lundi 26 avril 2010

Welcome to the jungle n°17

Bonjour à tous. Aujourd'hui les marchés se relèvent de plus de 1% et cela peut sembler étrange. Les états se portent mal, l'euro perd du terrain face à un dollar malade, il n'y a que des problèmes, alors pourquoi donc les bourses sont-elles dans le vert? Ai-je parlé d'entreprises et de business ici? Non et ce à aucun moment. Les entreprises ne se portent pas trop mal, ce n'est pas merveilleux mais ça va. Par contre les états... Comme je le disais hier, les états se portent mal, bien mal. Nos amis portugais et espagnols dont les chefs d'état sont en photo sont tout heureux d'annoncer que tout va bien et je vous encourage à... ne pas les croire.

Lorsque les politiques commencent à se justifier, c'est en général mauvais signe, c'est à ce moment qu'il faut quitter le navire et rejoindre à la nage, tant bien que mal et advienne que pourra, une rive proche et sûre. En ce moment les rives proches et sûres sont difficiles à trouver mais il en reste. La Grèce et ses 300 milliards de dette n'est qu'une petite joueuse face à l'Espagne ou la France. Si nous prenons la France nous en sommes à 1500 milliards d'euros de dette ce qui constitue 24 000 euros de dette par habitant et cela ne représente que l'état français, pas les collectivités locales! Je vous laisse imaginer l'étendue des dégâts et le mille-feuille délirant de la dette française.

Comment en est-on arrivé là? Au commencement il y avait un économiste Lord John M. Keynes, mathématicien, économiste qui fut le père de ce que nous appelons la social-démocratie. Keynes qui se plaisait à dire qu'à long terme nous serrons tous mort (très optimiste comme vision) pensait à court terme, l'état se devait d'intervenir afin de débloquer des situations inextricables comme lors de grandes crises. Par le Keynesianisme, l'état se trouvait une nouvelle place, plus importante et plus large que jamais. Nos politiques appliquent à la lettre et parfois davantage (version Marxiste). Keynes remettait l'état au centre, reléguant les autres entités à de simples subalternes. Les pensées économistes de Keynes reflètent parfaitement notre monde d'aujourd'hui: intervention de l'état absolument partout, visions court terme permanente (après nous le déluge), politique monétaire fondée sur les banques centrales, etc... Oui, nous vivons dans un monde comme celui-là: les états sont extrêmement présents dans la vie des peuples (bien trop présents), la vision court terme est omniprésente (il suffit de voir comment réagissent nos politiques par rapport à l'actualité) ou la dictature du fait divers, les banques centrales mènent le jeu monétaire dans le monde. Même s'il est considéré comme le père de la macroéconomie, Keynes n'en reste pas moins un économiste peu brillant (à mon sens), ceux qui s'inspireront de ses travaux feront parfois bien mieux d'un point de vue scientifique.

De l'autre côté de la barrière, nous retrouvons les libéraux comme Hayek, Mises, Hoppe, Friedman, etc... (dans le lot il y a des prix Nobel) qui sont en total désaccord avec la théorie de Keynes. En effet, lors d'une crise, Keynes pense que l'état doit absolument intervenir et remettre de la liquidité dans la machine économique, le plus souvent en utilisant la dette. Les Autrichiens et monétaristes de l'école de Chicago sont plutôt d'un autre avis. La crise survient, l'état intervient en alimentant les réseaux économiques d'argent afin que les liquidités ne manquent pas, les banques centrales abaissent leurs taux directeurs pour que la machine crédit ne s'arrête pas. Cela permet deux choses, la première c'est sauver du naufrages certaines entreprises (triées sur le volet par l'état si vous voyez ce que je veux dire) et de permettre au gens même les plus pauvres, de s'endetter toujours et encore afin de consommer, encore consommer. La consommation n'est plus une affaire d'épargne mais de dette. Commencez-vous à comprendre à quel point ce que vous pensiez être du libéralisme n'en est pas? La société est tout sauf libérale elle est Keynesienne! Les crédits à la consommation pour vous permettre de toujours plus consommer sans vous soucier du lendemain car au final nous seront tous morts est une stricte représentation de la doctrine (et non pas idéologie) Keynesienne. Pour les libéraux autrichiens (dont je ne me cache pas partager les opinions) qui nous révèlent que ce n'est pas de la crise qu'il faut avoir peur mais de la bulle qui la précède car tout ou tard elle éclatera.

Reprenons notre scénario, la crise survient, les états s'endettent, les banques centrales abaissent leurs taux directeurs. Cela a pour effet de favoriser l'inflation (cet impôt invisible), les liquidités affluent dans l'économie, la création monétaire via le crédit est énorme, la demande augmente, augmente, les biens en production aussi mais en quantités finie, il faut donc produire davantage, investir pour cela et au final? L'économie se porte mieux mais l'inflation devient difficile à supporter, il faut remonter les taux, la demande diminue, l'offre ne régresse pas, les prix s'effondrent, il faut s'arrêter de produire autant mais les crédits continuent de courir sans rentrées d'argent, c'est la faillite et tout va de mal en pis, boom c'est de nouveau la crise! Et de nouveau intervention de l'état pour sauver les banques, les promoteurs immobiliers, etc...

Oh vous vous dites que j'exagère, très bien, la preuve par l'exemple alors!
Prenons le cac40:

Regardez bien ce graphique que j'ai étendu. Prenons la résistance (la ligne droite) et regardons le point 1. la bulle débute en Mars 97, durant l'été 2000 on arrive à l'apex (2) et on bute de nouveau sur la résistance (3) en Mars 2003, c'est-à-dire 6 mois jour pour jour après le début de la bulle. A partir de Mars 2000, les états empruntent pied au plancher, les taux sont ridiculement bas, regardez le graphique qui suit:

Les taux baissent rapidement après que l'on ait atteint l'apex en 2. Lorsqu'on arrive en 3 les taux directeurs sont très bas à 1% mais regardez encore un exemple frappant de ce que je vous expose avec en plus l'évolution de la dette en France:

Quand nous sommes au point 3, la France emprunte beaucoup, une fois les marchés et l'économie en meilleure posture à partir de mars 2003 commence donc la nouvelle bulle, le champagne à la fraise (excellent cocktail) est idéal, c'est le cocktail à bulles: taux trop bas, intervention de l'état par la dette, inflation menaçante. nous arrivons en Juin 2007 (tiens encore pendant l'été...) au point 4 qui constitue l'apex de la bulle. La crise fait ses premiers pas et les marchés atteignent leurs plus bas en, je vous le donne en mille, MARS2009 c'est à dire 6 ans presque jour pour jour après le début de la bulle. Là encore, intervention massive des états (qui ne sert pas à grand chose, soyons objectifs, les banques ont remboursé un an après sans problème), les taux directeurs sont presque à 0! On recommence à reparler d'inflation, l'économie repart un peu mais prochainement on devrait avoir une correction. Pour le reste je prévois, je joue à Madame Soleil et si les états ne sont pas mis à terre ce coup-ci, ils le seront au prochain tour dans 5 ans. Vous pouvez voir sur le graphique du CAC40 que je poursuis le graphique moi-même et vous divulgue (en exclu mondiale) ce qui pourrait arriver sii l'on suivait ce qui s'est passé depuis 1997.

Vous remarquerez que les apex ne sont pas à la même hauteur, c'est normal entre les deux crises, les économies se sont affaiblies et ne pourront jamais revenir aussi puissantes, le troisième apex sera plus bas que les deux précédents. Mais ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir à quel point l'endettement des états et les politiques trop laxistes de banques centrales créent de nouvelles bulles qui sont les bases des crises qui s'en suivent.

En ce qui me concerne, je pense que Keynes avait tord, que les autrichiens comme Hayek avaient raison


Voici la vidéo qui résume bien ce qui oppose les deux visions de l'économie en rap sur de la bonne musique et finalement résume parfaitement la situation. Pour les plus connaisseurs d'entre-vous, vous remarquerez que dans le discours de Keynes, il y a une allusion à un économiste français oublié en France mais pas aux USA et Angleterre: Frédéric Bastiat et son célèbre "ce qui se voit et ce qui ne se voit pas" avec la vitre brisée: texte ici
Voici une autre video d'un autre prix Nobel d'économie, Milton Friedman, c'est simpliste, mais résume aussi bien ce qu'est le marché et ce qu'il peut apporter.


N'oubliez pas ce que l'on présente comme de l'ultra-libéralisme (on n'a jamais parlé d'ultra-socialisme mais ultra fait peur, son utilisation s'est donc révélée comme évidente) n'est en fait que du Keynesianisme pur et simple. Ne vous laissez pas berner par ces médias de masse, ne croyez pas toujours ce qui vous est dit. D'ailleurs s'il est une chose que vous tenez pour acquise, c'est bien votre liberté, le libéralisme n'est que l'expression de celle-ci en terme philosophiques et économiques.

Bonne fin de journée à tous!

« Laisser la loi aux mains de gouvernants élus, c'est confier le pot de crème à la garde du chat. »
F.A. Hayek

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