n'est pas merveilleux mais ça va. Par contre les états... Comme je le disais hier, les états se portent mal, bien mal. Nos amis portugais et espagnols dont les chefs d'état sont en photo sont tout heureux d'annoncer que tout va bien et je vous encourage à... ne pas les croire.

Lorsque les politiques commencent à se justifier, c'est en général mauvais signe, c'est à ce moment qu'il faut quitter le navire et rejoindre à la nage, tant bien que mal et advienne que pourra, une rive proche et sûre. En ce moment les rives proches et sûres sont difficiles à trouver mais il en reste. La Grèce et ses 300 milliards de dette n'est qu'une petite joueuse face à l'Espagne ou la France. Si nous prenons la France nous en sommes à 1500 milliards d'euros de dette ce qui constitue 24 000 euros de dette par habitant et cela ne représente que l'état français, pas les collectivités locales! Je vous laisse imaginer l'étendue des dégâts et le mille-feuille délirant de la dette française.

Comment en est-on arrivé là? Au commencement il y avait un économiste Lord John M. Keynes, mathématicien, économiste qui fut le père de ce que nous appelons la social-démocratie. Keynes qui se plaisait à dire qu'à long terme nous serrons tous mort (très optimiste comme vision) pensait à court terme, l'état se devait d'intervenir afin de débloquer des situations inextricables comme lors de grandes crises. Par le Keynesianisme, l'état se trouvait une nouvelle place, plus importante et plus large que jamais. Nos politiques appliquent à la lettre et parfois davantage (version Marxiste). Keynes remettait l'état au centre, reléguant les autres entités à de simples subalternes. Les pensées économistes de Keynes reflètent parfaitement notre monde d'aujourd'hui: intervention de l'état absolument partout, visions court terme permanente (après nous le déluge), politique monétaire fondée sur les banques centrales, etc... Oui, nous vivons dans un monde comme celui-là: les états sont extrêmement présents dans la vie des peuples (bien trop présents), la vision court terme est omniprésente (il suffit de voir comment réagissent nos politiques par rapport à l'actualité) ou la dictature du fait divers, les banques centrales mènent le jeu monétaire dans le monde. Même s'il est considéré comme le père de la macroéconomie, Keynes n'en reste pas moins un économiste peu brillant (à mon sens), ceux qui s'inspireront de ses travaux feront parfois bien mieux d'un point de vue scientifique.

De l'autre côté de la barrière, nous retrouvons les libéraux comme Hayek, Mises, Hoppe, Friedman, etc... (dans le lot il y a des prix Nobel) qui sont en total désaccord avec la théorie de Keynes. En effet, lors d'une crise, Keynes pense que l'état doit absolument intervenir et remettre de la liquidité dans la machine économique, le plus souvent en utilisant la dette. Les Autrichiens et monétaristes de l'école de Chicago sont plutôt d'un autre avis. La crise survient, l'état intervient en alimentant les réseaux économiques d'argent afin que les liquidités ne manquent pas, les banques centrales abaissent leurs taux directeurs pour que la machine crédit ne s'arrête pas. Cela permet deux choses, la première c'est sauver du naufrages certaines entreprises (triées sur le volet par l'état si vous voyez ce que je veux dire) et de permettre au gens même les plus pauvres, de s'endetter toujours et encore afin de consommer, encore consommer. La consommation n'est plus une affaire d'épargne mais de dette. Commencez-vous à comprendre à quel point ce que vous pensiez être du libéralisme n'en est pas? La société est tout sauf libérale elle est Keynesienne! Les crédits à la consommation pour vous permettre de toujours plus consommer sans vous soucier du lendemain car au final nous seront tous morts est une stricte représentation de la doctrine (et non pas idéologie) Keynesienne. Pour les libéraux autrichiens (dont je ne me cache pas partager les opinions) qui nous révèlent que ce n'est pas de la crise qu'il faut avoir peur mais de la bulle qui la précède car tout ou tard elle éclatera.

Reprenons notre scénario, la crise survient, les états s'endettent, les banques centrales abaissent leurs taux directeurs. Cela a pour effet de favoriser l'inflation (cet impôt invisible), les liquidités affluent dans l'économie, la création monétaire via le crédit est énorme, la demande augmente, augmente, les biens en production aussi mais en quantités finie, il faut donc produire davantage, investir pour cela et au final? L'économie se porte mieux mais l'inflation devient difficile à supporter, il faut remonter les taux, la demande diminue, l'offre ne régresse pas, les prix s'effondrent, il faut s'arrêter de produire autant mais les crédits continuent de courir sans rentrées d'argent, c'est la faillite et tout va de mal en pis, boom c'est de nouveau la crise! Et de nouveau intervention de l'état pour sauver les banques, les promoteurs immobiliers, etc...

Oh vous vous dites que j'exagère, très bien, la preuve par l'exemple alors!
Prenons le cac40:

Regardez bien ce graphique que j'ai étendu. Prenons la résistance (la ligne droite) et regardons le point 1. la bulle débute en Mars 97, durant l'été 2000 on arrive à l'apex (2) et on bute de nouveau sur la résistance (3) en Mars 2003, c'est-à-dire 6 mois jour pour jour après le début de la bulle. A partir de Mars 2000, les états empruntent pied au plancher, les taux sont ridiculement bas, regardez le graphique qui suit:

Les taux baissent rapidement après que l'on ait atteint l'apex en 2. Lorsqu'on arrive en 3 les taux directeurs sont très bas à 1% mais regardez encore un exemple frappant de ce que je vous expose avec en plus l'évolution de la dette en France:

Quand nous sommes au point 3, la France emprunte beaucoup, une fois les marchés et l'économie en meilleure posture à partir de mars 2003 commence donc la nouvelle bulle, le champagne à la fraise (excellent cocktail) est idéal, c'est le cocktail à bulles: taux trop bas, intervention de l'état par la dette, inflation menaçante. nous arrivons en Juin 2007 (tiens encore pendant l'été...) au point 4 qui constitue l'apex de la bulle. La crise fait ses premiers pas et les marchés atteignent leurs plus bas en, je vous le donne en mille, MARS2009 c'est à dire 6 ans presque jour pour jour après le début de la bulle. Là encore, intervention massive des états (qui ne sert pas à grand chose, soyons objectifs, les banques ont remboursé un an après sans problème), les taux directeurs sont presque à 0! On recommence à reparler d'inflation, l'économie repart un peu mais prochainement on devrait avoir une correction. Pour le reste je prévois, je joue à Madame Soleil et si les états ne sont pas mis à terre ce coup-ci, ils le seront au prochain tour dans 5 ans. Vous pouvez voir sur le graphique du CAC40 que je poursuis le graphique moi-même et vous divulgue (en exclu mondiale) ce qui pourrait arriver sii l'on suivait ce qui s'est passé depuis 1997.

Vous remarquerez que les apex ne sont pas à la même hauteur, c'est normal entre les deux crises, les économies se sont affaiblies et ne pourront jamais revenir aussi puissantes, le troisième apex sera plus bas que les deux précédents. Mais ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir à quel point l'endettement des états et les politiques trop laxistes de banques centrales créent de nouvelles bulles qui sont les bases des crises qui s'en suivent.

En ce qui me concerne, je pense que Keynes avait tord, que les autrichiens comme Hayek avaient raison


Voici la vidéo qui résume bien ce qui oppose les deux visions de l'économie en rap sur de la bonne musique et finalement résume parfaitement la situation. Pour les plus connaisseurs d'entre-vous, vous remarquerez que dans le discours de Keynes, il y a une allusion à un économiste français oublié en France mais pas aux USA et Angleterre: Frédéric Bastiat et son célèbre "ce qui se voit et ce qui ne se voit pas" avec la vitre brisée: texte ici
Voici une autre video d'un autre prix Nobel d'économie, Milton Friedman, c'est simpliste, mais résume aussi bien ce qu'est le marché et ce qu'il peut apporter.


N'oubliez pas ce que l'on présente comme de l'ultra-libéralisme (on n'a jamais parlé d'ultra-socialisme mais ultra fait peur, son utilisation s'est donc révélée comme évidente) n'est en fait que du Keynesianisme pur et simple. Ne vous laissez pas berner par ces médias de masse, ne croyez pas toujours ce qui vous est dit. D'ailleurs s'il est une chose que vous tenez pour acquise, c'est bien votre liberté, le libéralisme n'est que l'expression de celle-ci en terme philosophiques et économiques.

Bonne fin de journée à tous!

« Laisser la loi aux mains de gouvernants élus, c'est confier le pot de crème à la garde du chat. »
F.A. Hayek

dimanche 25 avril 2010

Welcome to the jungle n°16

Bonjour après un long moment sans aucun billet, je reviens car plusieurs choses se sont passées ces derniers: l'affaire Goldman Sachs et les évolutions sur les dettes des états. Si l'affaire Goldman Sachs est relève tout simplement de l'escroquerie, en effet, ils vendaient à leurs clients des produits qu'ils shortaient (vente à découvert) derrière. Il n'y a pas grand chose à dire même si la liste des personnes associées est longue et les faits loin d'être uniques. Au-delà de ces faits, ce qui risque de poser problème, c'est que personne ne fera plus confiance aux banquiers pour conseiller. Je dirai que c'était déjà le cas bien avant. Aller dans une banque de détail et demander à un conseiller (qui sera muté dans 3 mois) quels investissements faire, c'est aller droit dans le mur. Son rôle est de vous proposer ce que sa direction lui demande de proposer. En effet, les banques ont toutes des produits structurés avec des sous-jacents que vous ne connaîtrez jamais. Et c'est là que le bas blesse car saviez.vous que dans BEAUCOUP de vos assurances vies il y de la dette grecque? Eh oui, ces produits réputés si sûrs ont été pris par nos amis les états. Vous ne le saviez pas? comment ça? personne ne vous l'avait dit? Ce Rapport de gestion société générale, montre clairement que votre assurance-vie contient des fonds d'emprunts d'état. Mais il n'y en a pas que là, voici le fond Eurossima d'ING et il nous est dit que ce fond est pour ceux qui privilégient la sécurité, moi je dis, ok très bien, allons voir ça de plus près et voilà ce que je trouve:

Oh surprise! on y trouve de la dette grecque, pour un fond qui privilégie la sécurité, on repassera! Et encore, il y a quelques temps de cela il y avait deux lignes de dettes grecques et une ligne de dette portugaise. Si vous avez des investissements de ce type, prenez le temps de regarder quels sont les sous-jacents de ce produit.

Mais sur l'excellent site financier zerohedge.com, on se rend compte que les investisseurs commencent à sentir le vent tourner pour le Portugal et l'Espagne. Le site nous confie également que ces pays feront tomber... la France. En effet, le montant des investissements des banques françaises dans les pays du sud de l'Europe est proche de 800 milliards! Impossible pour l'état français de les secourir. Il faut bien comprendre que votre épargne sert à financer, en partie, la dette des états. D'un autre côté, les banques jouent contre vous car elle parient sur le défaut de paiement de la dette de ces états. Mais l'Allemagne est aussi durement touchée et commence à être attaquée. Les français sont ceux qui épargnent le plus en Europe et cette épargne fait saliver tous les états qui vont devoir s'endetter au-delà du raisonnable afin de continuer à vivre comme ils l'ont fiat jusqu'à présent sans rien toucher à leurs systèmes sociaux respectifs.

Vous l'avez compris, les banques ont un temps d'avance sur vous, ils vous proposent des fonds de placements qui comportent des sous-jacents sur lesquels ces mêmes banques jouent à l'inverse. Ils vous font acheter des dettes étatiques et dans le même temps ils parient, via les CDS, sur le défaut de paiement de ces mêmes états, d'un point de vue déontologique ce n'est pas très glorieux! 

Mais qu'advient-il de la dette des états, que risque-t-il de se passer? La Grèce n'est qu'un avant goût de ce qui nous attend. Ne croyez pas que les états vont nous sauver, ils ne le peuvent plus. Pendant des années nous avons financé des systèmes sociaux très coûteux par la dette, cette dette ne servait pas à l'investissement mais à l'agrandissement constant de l'état. Les politiques toujours pleins de bonnes intentions doivent promettre pour se faire élire, leur but est de vous séduire, de séduire le plus grand nombre. Posez.vous la question, "mais qui est ce plus grand nombre?", les familles qui gagnent 5000 euros par mois ou ceux qui gagnent le SMIC ou à peine au-dessus, survivent des allocations? Je penche, bien évidemment, pour la seconde solution. Loin de moi l'envie de critiquer ces personnes qui gagnent le SMIC et à peine plus, ce sont eux qui ont les emplois les plus difficiles en général. Ceux qui survivent des allocations? Il y a toujours des abus mais la grande majorité ne les acceptent que parce qu'ils n'ont pas le choix. Notre système de santé, par exemple, est un montage Ponzi (rappelez-vous de Madoff) merveilleux au sein duquel il y a toujours des entrants puisqu'ils n'ont pas le choix. Notre système social qui vous oblige à tout remettre entre les mains de politiciens qui n'ont pour unique but que la réélection vous mène droit dans le mur!

Tous les pays européens vont bientôt être confronté à un mur, celui de la dette insoutenable. Avoir des systèmes sociaux c'est bien mais il faut en avoir les moyens. Qu'un état s'endette pour investir: routes, autoroutes ou je ne sais quoi, je peux le concevoir. Mais TOUS les états européens s'endettent afin de tenir. Si l'on prend le cas de la France, les impôts y sont parmi les plus élevés du monde (au total) et pourtant il faut encore aller chercher des crédits sur les marchés? Allons!! A force de promettre, de vouloir toujours donner plus à la majorité la droite française s'est gauchisée au possible à tel point que les socialistes se radicalisent comme par exemple notre ami Jack qui énonce, je cite " Sur la fiscalité, c’est une bonne orientation. Mais il faudrait une analyse plus profonde. C’est un projet trop traditionnel, pas assez visionnaire. Ce n’est qu’un début, une amorce. Mais comment voulez-vous avoir un projet de civilisation sans rien sur l’éducation, ni la culture, ni les changements de mentalité, ni, comme disait Marx, sur la transformation des superstructures ?"

Si l'Espagne et le Portugal venaient à faire défaut après la Grèce (ce qui va arriver je vous rassure tout de suite), la France serait touchée, l'Allemagne aussi. Mais cela changerait-il notre quotidien? La réponse est, cela dépend. Si vous êtes chômeur ou dépendant d'allocations pour survivre, autant dire que pour vous ce sera dur l'état n'ayant plus de quoi vous payer. Vous êtes fonctionnaire? Là encore, vous risquez de ne plus être payé. Vous êtes chef d'une entreprise qui travaille pour l'état ou les collectivités locales en grande partie? là encore préparez-vous à mettre la clé sous le paillasson. Vous travaillez pour ce genre d'entreprises? commencez à chercher un autre emploi. Les états ne paieront plus, ils seront en cessation de paiement. Ils ne pourront plus lever de l'argent sur les marchés financiers et donc ne pourront honorer les paiements à l'intérieur même de leur territoire. Les états devront faire de sérieuses cures d'amaigrissement afin de ne pouvoir survivre qu'avec ce qu'ils peuvent récolter comme argent: les impôts. Imaginez les hordes de fonctionnaires dans la rue demandant de l'argent, imaginez des personnes âgées sans leurs retraites dans la rue demander non pas de l'argent mais du pain, imaginez toutes les personnes qui ne vivent que d'allocations dans la rue elles aussi réclamant qu'on leur donne ce à quoi ils ont "droit". Ce scénario vous semble impensable? Pourtant c'est ce qui se passe en Grèce et ils n'ont pas encore fait défaut! Dans tous les cas, ceux qui produisent, ceux qui ne dépendent pas de l'état pour vivre seront les gagnants et en France...ils sont peu nombreux tellement l'état s'est rendu indispensable. 

Pour ne discuter avec quelques personnes, tous, sans exception me disent que c'est impossible. Cela démontre bien que les français sont lamentables en économie, les états ont déjà fait faillite et continueront de le faire, le problème est que cela pouvait être évité. Les politiques auraient pu prendre les devants, réduire les dépenses mais cela ne fonctionne pas avec le système de nombreux systèmes européens, surtout ceux du sud. En effet, comme en France, en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie, les politiques sont élus sur des promesses de toujours donner plus à ceux qui en ont moins. Le gros soucis c'est que tout ceux qui travaillent ont déjà beaucoup!! Le seul problème c'est qu'on leur prend une grande partie de ce qu'ils gagnent pour entretenir une machine peu productive et très coûteuse. Ces systèmes coûtent tellement cher que même tous les prélèvements ne sont plus suffisants et les états ont dû emprunter et toujours plus. Aujourd'hui, ces dettes sont trop importantes et deviennent des boulets. La vie de la plupart des gens sera affectée et ce sera aussi de la faute à tous ces citoyens qui voulaient toujours davantage en travaillant autant, en désirant toujours plus de droits, toujours plus de choses incroyables. Certaines de ces choses (comme les 35heures) furent créées simplement pour se faire élire sans plébiscite du peuple avant qu'on lui ai suggéré l'idée. Mais sachez que les états auront besoin de votre argent, de tellement plus de votre argent, tout est dans le rouge mais il y a une courbe, la courbe de Laffer et cette courbe risque bien d'approcher de son maximum dans le sens des prélèvements. Les rentrées seront moindres, il faudra toujours davantage d'argent pour payer toutes ces personnes travaillant pour l'état directement ou indirectement. L'état devra se désengager de beaucoup de chose et laisser le champs libre dans beaucoup de domaines. Mais il se pourrait que l'état devienne plus tyrannique et là ce serait le contraire de ce que je viens de vous exposer. Il est évident que vos libertés seraient restreintes mais je n'y pense guère, l'implication internationale des pays européens entre eux est trop importante et ne permettrait que difficilement ce genre de choses. Mais il ne faut pas négliger cette possibilité, les régimes totalitaires naissent toujours après des crises, les sentiments de haine et de frustration peuvent mener à en vouloir aux élites (ici les banquiers). La crise est puissante, elle est profonde, notre système typiquement keynesien que relance par la dette (sachant que Keynes disait aussi que nous fissions tous par mourir...) pendant que des économistes comme Hayek constataient que ce n'était pas de la crise qu'il fallait avoir peur mais de la bulle qui la précède! 
Les dirigeants, afin de s'assurer le plus large électorat possible ont toujours proposé plus de droit, d'allocations mais au final tout cela a coûté cher, à été très mal géré. Quand on s'endette, il faut, à un moment donné ou un autre, payer la note et cette note nous sommes à deux doigts la payer de façon violente.

lundi 22 mars 2010

Welcome to the jungle n°15

Bonjour à tous, ce matin en ce premier lundi de printemps on peut dire qu'il y a des choses à dire. Hier soir, ce fut le retour d'Obama! (ah vous vous attendiez aux régionales? sans rire? Eh bien non.) Obama a réussi un tour de force et représente de nouveau le messie pour nous européens et plus particulièrement en France (bien que les résultats des régionales occulte un peu tout cela). Il donne aux américains, à tous les américains une assurance santé. Mais l'état ne viendra pas trop mettre son nez dans cet nouvel ordre. En effet, les entreprises privées resteront maîtres du jeu, il n'y aura pas de sécurité sociale américaine comme nous pouvons la connaître en France.

Mais comme bien souvent, les journalistes y voient une avancée sans précédent vers un "mieux". Ils voient cela d'un œil bien franco-français où toute solution privé n'est pas bonne en ce qui concerne la santé. Avec leurs yeux couverts d'œillères à l'angle peu obtus ils ne voient pas ou ne veulent pas voir que l'état américain possède un système de santé très couteux pour l'état mais dont l'organisation est complexe. Il existe deux systèmes Medicaid et Medicare. Medicaid est géré par l'état fédéral pour les personnes de plus de 65 ans, Medicare est géré conjointement par l'état fédéral et les états pour les personnes aux plus faibles revenus. La réforme d'Obama. La réforme d'Obama est bien vue ici, en Europe, car pour nous tout le monde a droit à une assurance santé mais aux USA la culture est tout autre. Les américains ont tendance à voir d'un mauvais oeil toute intervention de l'état dans les affaires économiques du pays et pour une partie d'entre eux, il était hors de question de nationaliser le système comme en France par exemple. Alors ils ont trouvé le système, les plus démunis pourront souscrire à une assurance santé au prix n'excédant pas 2% de leurs revenus et jusqu'à 9,5% pour les plus riches. 

A la base deux compréhensions de base s'opposent, d'un côté ceux qui pensent que de la loi découle le droit et de l'autre côté que du droit découle la loi. En France, nous avons la première vision, le législateur nous donne des droits: doit au logement opposable par exemple, droit à ceci et cela, bref nous avons beaucoup de droits. Les américains, tout comme dans les pays de droit anglo-saxon (donc basé principalement sur la jurisprudence et non entièrement sur la loi) ont plutôt tendance à croire que des droits découle la loi. Pour ne rien vous cacher je partage largement leur avis sur la question. Avoir une assurance maladie, est-ce un droit, telle fut la question. La démocratie américaine étant très complexe, Obama s'est servi de petits systèmes pour faire passer ses réformes. A contrario des français, les américains participent beaucoup à des activités associatives, donnent beaucoup et son généreux. Les Français ont tendance à croire que tout leur est dû et que l'état sera toujours là quand ils en auront besoin, ces gens là se trompent (à mon sens). Les américains pensent que c'est par le travail, l'abnégation et l'implication que l'on construit une société prospère et là encore je les rejoins. Car même les plus pauvres ne sont pas tous pour une sécu à la Obama, Aux Etats-Unis, on devient quelqu'un quand on travaille, que l'on gagne de l'argent, que l'on devient "successful". On y admire les winners, ceux qui ont réussi, ceux qui produisent des richesses car c'est cela le rêve américain. En France les successful est douteux, on le jalouse et on se dit que ce n'est pas normal. l'état le taxe à 50%, il est le fruit du malheur des gens, les riches devraient avoir honte de l'être, on doit cacher sa richesse pour ne pas faire des jaloux. Deux conceptions radicalement opposées donc. 

Obama vient de réguler les prix des assurances mais pourquoi les plus riches devraient payer plus cher pour un service identique? Là encore la question s'est posée. Les américains considèrent la santé comme un bien de consommation, les médecins pratiquent les soldes et les rabais, pareil pour les pharmacies. Cela vous choque? Le médecin, quel que soit le prix, la personne, son origine, se doit de donner la même qualité de soins à tous (serment d'hypocrate). Alors pourquoi provoquer une dichotomie entre les gens? Pourquoi parce qu'une personne est riche se doit de payer plus cher son assurance santé pour un service identique? Tout simplement parce que les pauvres payeront très peu cher, sont davantage sujets aux maladies, seront très nombreux et qu'il faudra bien que les compagnies d'assurance continuent de faire des bénéfices pour pouvoir exister et assurer les gens. Les riches payeront pour les plus pauvres. Les Etats-Unis ont fait un pas vers la social-démocratie. 

En guise de conclusion sur ce sujet, je souhaiterai exprimer un regret. Il existe des systèmes en Europe dont les prix sont libres et les compagnies, privées. Je pense à la Suisse. Pour une personne de 30 ans, en bonne santé, avec une assurance de base et une complémentaire haut de gamme, cela revient 320 chf par mois, soit 200 euros et ce quelque soit votre salaire. Pour la plupart des Suisses, l'équivalent en France leur couterait plus cher! Entre la Sécu (charges salariales plus patronales) et leur complémentaire ils payeraient plus cher et je n'ai pas souvenir d'avoir vu des suisses mal soignés... Les USA ont donc créé un système social démocrate qui amènera pas mal de problèmes, tout comme ici en France, les banqueroutes de compagnies d'assurances arriveront un jour, la charge des plus pauvres n'étant plus soutenable par les efforts des plus riches. Un accès à une assurance maladie n'est pas un droit, c'est un luxe qui nous semble être un droit à nous français. En devenant un droit l'assurance maladie encourage les abus nous avons un sentiment de gratuité des soins alors que c'est loin d'être le cas. Je suis de ceux qui pensent que du droit (et plus particulièrement les droits naturels de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789) découle la loi, pour moi tout autours de moi est un luxe, un luxe qu'il faut avoir les moyens de se payer et pour cela il faut travailler, produire. Les Français ont oublié ces notions et c'est pour cela que notre société s'étiole petit à petit.
Je voudrais terminer ce billet avec un texte que j'ai lu sur la chronique agora concernant le problème grecque et le manque de moyens apporté par les allemands. Je vous donne le lien et vous comprendrez peut-être pourquoi les allemands rechignent tant à aider les grecques:

Je suis assez au courant de ce qui se passe en Grèce ayant un ami grecque qui me relate les évènements que connait le pays en ce moment. L'état grecque augmente les taxes: 
- une maison de plus de 150 m2 -> luxe -> taxe
- deux voitures -> luxe -> taxe
- plusieurs résidences -> luxe -> taxe
- hausse de la TVA
- pas de 14 ème mois pour les retraité (certains sont descendus dans la rue réclamer du pain, vous avez bien lu, pas de l'argent, DU PAIN!)
- augmentation de la taxe sur les carburants
- augmentation de la taxes sur les cigarettes
- augmentation des impôts

Tout cela pend au nez des français, un jour il faudra payer la dette, un jour il faudra faire face à ce que les générations plus âgées nous laissent, il faudra se serrer la ceinture et nous seront les premiers à moins bien vivre que nos parents et cela se sent aujourd'hui. Il y aura un nivellement par le bas, les riches partiront de ces pays enfers fiscaux, les classes moyennes n'auront pas d'autre choix que de rester et payeront jusqu'au dernier sous un modèle de société inefficace depuis ses débuts. N'oubliez jamais que l'état a le monopole de la violence, pas celle physique, mais celle qui lui permet de vous imposer des choses et il vous imposera de plus en plus. La Grèce n'est que le premier d'une longue série d'états qui connaitront des problèmes et imposeront leurs citoyens jusqu'au dernier centime. La solution consisterait justement à libérer tous ces services publics, à les privatiser pour optimiser leurs fonctionnements, à baisser les taxes pour booster l'économie, à encourager l'implantation d'entreprises étrangères en baissant les taxes sur les sociétés mais les politiques obsédés par le pouvoir ne pensent qu'à imposer et non pas à libérer. En imposant autant, ils vont affaiblir encore plus l'économie, les citoyens et au final leurs rentrées fiscales seront moindres qu'attendus, le scénario est écrit à l'avance... Les Français feront la même erreur et ils la font déjà avec le déluge de taxes créées depuis quelques temps avec comme point d'orgue la taxe carbone que personne ne souhaite payer. Le désamour pour la politique et nos représentants est flagrant, il suffit de voir les taux de participation aux dernières régionales... La droite pense qu'il est normal qu'une personne paye 50% d'impôts, à gauche ils pensent que davantage serait une bonne chose, où sont ceux qui proposent une flat tax? où sont ceux qui proposent d'avoir le courage de tout changer? Ils n'existent pas, les français votent pour blanc bonnet et bonnet blanc, ils votent pour toujours plus de taxes, toujours plus d'état alors que celui-là même est responsable de leurs maux, ils le savent et pourtant il en demande toujours plus. A ceux qui pensent comme moi, partez, fuyez ce pays avant que vos vies ne se résument à être des contribuables.

mardi 16 mars 2010

Welcome to the jungle n°14

Bonjour à tous. Si je commence ce billet avec le magnifique et unique Karl (ironique) tenant une pièce de monnaie c'est justement car je vais aujourd'hui parler de la monnaie. Si j'ai tenté une petite forme d'humour dès le départ c'est parce que le sujet est assez compliqué et peu glamour à contrario des magnifiques mannequins de Karl lors de ses défilés.

La monnaie est une chose que nous utilisons tous les jours sans vraiment comprendre ses origines et son fonctionnement. Tout le monde connait les taux de change mais pas forcément comment ses taux de change fluctuent et pourquoi. La plupart des gens pensent que l'argent physique est le seul qui existe et que sur les comptes électroniques se trouve l'équivalent de cet argent physique. Il est temps de remédier à tout cela et de faire un billet à ce sujet pour que vous, chers lecteurs, soyez "aware" comme l'aurait dit Jean-Claude.

Afin de faire un petit survol rapide de la monnaie donnons-en la définition: La monnaie est un instrument économique dont la fonction essentielle est de servir de moyen de paiement. Elle facilite donc les échanges et la division du travail à un niveau très élaboré. Elle a également une autre fonction, celle de stocker de la valeur (épargne).

Bien sûr avec cette définition la monnaie vous semble toujours obscure mais ne vous en faîtes pas, je vais développer. La fonction moyen de paiement, tout le monde connait, nous faisons cela tous les jours. La division du travail en revanche peut-être moins. La division du travail est la caractéristique la plus intéressante de la société humaine (à mon sens). Chaque être humain de par ses aptitudes innées ou acquises parvient à satisfaire ses besoins en se spécialisant ou en s'associant afin de satisfaire de la façon la plus performante possible pour leurs propres besoins et ceux des autres. En ce qui concerne les autres cela implique un échange, le bien créé par le spécialiste doit être échangé contre autre chose (troc, monnaie). Vous comprenez donc que la monnaie permet l'échange de biens créés par des personnes ou des groupes de personnes spécialisés. Ces personnes ou groupes spécialisés ont pour but de créer des produits répondant à vos attentes. Les attentes des uns et des autres étant différentes de par votre nature, culture ou situation géographique, il existe une multitude de possibilité en biens à fournir. A chaque fois que vous vous procurez un bien, vous le payez, c'est en cela que la monnaie a favorisé la complexe division du travail que nous connaissons aujourd'hui. D'ailleurs, celle-ci ne cesse de se complexifier car il faut être de plus en plus spécialisé pour apporter une plus-value au bien ou service produit.

Maintenant que nous avons donné la définition de la monnaie, passons à son histoire. Depuis que l'homme vit en société et même certainement avant, il s'est attaché à ses biens. La notion de propriété est, par nature, une caractéristique de l'homme. Lorsqu'un autre voulait s'approprier le bien d'autrui, j'imagine qu'aux temps préhistoriques cela se faisait sous la forme d'une lutte, cette lutte nous l'avons modernisé avec la monnaie. Aujourd'hui plus besoin de mettre à mort une personne pour s'accaparer son bien. Ce qui est étonnant ,c'est que rapidement un étalon monétaire a fait surface dans tous les groupes d'humains, que ce soit sous forme de coquillages, de petites pépites de métal ou encore en choses utiles comme le sel. Bref, très rapidement l'homme a cherché à créer un moyen d'échange des biens qui soit uniformisé. 

Les premières traces de pièces de monnaies se trouvent chez les grecques anciens au IVème siècle avant JC. A la base, la monnaie a été crée car elle permettait de manipuler facilement de grandes valeurs qu'il aurait été difficile de manipuler en sel par exemple. La monnaie s'est imposé pour son côté pratique. Il est vrai qu'il est plus simple de se déplacer avec 3 pièces d'or qu'avec 20 kgs de sel, d'autant plus qu'à l'époque une grande partie de la population mondiale est encore peu sédentaire.

La deuxième invention a consisté en la monnaie papier, les billets. Les différentes banques rédigeaient des papiers sur lesquels étaient inscrits une valeur et assuraient que le possesseur du billet en question possédait son équivalent (ou davantage) dans les coffres de la dite banque. Lorsqu'une personne souhaitait s'acheter un carrosse par exemple, celle-ci ne voulant pas se balader dans les rues mal famées avec de l'or sur elle, elle préférait avoir un billet édité par la banque avec la valeur exacte du carrosse. Dans un sens chaque banque créait sa propre monnaie. On appelle cette monnaie, la monnaie-promesse. Une fois le billet perçu par le vendeur de carrosse, l'acheteur repartait avec le carrosse et le vendeur, lui allait à la banque réclamer son dû., billet en main L'employé de banque allait dans le coffre  de son client (l'acheteur)et prélevait la somme réclamée. le billet de banque est déjà utilisé en Chine au VIIIème siècle. Ce billet est en fait ce que l'on appelle en jargon bancaire: une dette payable à vue sous forme de métal ou d'autres biens.

Pendant très longtemps et ce jusqu'au XIXème siècle, les monnaies étaient bi-métalliques. Il existait des pièces d'or et d'argent. Les Etats se servent des deux selon leur stocks, mais les réseaux miniers n'apportent pas la stabilité nécessaire à l'expansion d'un économie déjà relativement globalisée, la monnaie papier et le crédit prennent donc le relai. A partir de là et ce jusqu'en 1914 entre en vigueur l'étalon or dit classique. Toute monnaie représente une valeur en or: une once d'or représente 20 dollars ou 4 livres sterling. les taux de conversions entre l'or et les monnaies est fixe et donc le taux de change entre les monnaies l'est également. Les monnaies sont stable et l'inflation artificielle de la monnaie n'existe pas (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui).

A partir de 1914 certains pays veulent se garder de la latitude par rapport à leur monnaie (en faisant marcher la planche à billet), d'autres souhaitent conserver l'étalon-or. A la fin de la deuxième guerre mondiale, les pays européens voient leur monnaie très dévalorisées par rapport à l'or à cause du coût de la guerre. En 1922 lors de la conférence de Gênes, seuls les USA conservent l'étalon-or, la Livre Sterling est basée sur le dollar US et toutes les monnaies européennes sont basées sur la Livre Sterling. Par la suite les anglais pressés par les autres pays européens abandonnent le change-or (basé sur le dollar) et augmentent artificiellement leur masse monétaire. En 1931, les américains (peuple) n'ont plus le droit de posséder de l'or, le dollar représente officiellement 1/35 d'une once d'or. Nous arrivons en 1944 et les accords de Bretton Woods selon lesquels les USA restent les seuls à garder l'étalon or et toutes les autres monnaies sont basées sur le dollar. le dollar devient la monnaie référence.

Sous Nixon, les Etats-Unis n'arrivent plus à garantir l'équivalence 1once d'or pour 35 dollars et dans le même temps, ils se refusent à dévaluer leur monnaie. Les USA abandonnent donc l'étalon-or. En 1973, le système de change flottant se met en place. Les valeurs des monnaies entre elles fluctue selon le système de l'offre et de la demande de façon libre. Les Etats se dotent de politiques monétaires plus ou moins convaincantes. Il n'existe plus de contrepartie à la monnaie émise, uniquement des reconnaissances de dette. 

Mais si depuis quelques paragraphes je parle de monnaies, je parle aussi beaucoup d'état. La monnaie n'a pas toujours été un privilège étatique, je dirai même qu'elle fut pendant très longtemps privée. Avoir la mainmise sur la monnaie accroit le pouvoir de l'état, c'est pour cela que la quasi totalité des banques centrales a vu le jour entre le XIXème et XXème siècle seulement. C'est donc très tardivement que les états se sont accaparé la puissance monétaire. En France l'histoire date de Napoléon Bonaparte. Le monopole de l'émission de monnaie fut donné à la banque de France qui était une des banques privées de l'époque. Elle avait soutenu financièrement son coup d'état et il faisait partie de ses fondateurs. Pendant longtemps elle resta privée, ce n'est qu'en 1945 qu'elle est nationalisée. Aux Etats-Unis, la banque centrale, la FED est privée depuis toujours (bien que très liée à l'état).

Alors pourquoi les états, si tard dans l'histoire, ont-ils souhaité s'accaparer ce pouvoir monétaire? L'abandon de l'étalon-or offrait de nouvelles perspectives: les états pouvaient enfin créer de la monnaie et  la manipuler autant que possible. il devenait alors simple pour les politiques de faire des politiques sociales soit en créant de la monnaie (inflation), soit en empruntant sur les marchés financiers (ce qui mena l'Argentine à la faillite en 2001). Notre social-démocratie actuelle est la conséquence de tout cela. Les politiques, pour être élus, doivent promettre le plus possible à une grande majorité. Cette majorité, quelque soit les pays, est toujours représentée par les classes sociales allant des pauvres aux classes moyennes inférieures. Pour être élus les politiques promettent l'intenable, mais se doivent de mettre en oeuvre certains processus sociaux coûteux afin de contenter ces masses qui seront à la base de leur réélection. Pour financer ces programmes, il faut de l'argent, le créer ou en emprunter en masse était très attractif pour les politiques afin de financer leurs programmes (et leur vie).

Il existe encore aujourd'hui quelques monnaies privée comme E-gold (très aboutie et basé sur l'or) ou encore le Liberty Dollar (plus simple et basé sur l'argent). D'un strict point de vue pratique, le contrôle de la monnaie n'est pas obligatoire à l'Etat, mais les politiques y voient une arme dont ils sont le bras et trouvent un grand avantage à contrôler cette arme. Napoléon qui, nous l'avons vu plus haut, a été le premier en France à contrôler la monnaie a dit:

"Je dois être le maître dans tout ce dont je me mêle et surtout dans ce qui concerne les affaires de la Banque, qui est bien plus à l'empereur qu'à ses actionnaires puisqu'elle bat monnaie."

Mais depuis quelques temps, les politiques sentent le vent tourner et ont tendance à se désengager de la monnaie, en Europe, c'est maintenant la BCE (réputée indépendante) qui gère l'Euro. Si la France avait eu encore le Franc, elle aurait dû le dévaluer au moins deux fois déjà. Bien sûr ,l'Euro n'a pas stoppé les déficits étatiques car, au final, cet euro n'est basé sur rien de concret si ce n'est l'offre et la demande sur les marchés financiers. Et nous arrivons là au cœur du problème, aujourd'hui, la valeur d'une monnaie est représentée par la confiance que l'on a en elle. Si les investisseurs ont plus confiance en le Dollar US, alors celui-ci s'appréciera par rapport à l'Euro. On investit dans une monnaie comme on le fait sur une entreprise, on doit avoir confiance. Un bon chiffre économique pour la zone euro, celui-ci va grimper par rapport au autres monnaies par exemple. Une monnaie fiduciaire (papier basé sur rien de concret) ne pourra retourner qu'à sa véritable valeur: le papier (cf. Welcome to the jungle n°13)

Après avoir fait l'historique de la monnaie et commenté certaines dérives actuelles, je vais tenter de vous expliquer comment la monnaie se crée. La première solution consiste en l'impression de monnaie papier, la seconde et la plus importante en terme de masse, c'est le crédit. 

Voici comment les banques créent de l'argent. Chaque banque commerciale possède ce que l'on appelle des fond propres, c'est-à-dire de l'argent qui lui appartient en son nom. Elle ne peut prêter qu'à hauteur x fois la valeur de ses fonds propres.

Prenons le cas d'un entrepreneur, celui-ci a un projet qu'il souhaite réaliser le plus rapidement possible et au lieu de mettre de l'argent de côté au fur et à mesure, ils souhaite demander l'obtention d'un prêt auprès de sa banque. Son projet étant rentable, selon la banque, il obtient son prêt: 100 000 euros avec un taux d'intérêt de 5% remboursable au bout d'un an. Cet argent est de l'argent nouveau qui est injecté dans l'économie. Durant cette année, notre entrepreneur va dépenser tout l'argent qui lui a été prêté afin de mener à bien son projet. Lorsque son projet est terminé, il va le vendre 130 000 euros, il remboursera le capital de 100 000 euros et les intérêts de 5000 euros à la banque. La banque va effacer de ses comptes les 100 000 euros, il y a donc un jeu de sommes nul pour l'économie. 100 000 euros dépensés, 100 000 euros détruits. La véritable création de monnaie se situe donc au niveau des intérêts.

La banque, va pouvoir ajouter 5000 euros à ses fonds propres et donc pouvoir prêter x fois plus. Donc plus la banque prête, plus elle peut prêter et plus elle crée de la monnaie.

Mais que se passe-t-il si le projet de notre entrepreneur ne se réalise pas et qu'il a dépensé l'intégralité de son prêt? Il n'y a pas de création de monnaie, la banque doit retirer les 100 000 euros de ses fonds propres et donc enregistrera une perte. dans ce cas là c'est un jeu nul pour l'économie uniquement. La création monétaire est donc dépendante de la production. Si vous contractez un emprunt, c'est que vous avez un emploi, donc que vous produisez quelque chose et que vous êtes rémunéré pour cela (vous vous rappelez au début du billet, la division du travail?? ça fait du sens maintenant non?).

Les banques ont donc un rôle majeur dans l'économie actuelle, elles permettent l'investissement par le biais de crédit. Mais il y a un autre acteur majeur dans l'octroi de crédits, ce sont les taux d'intérêts. Les taux d'intérêts directeurs sont fixés par la banque centrale et par les marchés financiers. (j'en avais parlé ici: Welcome to the Jungle n°3). Les taux d'intérêts fixent la quantité de monnaie qui va être créée mais aussi la future valeur des fonds propres des banques. Plus les taux d'intérêts sont faibles et plus un grand nombre de projets pourront être financés, plus les taux d'intérêts sont hauts, plus les banques financeront les projets à forts potentiels de rentabilité. Lorsque l'économie se porte bien, les taux d'intérêts peuvent monter, il y a de forte chances que beaucoup de projets aient un potentiel de rentabilité supérieur à celui du taux d'intérêt. De plus, Il y a moins de chances que le projet n'aboutisse pas. Lorsque l'économie se porte mal, alors les banques centrales baissent leurs taux d'intérêts afin que les banques prêtent davantage pour des projets moins rentables.

Si nous sommes au cours d'une période faste, avec des taux d'intérêts corrects, il y aura énormément de projets en attente de financement. L'accroissement de la production dépend de l'accroissement de la masse monétaire. En effet, la banque, pour prêter à toujours plus de projets, doit toujours augmenter ses fonds propres. Plus une banque prête des montants qui, s'additionnant, s'approchent de sa limite de prêt, plus elle recevra des intérêts et plus elle pourra prêter par la suite. 

Que se passe-t-il lorsqu'il y a stagflation ou récession? Le nombre de projets diminue, la banque continue de créer de la monnaie sur les emprunts concédés par le passé, mais commence à avoir des pertes dû à des faillites. Ses fonds propres augmentent toujours mais plus lentement, cependant elle peut toujours prêter plus d'argent mais comme il y a peu de projets ou bien qu'elle a peur de prêter, la banque a tendance à ne pas réinjecter les taux d'intérêts perçus dans le circuit économique.

Faisons le pont avec la crise des subprimes. Les banques ont enregistré des pertes colossales. leurs fonds propres ont fortement diminués, elles se sont vues dans l'obligation de stopper l'octroi de crédit, elles ne pouvaient plus dépasser le facteur de x fois le montant des fonds propres maximum pouvant être prêtés. Les banques centrales et les états sont intervenus massivement afin d'injecter de l'argent dans les fonds propres des banques pour qu'elles continuent de financer l'économie. les banques centrales ont fortement baissé les taux directeurs afin de faciliter l'accès au crédit pour des projets peu rentables mais le mal était là, la crise avait atteint l'économie "réelle" et la peur de faillites en cascade ne poussait pas les banques à prêter de l'argent, le risque était trop grand, même avec des taux d'intérêts très bas. 

Maintenant que vous y voyez un peu plus clair en ce qui concerne la monnaie, vous êtes en mesure de comprendre pourquoi la croissance économique est si importante. Elle permet la création de monnaie et donc l'augmentation de la richesse générale. Mais il ne faut pas que cette création soit trop importante car cela encouragerait une inflation trop importante. Si l'inflation devient trop importante, prêter son argent devient de moins en rentable. Si la banque prête à 3% mais que l'inflation est de 4%, il y a destruction de monnaie. C'est là que le rôle de la banque centrale est important. En fixant les taux d'intérêt, elle détermine à quelle vitesse l'économie doit rouler sans risquer une surchauffe du moteur, elle doit trouver le bon équilibre entre croissance et inflation, pour cela elle doit trouver le taux d'intérêt le plus adéquat à la situation.



Je terminerai avec une citation d'un économiste que j'admire tout particulièrement pour ses idées mais aussi sa capacité à les vulgariser: Frédéric Bastiat.
Il y a trop de grands hommes dans le monde; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l'humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s'occuper d'elle.


En espérant que ce billet vous ai plu, je vous souhaite une bonne fin de journée et on se retrouve la semaine prochaine avec des billets plus quotidien de nouveau.

dimanche 14 mars 2010

welcome to the jungle n°13

Bonjour à tous, je sais que je suis absenté presque trois semaines. Ceci a été du en partie à plusieurs facteurs trop nombreux pour être énumérés ici, mais décidément ce 13ème article ne voulait pas voir le jour! comme quoi le chiffre 13...

Mais revenons à ce pourquoi nous sommes ici, je reprendrai les portefeuilles dès dimanche et l'analyses des derniers en date aussi. Mais aujourd'hui je vais traiter de nombreuses choses qui pour certaines risquent de vous surprendre (je sais que j'avais promis une analyse un peu particulière des marchés mais elle est toujours en préparation). Ces dernières semaines les marchés sont montés, personnellement je ne m'y attendais pas du tout, je pensais que les marchés allaient cesser leur rebond n'ayant que peu de chiffres vraiment intéressants pour continuer cette phase bullish. Mais aujourd'hui cette rétrospective des trois dernières semaines n'est pas à l'ordre du jour. Je vais plutôt parler de l'Europe et de sa monnaie. Tout le monde le sait, l'Euro est avant tout une monnaie allemande, l'Allemagne a même sur son territoire le siège de la BCE présidée par Jean-Claude Trichet que l'on ne peut accuser de connivence avec la France tant il a fait maintes fois le contraire de ce que réclamait le président français. L'Allemagne est un pays qui possède une main d'œuvre qualifiée, de hautes performances dans le domaine de la recherche, une paix sociale due à un partenariat efficace entre syndicats et patronat et que dire de leur réseau industriel. L'Euro a bien servi les intérêts financiers de l'Allemagne. Malheureusement, le crise Grecque vient ternir un peu le tableau et dévoile au grand jour l'hétérogénéité de cette zone euro. De prime abord on peut se dire que l'Allemagne est le principal partenaire commercial de la Grèce mais en aucun cas cette même Allemagne n'aurait pour vocation de renflouer les caisse de l'Etat Grecque.

Et si l'Allemagne revenait à la Deustche Mark? Cela vous semble impensable? Pourquoi, parce qu'elle présente un meilleur bilan que les autres devrait-elle payer les pots cassés? Au nom de la solidarité? Certainement non. L'Allemagne est le principal moteur d'une Europe trop endettée et qui a joué les cigales pendant la dernière période économique prospère. Elle est le premier donateur au budget européen, elle n'a aucune raison d'en faire davantage. Ce n'est pas aux contribuables allemands de payer pour les errements grecques. La monnaie unique et l'Union Européenne ne sous-entendait certainement pas ça.

La solidarité comme notre époque la comprend consiste en une aide exclusive des plus riches vers les plus pauvres sans pour autant espérer une réelle volonté de la part de ces derniers à vouloir faire mieux. La logique voudrait que si l'Allemagne aide la Grèce, elle devra le faire pour tous les prochains pays qui connaitront les mêmes problèmes. Les autres pays peu enclins à avoir des budgets sains se sentiront pousser des ailes et continueront leurs folles dépenses et viendront, par la suite, demander l'aide de l'Allemagne ou d'autres pays de l'Union Européenne. Mais cela aurait également une autre conséquence, les pays les plus pauvres ne voudraient pas se développer trop vite de peur de se voir demander de l'aide de la part d'autres pays juste au moment où ils commenceraient à voir le bout du tunnel. Voilà pourquoi l'Allemagne DOIT maintenir son cap et ne pas aider financièrement la Grèce. Ce serait alors un nivellement par le bas qui guetterait tous les pays.

L'Euro fut une création politique pensée pour assurer une stabilité financière en Europe et contrebalancer le puissant dollar américain. Mais cette entreprise montre aujourd'hui que les politiques n'ont pas intégré tous les facteurs, notamment les différences entre les différents pays: culture, gouvernements, situation géographique, histoire monétaire. Je reconnais que cela aurait été un casse tête et qu'en cela le pacte de stabilité fait office de garde fou mais cette sécurité est en train d'imploser.

Je vous propose d'aller un peu loin dans cette analyse de notre monnaie. Avant l'apparition de l'euro fut l'Ecu. l'Ecu était un panier de monnaies européennes dont même la Livre Sterling faisait partie, les institutions européennes et les banques centrales s'en servait. l’ECU (pour European Currency Unit) a été créée en 1979 en même temps que le Système monétaire européen (SME) dans le but de donner aux pays membres de la CEE une zone de stabilité monétaire en limitant les fluctuations des taux de change entre les pays membres. (source: Wikipédia)

Mais qu'en est-il de son évolution face à la plus stable des monnaies: le franc Suisse? Avant d'aller plus loin je souhaite apporter quelques précisions. Le Franc Suisse a, depuis l'abandon de l'étalon or la monnaie Suisse est restée très stable par rapport aux autres monnaies. Pendant longtemps la banque centrale Suisse, la BNS, a possédé beaucoup d'or, c'est toujours le cas même si elle a vendu pas mal d'or il y a quelques années. Ensuite il faut bien comprendre que depuis l'abandon de l'étalon or, les monnaies perdent en permanence de leur valeur par un phénomène que tout le monde connait sous le nom d'inflation. Beaucoup d'économistes vous diront que l'inflation aux alentours de 1 à 2 % est le reflet d'une économie normale et c'est vrai, en tout cas dans un système monétaire comme le nôtre. En fouillant un peu sur le site la BNS on s'aperçoit que depuis 1979, année de la création de l'Ecu, le franc Suisse a perdu 46.6% de sa valeur de par l'inflation. Comparons donc à l'Ecu puis l'Euro:
année           EUR(Ecu)/CHF
dec 1979          2.30
dec 1981          1.90
dec 1984          1.80
juin 1987          1.65
dec 1991          1.90
dec 1995          1.48 (intervention de la BNS)
mars 1996        1.70
dec 2002          1.45
dec 2007          1.65
actuellement      1.45 (la BNS ne cesse d'intervenir)

La monnaie suisse a perdu 46.6% de sa valeur par l'effet de l'inflation, grâce à ces chiffres vous pouvze avoir une idée de ce que l'euro a perdu. de 2.30 en décembre 1979, nous ne sommes plus qu'à 1.45 et cela pourrait être pire si la BNS ne maintenait pas ce taux afin de sauvegarder les exports! Toutes les monnaies ont perdu du terrain en trente ans face au dollar, en fait elles ont belle et bien perdu énormément de valeur et avec notre pouvoir d'achat... Le plus insidieux avec l'inflation c'est qu'elle est invisible, c'est une sorte de taxe que personne ne ressent à court terme. Il y a plus grave, cette inflation touche davantage les plus pauvres, en effet, ils n'ont aucun moyen de se prémunir contre cette perte de valeur de leur monnaie, tandis que les plus riches ont accès à des placement plus rémunérateurs sur le long terme que l'inflation. En suisse, l'inflation moyenne depuis 1936, date de l'abandon de l'étalon or, le franc Suisse a perdu 87% de sa valeur, c'est à dire une inflation d'environs 2.9% par an.

Mais allons plus loin encore dans le temps. Il existe des statistiques (difficiles à trouver) sur le change entre les monnaies sur le très long terme. Je vous ai dit que la monnaie la plus stable du monde restait le franc Suisse, vous allez maintenant comprendre pourquoi. De 1815 à 1915 la parité franc français - franc suisse était fixe, en 1915 cette parité tombe et pour la suite je vous laisse découvrir...













Le franc français ne vaudrait presque plus rien face au franc suisse aujourd'hui. Mais que vaut l'euro alors? Eh bien toutes les monnaies basée sur du néant retournent au néant, c'est ce que beaucoup d'économistes s'amusent à dire. A cela viennent s'ajouter le problème de la dette, si la monnaie perd de sa valeur, alors la dette devient de moins en moins difficile à supporter pour les états. Une dette émise il y a 30 ans pour 100 millions ne représenterait plus grand chose aujourd'hui, que sont 15 millions d'euros? En 1980 la dette de l'état français était de 90 milliards d'euros (et la dette était quasiment à 100% sur le dos de l'état, depuis est venue la décentralisation et son étalement de la dette). L'inflation fait donc le jeu des états sur le long terme et pénalise ceux qui n'ont pas les moyens d'investir avec des rendements supérieurs à cette même inflation.

La monnaie est un des fondamentaux des économies, certains pays pensent pouvoir "jouer" avec et d'autres, comme l'Allemagne ou encore la Suisse, sont beaucoup vertueux et ont compris que leur monnaie restait une arme économique au pouvoir non négligeable.

Il est souvent admis que les pays qui atteignent une dette équivalente à 90-100% du PIB commencent à connaître des problèmes sociaux et financiers. D'ailleurs, on le voit bien, ceux qui ont des problèmes actuellement sont ceux dont la dette publique a rejoint ces sommets, à l'exception de l'Espagne qui elle connait une crise immobilière grave. Beaucoup de pays ont souhaité s'immiscer dans l'économie par des plans de relances qui auront des répercutions sur le long terme. Toutes ces dettes accumulées depuis 30 ans et plus particulièrement récemment vont peser sur les économies de ces pays pendant très longtemps. On peut donc penser que lorsque l'économie se portera bien de nouveau, leur croissance sera bien moindre à celle qu'ils auraient pu envisager avec une dette plus faible. Beaucoup d'états risquent de faire défaut et donc être en faillite, cela s'est produit par le passé et se reproduira, les USA pourraient être de ceux-là tout comme la France d'ailleurs.

Les politiques, pour être élus, se doivent de toujours promettre davantage aux plus faibles (et majoritaires). Imaginez (tout du moins en France) que les politiques soient élus pour leur programme d'austérité. Impossible... par contre promettre le plein emploi, plus de moyens pour tous et toujours plus que l'adversaire cela est monnaie courante. Ces attitudes ont mené les états vers des endettements majeurs, le plus amusant et de distinguer le clivage Nord/Sud. Les pays du Nord  de l'Europe sont beaucoup plus attentifs quand à leurs finances publiques, les pays du Sud de l'Europe sont eux très endettés et leurs populations réclament, en général, plus d'intervention de l'état pour réparer les tords que ce même état a créé avec des gouvernements précédents.

Depuis quelques temps déjà plusieurs états reçoivent des warnings de la part des agences de notations qui commencent à s'inquiéter de la possibilité de certains états comme la France et les USA à pouvoir rembourser leur dette. Ils pourraient perdre leur note AAA si rien n'était fait. Si cette note venait à baisser, les taux d'intérêts monteraient et le montant des remboursements deviendrait de plus en plus insupportables pour ces états et ils rentreraient dans un engrenage dont il serait très compliqué de sortir. En ce qui concerne la France ce serait quasi impossible car le poids de l'état dans l'économie est tel que sans lui ou avec une réduction drastique de son budget beaucoup se retrouveraient sans moyens. Vous l'aurez compris, je reste assez pessimiste en ce qui concerne la France et quelques autres pays européens et je pense que l'Allemagne l'a bien compris. Mais cette crise pourrait être le moyen pour l'Europe de montrer son unité ou alors ses disparité, sa monnaie: l'Euro pourrait être une des victimes d'un futur qui ne sera pas forcément heureux.