mercredi 12 mai 2010

Welcome to the jungle n°24

Bonjour à tous. Hier soir, en passant devant ma bibliothèque, un livre a attiré mon attention. Ce livre a été écrit par un certain Sun Tzu. Vraisemblablement il serait plutôt un recueil d'articles rassemblés dans un même et unique ouvrage. Cet ouvrage c'est l'art de la guerre. Ce livre qui traite de la stratégie militaire date du Vème siècle avant J.C.. Je me suis replongé dans la lecture de ce livre par pur hasard et dès la première phrase, une chose m'a choqué. J'ai poursuivi ma lecture et très souvent j'ai trouvé des analogies avec ce qui se passe actuellement. L'art de la guerre n'est pas uniquement un manuel de guerre, c'est aussi un manuel pour le business ou la vie en général que je saurai que trop vous encourager à lire. Le texte est court et vous l'aurez lu dans la journée mais le but est de transposer les écrit avec des exemples pris dans votre vie. Lors de la première lecture, il y a de cela quelques années, je pensais aux entreprises, aujourd'hui j'ai pensé aux états. Je ne vais pas reprendre tout le livre ici, le but n'est pas là et cela serait une entreprises bien trop fastidieuse (mais faisable), je vais donc me contenter de reprendre quelques passages.

L'art de la guerre débute par cette phrase: "Sun Tzu dit: La guerre est d'une importance vitale pour l'État."
Il y a 2500 ans, déjà l'état était déjà le cœur du problème, le cœur des discordes. Le reste du paragraphe se poursuis comme ceci:
"C'est le domaine de la vie et de la mort: la conservation ou la perte de l'empire en dépendent; il est impérieux de bien le régler. Ne pas faire de sérieuses réflexions sur ce qui le concerne, c'est faire preuve d'une coupable indifférence pour la conservation ou pour la perte de ce qu'on a de plus cher, et c'est ce qu'on ne doit pas trouver parmi nous."
 Nos gouvernants partent à l'attaque des marchés, ils ont voulu montrer leur force, montrer qu'ils étaient encore au gouvernail du navire et que grâce à eux, celui-ci continuerai  de voguer dans la bonne direction. Les réflexions ont-elles été suffisamment sérieuses? Ou ont-ils fait preuve d'indifférence à l'égard de leurs populations en choisissant de prendre un immense risque monétaire? Beaucoup ont le sentiment que ces décisions majeures sont prises à la hâte, sous la pression, sans la réflexion nécessaire au succès d'une telle entreprise, je partage leur avis.
"Cinq choses principales doivent faire l'objet de nos continuelles méditations et de tous nos soins,..., Si nous voulons que la gloire et les succès accompagnent nos armes, nous ne devons jamais perdre de vue: la doctrine, le temps, l'espace, le commandement, la discipline."
  Prenons ces cinq choses une par une si vous le voulez bien:
"La doctrine fait naître l'unité de penser; elle nous inspire une même manière de vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans la mort."
La doctrine pourrait être ici la doctrine économique que nos dirigeants appliquent depuis 30 ans, le Keynesianisme. Dans son ouvrage économique, sorte de bible de la social-démocratie, Keynes indique que lors de crises, les états doivent intervenir et injecter des fonds dans l'économie afin de la soutenir. Cette doctrine économique qui n'a jamais fonctionné mais dont nous voyons le résultat aujourd'hui: dette à tous les étages: communes, région (ou autres appellations), états et maintenant au niveau européen. Partout on vous parle de la dette, qu'elle et immense, que font les dirigeants lorsqu'ils se trouvent face au problème? ils pratiquent la fuite en avant. Mais ils ont une doctrine et s'y tiennent. Continuons.
"Si nous connaissons bien le temps, nous n'ignorerons point ces deux grands principes Yin et Yang par lesquels toutes les choses naturelles sont formées et par lesquels les éléments reçoivent leurs différentes modifications; nous saurons le temps de leur union et de leur mutuel concours pour la production du froid, du chaud, de la sérénité ou de l'intempérie de l'air."
Le temps est exactement ce dont les gouvernants ont constamment besoin. N'avez-vous jamais remarqué que le temps est toujours ce qu'ils demandent? "Il faut prendre le temps de la réflexion, du débat". Maîtriser le temps est un art dans lequel nos politiques sont plutôt bon. Par contre au niveau du "timing" dans les réactions ils sont généralement lents à agir, cela pour gagner du temps, toujours plus de temps jusqu'à l'inévitable.
"L'espace n'est pas moins digne de notre attention que le temps; étudions le bien, et nous aurons la connaissance du haut et du bas, du loin comme du près, du large et de l'étroit, de ce qui demeure et de ce qui ne fait que passer."
L'espace est une chose que nos gouvernants ont de plus en plus de mal à maîtriser, la mondialisation s'accélérant, leur territoire juridictionnel apparait comme bien exigu face à l'immensité du monde, c'est donc à partir de ce troisième principe que tout commence à basculer.
"J'entends par commandement, l'équité, l'amour pour ceux en particulier qui nous sont soumis et pour tous les hommes en général; la science des ressources, le courage et la valeur, la rigueur, telles sont les qualités qui doivent caractériser celui qui est revêtu de la dignité de général; vertus nécessaires pour l'acquisition desquelles nous ne devons rien négliger: seules elles peuvent nous mettre en état de marcher dignement à la tête des autres."
Le commandement, tellement de chefs, d'élus, de présidents, de directeurs, les plus haut placés ne commandent pas, ils s'adaptent continuellement à l'opinion, ils n'ont pas d'amour pour leur citoyens, ils les méprisent dès qu'un vote ne leur est pas favorable et de toute façon la plupart du temps.Le courage, les politiques courageux ne sont pas ceux qui prennent des décisions, sinon les choses seraient différentes, ils auraient eu le courage de dire il y a bien longtemps que l'état providence à ce rythme là était intenable. La rigueur, si c'est celle qui consiste à laisser filer les comptes publics, alors ils en ont, mais ce n'est pas cette rigueur là dont il est question. La science des ressources, entendez la gestion des finances ici, lamentable. Le commandement est donc de piètre qualité.
"Aux connaissances dont je viens de parler, il faut ajouter celle de la discipline. Posséder l'art de ranger les troupes; n'ignorer aucune des lois de la subordination et les faire observer à la rigueur; être instruit des devoirs particuliers de chacun de nos subalternes; savoir connaître les différents chemins par où on peut arriver à un même terme; ne pas dédaigner d'entrer dans un détail exact de toutes les choses qui peuvent servir, et se mettre au fait de chacune d'elles en particulier. Tout cela ensemble forme un corps de discipline dont la connaissance pratique ne doit point échapper à la sagacité ni aux attentions d'un général."
La discipline, elle n'existe pas, notre président a de plus en plus de mal à contenir l'ambition de certains de ses généraux, les troupes ne savent plus qui suivre. Longtemps Sarkozy a tenu les députés pour des machines à voter, son dédain lui en coûte beaucoup aujourd'hui. Il tente de redevenir le chef  en faisant plus attention à ses subalternes mais le mal est fait, la discipline a quitté les rangs de l'UMP, trop de petits chefs, trop de volontés de se voir président à la place du président.

Dans peu de temps (le temps justement) il ne maitriseront plus aucun de ces cinq points. La doctrine? Ils devront en changer contraints et forcés par les évènements à venir: difficultés à rembourser la dette, services publics trop chers et peu efficaces, etc... Le temps? A force d'en gagner par années, puis par mois, ils finissent aujourd'hui à n'avoir que des jours gagnés afin de prendre les décisions dont aucune population ne veut. Il arrivera un jour où il ne leur restera plus que des heures, des minutes...
"Les connaissances que je viens d'indiquer vous permettront de discerner, parmi les princes qui gouvernent le monde, celui qui a le plus de doctrine et de vertus; vous connaîtrez les grands généraux qui peuvent se trouver dans les différents royaumes, de sorte que vous pourrez conjecturer assez sûrement quel est celui des deux antagonistes qui doit l'emporter; et si vous devez entrer vous-même en lice, vous pourrez raisonnablement vous flatter de devenir victorieux."
Oui grâce à un texte vieux d'au moins 2500 ans nous pouvons dire que nos dirigeants sont mauvais, n'ont aucune vertus sauf celle qui consiste à mentir, promettre du vent, pour arriver au Graal: le pouvoir. Mais une fois que l'on a le pouvoir, il faut en être digne, est-ce le cas de nos dirigeants? Posez-vous la question.
"Je suppose encore que vous avez mille onces d'argent à distribuer aux troupes chaque jour, et que leur solde est toujours payée à temps avec la plus rigoureuse exactitude. Dans ce cas, vous pouvez aller droit à l'ennemi. L'attaquer et le vaincre seront pour vous une même chose."
L'armée de fonctionnaires qu'il faut pour instruire les populations, l'armée de fonctionnaires pour contrôler et prélever les impôts, etc... C'est cette armée là dont je parle, l'état la traite le mieux possible: retraites en avance, sécurité de l'emploi, salaire qui augmente avec le temps et non le mérite.
"Je le répète: On ne saurait tenir les troupes longtemps en campagne, sans porter un très grand préjudice à l'État et sans donner une atteinte mortelle à sa propre réputation."
Les hordes de fonctionnaires sont au combat depuis des années, les grèves, elles ont un pouvoir ravageur sur la réputation des soldats, non, sur l'état. S'ils sont en grève c'est parce que l'état ne leur donne pas ce qu'ils demandent. Lors de grèves de la SNCF, il n'y a jamais eu d'attaques physiques contre des grévistes, maintenant vous comprenez pourquoi. 
"Sun Tzu dit: Généralement, le commandement du grand nombre est le même que pour le petit nombre, ce n'est qu'une question d'organisation. Contrôler le grand et le petit nombre n'est qu'une seule et même chose, ce n'est qu'une question de formation et de transmission des signaux."
L'organisation de la fonction publique est tellement mauvaise que l'état ne peut même plus contrôler tout ses fonctionnaires, il n'est pas non plus capable de donner un chiffre précis concernant leur nombre (véridique). Par exemple lorsqu'une directive d'un ministre de l'éducation nationale demandait la fin de la méthode globale, la mise en application par les directives internes n'ont jamais supprimé cette méthode, le général n'a pas d'autorité sur les troupes.

Nous pourrions continuer comme cela avec beaucoup de passages du livre mais une chose est certaine, ils ont déjà perdu. Ils ont tout lâché dans la bataille avec l'idée de gagner, livrer 750 milliards d'euros aux marchés ne les a pas calmé, loin de là. Il ne leur resteque peu de cartouches et chacune d'elle est moins puissante que la précédente, contre des marchés peuplés de soldats, entrainés, instruits, disposant de procédures qu'il suivent à la lettre, ils connaissent la topographie et les méandres des marchés. Ils disposent des outils, des moyens, ils ne désirent qu'une seule chose: qu'on leur rendre l'argent qu'ils ont prêté et pour cela ils sont prêts à tout, nos gouvernants n'ont pas le courage politique d'annoncer ce qui s'impose: une diminution extrême du coût de l'état. Les tenants des marchés perdront quelques batailles peut-être mais pas la guerre. Ceux qui pâtiront de cette guerre seront les contribuables, ceux à qui l'on prendra tout: retraites inexistantes, impôts, inflation, taxes. S'ils faisaient ce qui devrait être fait, ce serait un aveu d'échec et leur pouvoir ne serait plus qu'insignifiant. L'oligarchie qui compose le pouvoir se refuse à le perdre et même au sein de cette oligarchie, regardez lorsque l'on essaie de transférer des compétences à une autre juridiction, c'est immédiatement que les généraux se sentent en danger et se plaignent aux médias.

"Quel est celui de nos livres qui ne fait l'éloge de ces grands ministres! L'Histoire leur a-t-elle jamais donné les noms de traîtres à leur patrie, ou de rebelles à leur souverain? Seul le prince éclairé et le digne général peuvent gagner à leur service les esprits les plus pénétrants et accomplir de vastes desseins."

mardi 11 mai 2010

Welcome to the jungle n°23

Bonjour à tous. Hier les marchés ont eu des performances peu communes en Europe, parfois plus de 10%. On pourrait penser que cela est le fait de la décision des pays européens de mettre plus de 750 milliards sur la table en guise de garantie pour l'euro. Mais (oui j'aime bien les mais ces derniers temps) il semblerait que cela n'était en partie qu'un "rebond" en partie technique. Déjà hier en milieu de journée, je regardais l'euro et je le voyais perdre toute l'avance qu'il avait prise jusque là dans la journée. Je trouvais cela étonnant. Les pays européens et leur annonce avait boosté les marchés actions, pourquoi pas l'euro? Ma réponse est venue, une fois n'est pas coutume de Monsieur Crottaz ( billet à lire ici). Tout comme moi, il pense que cette hausse assez incroyable est en partie due à ceux que nos chefs d'états ne portent pas dans leur coeur en ce moment, je veux bien sûr parler des spéculateurs. Vous savez, les spéculateurs, ceux qui achètent un bien à prix modique et qui espère le revendre plus cher pour engranger un profit, tout comme votre boulanger, votre fleuriste (c'est inoffensif un fleuriste et pourtant c'est un méchant spéculateur), votre garagiste, etc...

J'attendais les premiers échanges aujourd'hui pour voir un peu ce qui allait se passer, pour vous dire la vérité je tablais plutôt sur une chute demain mais elle semble en avance et l'eurostoxx perd 2,27% à l'heure où je vous écris. On pourrait penser à une prise de profit, très bien ce pourrait être la cause de cette chute, mais à mon avis elle est d'une autre nature, les marchés sont bear! Il suffit de voir l'euro qui continue sa descente au enfers face au dollar, franc suisse et même face à la livre sterling (et on ne pas dire qu'elle soit au mieux). les millions mis en garantie ne suffisent pas, les investisseurs fuient l'euro et à juste titre.

L'Euro à été une monnaie voulue par le politique pour, dans un sens, associer les européens autour d'une même monnaie, une volonté fort louable mais qui n'émanait pas vraiment d'une nécessité économique. Que d'argent claqué pour une invention qui n'était pas nécessaire à 100%! D'ailleurs on ne sait toujours pas trop comment cet argent va arriver sur la table, à mon avis, il devrait y avoir une partie provenant de dettes contractées sur les marchés et une autre (plus massive) de pure création monétaire. La deuxième option que je viens d'évoquer est plutôt préoccupante. Admettons que ce sont près de 500 millions d'euros qui sont créés d'un coup par la BCE, on peut imaginer que l'inflation reviendra (ce qui arrange les états mais pas vous), les taux directeurs devront remonter afin de contenir l'inflation et cela exclura une partie de la population des prêts. Avec tout cet argent disponible, une bulle devrait se former quelque part (reste à savoir laquelle et là il y a des sous à faire) et elle éclatera! L'immobilier devant le peu de vente verra ses tarifs fondre et ce sera de nouveau la crise. je simplifie, c'est certain mais cela reste un scénario possible.

Hayek l'avait bien dit, ce n'est pas de la crise qu'il faut se méfier, c'est du boom. Le boom met en place la crise qui survient forcément après. Finalement cela rend le jeu économique bien plus simple quand on connait les vrais règles, il suffit d'anticiper légèrement et vous gagner un maximum. Si l'argent de la garantie est grandement créé par la BCE, alors il y aura de l'inflation en zone euro, l'euro baissera et nous aurons beaucoup de mal à acheter les écrans plats de nos amis coréens.Il faut bien comprendre, l'inflation permet aux état d'avoir une dette qui diminue avec le temps mais vous, vous voyez votre pouvoir d'achat s'étioler au fur et à mesure.

Comme je l'avais dit hier, nos dirigeants jouent avec notre argent, nos vies sans que JAMAIS ne soit remis en question leur responsabilité. Il ne vous est jamais donné l'occasion de vous exprimer, de faire barrage ou quoi que ce soit. Que vous le vouliez ou non, vous paierez non seulement pour votre propre dette mais en plus pour celle des autres, c'est ça la solidarité européenne! Dans un sens, ce plan nous fera cuire à petit feu, d'ici là nous avons le temps de nous retourner, d'aller chercher des pâturages plus verdoyants mais pour cela il faut savoir ce qui se prépare, il faut accepter les réalités économiques! Cette dette accumulée devra être payée, il n'est pas certain que les génération comme la mienne ou les prochaines acceptent de payer parce que leur parents n'ont pas su faire les bon choix. Mais éviter de payer cette dette astronomique est possible, il suffit de quitter la France pour un pays au sein duquel la retraite par capitalisation existe. Tient les retraites parlons-en, c'est à la mode! En ce moment est lancée le débat sur les retraites, comment faire pour les payer alors que le trou abyssal qui commence à poindre le bout de son nez semble se diriger vers les... ah oui quand même... 2500 milliards d'euros dans... 30 ans? quand je prendrai ma retraite? ah c'est bête. Vous vous dites comment un système de retraite peut-il tomber dans le rouge? Laissez-moi vous éclairer, c'est rapide. Vous vous rappelez le montage ponzi? L'affaire Maddoff? il payait les dividendes avec l'argent des personnes rentrantes dans son fond d'investissement et bien là c'est pareil avec la retraite par répartition. Lorsqu'elle fut créée la retraite par répartition pouvait fonctionner, quatre personnes travaillaient pour un un retraité, aujourd'hui c'est 1.4 pour 1, autant dire que c'est intenable, d'où le déficit. Il faut toujours des entrants pour payer les sortants, des nouveaux jeunes sur le marché du travail pour payer les vieux qui partent en retraite. En laissant le monopole des retraites à des organismes para-étatique, votre âge de départ ne vous regarde plus. Vous ne décidez ni du montant (qui est de toute façon insignifiant) ni de quand vous partez, vous décidez même pas du montant que vous souhaitez cotiser, vous êtes pieds et points liés à un système qui gère en partie votre vie malgré vous. les enjeux sont tellement grands que parfois ça dérape comme ici.

La retraite par capitalisation vous laisse le choix de tout, de plus elle vous rapporte bien davantage même avec des pourcentages peu élevés. Mais cela vous le connaissez déjà, j'en avais parlé ici. Pour en revenir aux marchés, je pense avoir plus confiance en des milliers voir des millions de cerveaux nourris aux bonus lorsqu'ils ont bien travaillé qu'en une dizaine de chefs d'état irresponsables de leurs décisions en matière économique. En attendant, toujours avec votre argent, ce soir chez les Trichet c'est "soirée planche à billets" avec DJ Inflation et DJ T.A.X. mais aussi un pare-terre de choix. Petits fours et champagne à volonté!

Au moment où je finis mon billet, l'Euro s'effrite encore plus et les bourses européennes perdent plus de 2%...

lundi 10 mai 2010

Welcome to the jungle n°22

Bonjour à tous. Ce matin est merveilleux, l'Europe est sauvée! Nos gouvernants ont trouvé LA solution à tous nos maux, la zone euro n'implosera pas, nous pourrons aider les pays dans l'embarras de la dette. Les bourses montent et reprennent le chemin du vert, c'est grâce  nos dirigeants européens. Onze heures de négociation pour pour débloquer pas loin de 750 milliards d'euros!

Vous l'avez bien compris, je suis ironique. Nos dirigeants ont fait encore une fois preuve d'une totale incapacité à prendre les bonnes raisons. Je ne vais pas entrer dans les détails, certains font cela bien mieux que moi: Loïc Abadie. Les états ne peuvent plus s'endetter indépendamment, qu'à cela ne tienne, endettons-nous ensemble! Mais qu'est-ce qui leur prend? Sont-ils devenus fous? Nos gouvernants restent branchés sur radio Keynes, endettement, boom, crise le fameux EBC.

Il est quand même incroyable de voir ce qui se passe, je suis atterré par tant de démagogie et de mensonges. Keynes disait "au final nous serons allons tous mourir" version keynesienne du "après moi le déluge", c'est exactement ce que les dirigeants sont en train de mettre en application: il faut tenir, il faut gagner du temps. 750 milliards, pour quoi? Quelques mois, un an ou deux maximum? Nulle part il est dit que nos états vont se désendetter, nulle part! Notre premier ministre annonce fièrement qu'ils vont réduire les niches fiscales afin de prendre 5 milliards d'euros sur deux ans, soit 2,5 milliards par an. Quelle merveille quand chaque mois la France emprunte une vingtaine de milliards sur les marchés (source: france trésor). De qui se moque nos dirigeants? De vous, oui oui, de vous. C'est avec votre argent et vos vies qu'ils sont en train de jouer. Car cette dette, ce sera à VOUS de la payer, pas à eux. 

Il suffit de voir la tête de Sarkozy et celle de Merkel pour comprendre... L'un est satisfait, il est persuadé du bien fondé de la solution, cela lui permettra de dire qu'il a sauvé le pays et de nous la jouer Bruce Willis. De l'autre Angela Merkel, qui devra se justifier auprès d'une population bien plus instruite économiquement que la notre et qui perçoit le trou noir dans lequel nous allons. Je vais vous donner un exemple et vous devriez mesurer l'ampleur de l'imbécilité de nos dirigeants. 

Imaginez une famille. Ils ont des revenus de 1000 euros par mois. Depuis des années pour boucler leurs fins de mois ils s'endettent et il arrive un jour où ils s'endettent encore pour payer leurs dettes et survivre. Chacun d'entre nous appellerait cela du sur-endettement et bien c'est exactement ce qui se passe. Mais ici imaginez l'échelon au-dessus. Notre famille est proche du gouffre et en parle à d'autres amis dans le même cas mais qui se porte un tout petit peu mieux. Ils décident de se mettre ensemble pour s'endetter encore plus car individuellement ils n'y arrivent plus, il faut donc se regrouper pour obtenir encore des prêts pour rembourser les autres prêts que les nouveaux prêts n'arrivent plus à couvrir. Vous vous dites que ces gens sont fous n'est-ce- pas? Faisons le avec des chiffres.
famille A, revenus: 1000 euros
dette par mois 1500 euros (fixe)
nouveaux endettements de 500 euros par mois (et qui ne cesse de grandir) avec 5 euros (10%) par mois pour payer cette dette. Cet endettement change chaque mois car il faut couvrir les dettes passées, donc chaque mois il faut emprunter 10% de plus)
dix familles dans le même cas se mettent ensemble pour emprunter 10000 euros d'un coup pour les aider à faire face. 1000 euros par famille avec 10 euros à rembourser par mois.
Vous remarquerez que nulle part ici je parle de réduire les dépenses, nos dirigeants souhaitent, pour des questions électorales, faire perdurer ce système illusoire du toujours plus.

Faites un peu vos calculs et vous comprendrez que c'est intenable, c'est ce que viennent de décider nos dirigeants. Alors pour l'instant c'est de la poudre aux yeux, il n'y a pas d'argent sur les comptes mais il faut bien rassurer les marchés. les horribles spéculateurs, ceux qui sont à l'origine de tout, sont en train de bien rigoler, de gagner des milliards avec la volatilité actuelle des marchés. 

Quand est-ce que les populations arrêteront de voter pour ces incapables, à quand la prise de conscience? Mais bon dieu, ne comprenez-vous pas que ceux qui vous élisez vous envoient dans le mur? Mais réveillez-vous bon sang de bonsoir! hier soir ce sont 1600 euros de plus sur chaque contribuable européen qui a été décidé, car ce sera à VOUS de rembourser leurs erreurs, à vous de payer pour leur incapacité à gérer correctement nos deniers. Mais ce sera aussi votre faute, vous aurez cru en leurs promesses, vous aurez toujours demandé plus de social donc plus d'argent de la part de l'état mais il arrive un jour où cela se paye. Nous vivons depuis trente ans largement au-dessus de nos moyens. nous sommes dans le rouge depuis trente ans et comme on vous l'a appris à l'école, l'état est fort et puissant et peut s'endetter jusqu'à plus soif. C'est FAUX, les états font faillite et ce n'est jamais agréable à vivre mais nous devrons en passer par là.

Une fois encore je vous conseille le billet de h16.

Bonne fin de journée à tous.


samedi 8 mai 2010

Welcome to the jungle n°21

Bonjour à tous, depuis quelques jours on peut dire que les marchés ont chuté de façon brutale, le CAC40 vient de perdre près de 500 points en 4 jours! Aujourd'hui les pertes devraient être aux alentours de 5%, on n'a pas vu ça depuis quelques temps...

Les investisseurs ont peur, peur de voir les états européens incapables de rembourser leurs dettes. Sur l'ensemble du SRD UNE SEULE VALEUR EST EN HAUSSE!Cette valeur c'est Hermès, sur toutes les places boursière on voit ce genre de scénario et pendant ce temps notre premier ministre nous annonce qu'il va geler les dépenses de l'état et récupérer 5 milliards sur deux ans dans les niches fiscales. Les marchés dégringolent parce que TOUT les intervenants savent que la messe est dite, plusieurs états européens vont faire défaut. La France pourrait en faire partie. Lorsque les politiques commencent à gigoter comme ils le font, notamment avec un séminaire sur la dette, c'est très mauvais signe et quand en plus ils vous disent que tout va bien, c'est encore plus mauvais signe. Un gel des dépenses, très bien, cela signifie que l'état va continuer à s'endetter à hauteur de 100 milliards par an, une peccadille... ils vont prendre 5 milliards en 2ans sur les niches fiscales, là je suis désolé de vous le dire mais on se moque de vous (je tiens à rester poli). Personnellement, j'ai plutôt tendance à avoir confiance en le jugement de milliers de personnes payées aux objectifs (et donc motivés) qu'en des ministres en dehors de toute réalité, au parcours  sans faille dans la sphère publique. Car oui, les marchés ont raison d'avoir peur, les investisseurs on raison de vendre. Mais il faut aller plus loin dans l'analyse pour comprendre ce qui se passe, alors regardons:

- Le franc Suisse, jusque là soutenu par la BNS descend à des niveaux jamais atteints depuis l'avènement de l'euro. il y a trois ans nous étions à 1,65 aujourd'hui à 1.40. L'Euro s'effondre.
- Regardons l'or, hier il a atteint des niveaux proches de ses records.
- Le pétrole, il ne cesse de chuter, la croissance en berne, la demande sera moins importante.
- l'Euribor monte en flèche, la pression monte sur les taux, prêter commence à devenir dangereux.
- L'Euro perd du terrain face au dollar depuis plusieurs jours et est passé sous les 1.30

Tout va mal, très mal mais nous n'avons pas encore atteint le point à ne pas franchir, en effet, si le CAC40 passe sous les 2480 points alors ce sera réellement préoccupant. Cette résistance technique majeure est le point que n'ont pas franchies les crises de la bulle internet et des subprimes. La panique gagne les marchés parce qu'il est quasi impossible de savoir ce qui va se passer, les états cachent bien leur jeu et leurs dettes. Tout le monde se pose la question: "qui est le prochain?", le Portugal? L'Espagne? l'Italie? Et pourquoi pas la France qui ne peut plus lever d'impôts supplémentaires, les français étant les personnes les plus taxées au monde.
D'un point de vue technique, il est fort possible que la baisse continue, les indicateurs sont au plus bas et ne semblent pas donner des signes de reprise. Seule petite satisfaction, les marchés ne finissent pas au plus bas de la journée. Je ne suis plus très optimiste, les marchés vont certainement continuer à creuser leur pertes.

Pour palier à cela, il ne reste pas grand chose, excepter vendre à découvert, acheter de l'or, du franc suisse, ou certains produits structurés pariant sur la baisse des marchés. Bonne chasse!

jeudi 29 avril 2010

Welcome to the jungle n°20

Bonjour à tous, après une soirée de foot lamentable hier, nous voici vers une journée tout aussi tendue. Que de thèmes à aborder! L'Espagne qui voit sa note dégringoler. La Grèce fait tellement la une que les américains devraient finir par savoir où ça se trouve sur une carte, en plus avec Percy Jackson et le choc des titans, quelle pub pour ce pays! Les retraites en France, le chômage sans oublier tous les autres petits tracas habituels de la France, grèves, Burqa, polygamie et star wars!

Devant le problème grec, nos amis politiques sont  UNA-NI-MES pour aider la Grèce. Je vous rappelle que c'est avec votre argent que vous aidez les grecs. Vous vous dites que c'est un prêt, que ce prêt est avec intérêts et que ce n'est pas de l'argent perdu, certains comme monsieur Hans Werner Sinn, économiste de son état et directeur de l'ifo ne pense pas comme vous. En effet, en ce qui le concerne La Grèce ne remboursera jamais. Leur donner de l'argent maintenant reviendrait à leur dire: "on vous couvre continuez comme vous l'avez toujours fait". Le gouvernement grec essaye de faire passer des réformettes que les syndicats refusent (je rapelle que l'état grec est dans une crise plus que majeure). Ils refusent les plans d'austérité et veulent absolument continuer à recevoir leurs primes, leurs 13ème, 14ème mois, etc... En gros, les fonctionnaires refusent tout même si cela les projette vers le mur et donc au risque de se retrouver sans AUCUN salaire. Parfois, je me demande s'il reste des gens intelligents parmi les syndicalistes, car à part manifester, faire grève et dire non à tout ce qui pourrait changer d'un micromètre les fameux acquis sociaux, je pense qu'ils ne voient pas plus loin que... derrière eux, version Marxiste-léniniste. 

De leurs côté les allemands veulent du solide, ils réclament des réformes profondes de la part d'Athènes pour leur donner (oui vous avez compris que ce n'est plus prêter) l'argent de poche, afin que les politiques grecs continuent à danser le sirtaki.

Pendant ce temps, en France, nous sommes fin prêts! La bonne cause, ça nous connait! Nous savons être solidaires, nous connaissons la fraternité! En France l'argent coule à flots, on ne sait même plus quoi en faire. Bizarrement, pour avoir l'info complète sur ce que monsieur Sinn a dit, j'ai du aller chercher en Suisse, pourquoi ne voudrait-on pas nous informer? Ah oui, suis-je bête, il dit la VERITE. Si nous prêtions l'argent avec la certitude d'être remboursés par la suite car la Grèce aurait fait les réformes nécessaires, très bien, j'applaudis, nous empruntons l'argent à un peu plus de 2% et nous le reprêtons derrière aux grecs à plus de 5%, c'est génial (ironique). Dans l'autre cas nous leur donnons de l'argent à perte mais nous nous sauvons de la catastrophe économique pour un temps (pour un temps j'ai dit).  Cela revient à dire que chaque personne en France du nouveau né au plus âgé aura donné 84 euros aux grecs. Moi, personnellement pour  84 euros, je vas me faire un super resto, égoïste? Et alors? N'a-t-on pas déjà assez de problèmes en France?

Notre dette par exemple s'élève certainement à plus de 1500 milliards d'euros actuellement et pendant que les agences de notation commencent à attaquer l'Espagne avec la France, l'Italie, l'Irlande en ligne de mire, notre ministre Baroin nous rassure, vous savez un peu comme le nuage de tchernobil, il a contourné les frontières et bien là c'est pareil. Ce que le ministre Baroin ne vous dit pas c'est que la France, l'état, vous, nos banques ont acheté en MASSE les dettes grecques, portugaises, espagnoles. Notre exposition à leur risque de défaut est la plus grande d'Europe. Vos assurances vie, vos SICAV etc... beaucoup ont des dettes de ces pays, ils font défaut et la France coule. Uniquement les banques ce sont 580 milliards d'euros, alors aller les sauver ce coup-ci serait utopique. Bref, comme d'habitude, nous, les français on a misé sur les mauvais chevaux. Monsieur le ministre Baroin nous rappelle que la France est signature refuge et que grâce à cela notre note ne peut être descendue, cela est un pur mensonge. La note de la France peut descendre n'importe quand et si le ministre commence à gesticuler c'est qu'elle va finir par descendre. En général lorsque nos politiques annoncent quelque chose et ressurent c'est que le problème va arriver. 

De plus le premier ministre français, monsieur Fillon nous dit que c'est la faute aux spéculateurs. Alors, je veux bien mais parfois et même souvent les chiffres sont les chiffres et ils ne mentent pas. La Grèce est dans l'incapacité de payer la prochaine échéance de sa dette sans une aide financière de la part des pays européens. Son taux d'endettement est record et dépasse les 115% du PIB et tout va bien, c'est normal. Le gros problème de monsieur Fillon c'est que le scénario grec arrive à grands pas en France, dans quelques années notre déficit passera allègrement les 100% si d'ici là nous n'avons pas fait défaut parce que d'autres auront fait défaut. Monsieur Fillon désigne les spéculateurs,comme les fautifs ces mêmes spéculateurs qui achètent de la dette française depuis des années sans sourciller en faisant une totale confiance à la France, ces mêmes spéculateurs sans qui notre merveilleux système social que le monde entier nous envie sans pour autant jamais copier n'existerait pas. Monsieur Fillon est décidément farceur, vous ne trouvez pas?  Les spéculateurs c'est bien quand ils achètent votre dette mais quand il la vendent c'est mââââl!

Passons maintenant à un autre problème épineux sur lequel, là encore, on vous ment et on tente de vous entuber à plein tube, je veux bien sûr parler des retraites. Grâce au blog de h16 (que je vous conseille de lire assidument) j'ai pu avoir connaissance de ceci. Devant la faiblesse des pensions moyennes je me suis mis à calculer par rapport au salaire médian brut français ce que donnerait une retraite non pas par répartition comme en France mais une retraite par capitalisation. Premier point, une retraite par capitalisation vous permet de partir quand vous le désirez à la retraite, cet avantage est non négligeable, personne ne pourra vous dicter quand partir. Deuxième point, ce système permet de ne pas dépendre de la pyramide des âges d'un pays.

J'ai donc fait un petit tableau sur Excell, avec comme données le salaire médian de 2000 euros par mois brut (sans évolution dans le temps), un placement à 4% (c'est peu, mais sans risque) et une cotisation mensuelle de 211 euros soit 10.55% par mois et une durée de cotisation de 40 ans. Ce qui ressort de ce calcul est tout simplement.... prévisible, avec un taux de 80% du salaire net vous pouvez tenir pendant 33 ans, 90%  c'est 22 ans et 100% 18 ans! Et si vous partez avec 1000 euros par mois vous n'en verrez jamais la fin!Vous pouvez faire le calcul vous même. De plus, vous pouvez choisir d'investir également dans la pierre, les rendements sont bons aussi sur le long terme, vous pouvez choisir l'entreprise qui vous investira votre argent, vous pouvez décider de ne pas investir pour un temps et repartir plus tard, bref en plus d'un rendement bien meilleur, vous avez une flexibilité totale quant à l'âge de votre départ à la retraite et quant aux investissement que vous faites, c'est quand même bien mieux que ce que vous propose l'état français non??!!

Pour le moment le gouvernement teste le terrain social avec quelques idées toutes aussi farfelues que les autres, dont une assez géniale dans son genre. Ne pas changer l'âge officiel de la retraite, mais imposer un malus si l'on part à cet âge là, pour bénéficier de sa pension en totalité il faudra travailler plus de temps, mais surtout on ne change pas l'âge légal de la retraite. Encore une fois, au lieu de tout remettre à plat, on fait dans le bidouillage crasseux, après moi le déluge comme disait l'autre. On dirait que le but est de faire en sorte de n'être jamais celui qui va devoir faire le sale boulot: tout changer. Ces changements devront se faire mais au lieu de les faire tranquillement, ils se feront comme en Grèce, dans la violence. Tout un programme!

Pendant ce temps, sur les marchés, c'est le vert car aux USA on dirait que ça repart pas trop mal, la Chine a une bonne croissance au-delà de 10% (Sarko est parti prendre des leçon de libéralisme économique  avec un soupçon d'autorité pour le bas peuple auprès de son homologue chinois et ... communiste). En France, les entreprises ne vont pas trop mal, ce n'est pas fabuleux mais on sent que l'économie repart tout doucement et on l'espère durablement.Il y a une hausse dans le sentiment économique plus élevée que prévu et pas mal d'entreprises qui restent positives en ce moment et pour l'avenir. Pour terminer ce billet je finirai par une video piochée sur le blog de l'excellentissime Olivier Crottaz (dont les analyses sont toujours un succès comme les réceptions de l'ambassadeur). Elle est criante de vérité: vous les petits contribuables vous paierez sans l'ouvrir.




« Le libéralisme est aussi dangereux et conduira aux mêmes excès que le communisme »
Jacques Chirac (qui a oublié qu'il admirait Margareth Thatcher dans les années 80, elle la fan de Bastiat et de Hayek)

"les politiques c'est comme les girouettes, leur seule fonction est d'indiquer la direction du vent et ceux qui soufflent le plus fort seront toujours les plus nombreux"
Bscott (pour vous servir)

mercredi 28 avril 2010

Welcome to the jungle n°19

Bonjour à tous. Hier fut une journée que je qualifierais de mouvementée, le mot du jour serait sans doute "Jumk" en rapport avec la baisse de la note de la dette grecque par S&P. Les taux sur la dette grecque deviennent stratosphérique, si les européens ne prêtent pas l'argent, la Grèce fera défaut de sa dette dans moins de quinze jours. Lorsqu'une obligation est "Junk" cela veut dire qu'elle est considérée que comme un investissement spéculatif à risque, en gros il y a des chances de perdre son argent. Même superman s'est mis à boire, il ne peut plus rien faire car même si l'on sauve la Grèce, voilà le Portugal et l'Espagne qui arrivent à grands pas! Si l'Espagne venait à demander de l'aide ce serait pour des centaines de milliards d'euros, autrement dit, étant donné les finances des pays européens, c'est impossible.

Ce qui est assez intéressant, c'est que même au pied du mur et dans l'obligation absolue de faire des économies drastiques, le premier ministre grec demande encore du temps pour faire les réformes profondes qui s'imposent. Pour comprendre le fonctionnement grec, je vous propose la lecture de ce texte qui résume parfaitement le délire grec (La faillite du modèle économique grec). Vous vous dites que de toute façon la France ce n'est pas la Grèce, qu'on s'en sortira, à cela je répondrais "moui peut-être  mais pas pour longtemps". Il suffit de voir ce que Pierre Moscovici a préparé comme programme de base pour le PS pour comprendre que l'on va droit dans le mur avec des incapables de ce type. La  seule chose que je perçois au-delà des mots creux habituels des socialistes-marxistes français c'est: On ne fera rien si ce n'est continuer et taxer encore davantage pour sauver notre modèle français que le monde entier nous envie". Eh oui point de réformes en profondeur, de la taxe, de la TVA sociale déguisée en éco-TVA pour faire plus fun et branchée par exemple, la fin de certaines niches fiscales (celles concernant les membres du parti ne seront pas touchées bien sûr), etc... Bref devant le grand défi de la dette, des retraites (amusant qu'ils restent silencieux sur le sujet), du chômage, de la croissance, de l'éducation, etc... ils nous proposent du "vivre ensemble", du "solidaire" (comprendre impôts), du "citoyen" (équivalent à solidaire), bref du néant.

Si les socialistes français n'ont jamais fait leur Bad Godesberg cela s'en ressent toujours. Toujours est-il qu'ils ne sont pas les seuls à proposer du rafistolage. En France, lorsqu'un gros problème survient et qu'une date lointaine avec un montant énorme est calculée, on ne fait rien. Notre majorité souhaite réformer la retraite, en l'état actuel, le trou dans les retraites serait de l'ordre de 2600 milliards d'euros en 2050 si rien ne bougeait. Solution avancée immédiatement: il faut travailler davantage, les syndicats s'y opposent, très bien on a l'habitude. Alors ils proposent un tour de passe-passe génial qui vous oblige à prendre la retraite plus tard tout en gardant un âge de la retraite légal à 60 ans par un système de malus! C'est merveilleux non? Il serait tellement plus simple et plus efficace de laisser les gens choisir comment préparer leur retraite, il pourraient partir quand ils le désirent et avec une pension plus importante. 

Toujours dans les délires, notre secrétaire d'état à l'emploi nous annonce une baisse durable du chômage en 2010, je crois que ce monsieur ne lit pas les journaux ou ne comprend pas ce qui se passe autours de lui, bref encore un autre qui navigue à vue.

Ce dont je viens de parler ne représente qu'une seule journée des aventures politiques françaises, imaginez à l'année! Je viens par exemple de regarder le journal de 13h sur france2, ils y parlent de la Grèce, du Portugal dans un reportage qui met en cause l'Allemagne, Angela Merkel ne veut pas prêter car il y a bientôt des élections et le peuple allemand refuse d'aider les pauvres grecs. C'est la cigale et la fourmi! 

La Grèce et l'Allemagne

La Grèce, s'étant endetté
depuis des années,
Se trouva fort dépourvue
Quand la note fut venue :
Pas un seul petit euro
De taxe ou d'impôts.
Elle alla crier famine
Chez l'Allemagne sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque euro pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
L'Allemagne n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
J'empruntais, ne vous déplaise.
- Vous empruntiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Vous constaterez que je change à peine les mots et que ce texte, si connu, s'adapte parfaitement au cas actuel. d'un côté une Allemagne peu dépensière et peu enclin à prêter (certainement à perte) l'argent des ses contribuables et de l'autre une Grèce qui demande des délais pour trouver des idées afin de réformer un pays en profondeur. Le grand problème, c'est que les solutions sont drastiques, connue mais empêcheront le gouvernement de se faire réélire, ils pensent qu'ils peuvent encore passer pour les sauveurs du pays. Dès qu'ils toucheront l'argent, ils se sentiront soulagés pour un temps et continueront dans leur délire économique.

Toujours à propos du journal de 13h de france2, à la suite du reportage, le présentateur (sourire colgate au visage) interview le directeur d'une revue économique bien connue de nos lycées: Alternatives Economiques. A ce propos deux choses à dire, la première, ce monsieur est un socialiste patenté tout comme son magazine (ils ne s'en cachent pas d'ailleurs) mais en plus IL MENT! Je vous laisse le soin de regarder la video du 13h ICI à partir de la minute 12:30. Lorsque le présentateur lui demande si l'Europe blabla, Allemagne blabla, il répond clairement "l'Europe est en.dessous de tout". Il ment parce que RIEN n'oblige les Allemands à aller prêter de l'argent aux grecs, aucun traité, aucune loi, rien du tout, s'ils le font c'est simplement de bonne grâce si je puis dire. On parle d'élections, il semblerait que même après l'Allemagne reste intransigeante. J'en veux pour preuve ce petit sondage:
Source: h16

Pendant ce temps notre Christine Lagarde notre ministre de l'économie (avocate de métier de le rappelle), entend créer un nouveau comité Théodule qui aurait accès à un fichier national des créances sur la consommation (Big Brother n'a qu'à bien se tenir!) article ici. C'est quand même merveilleux que l'Etat entende contrôler vos dépenses et vos prêts mais en ce qui le concerne, personne ne le surveille! L'hôpital qui se fout de la charité, on croit rêver. Chaque jour, pour tenter d'exister nos ministres n'arrêtent pas de gesticuler, Brice avec son polygame, Borloo défend son Grenelle 2 on attend la trilogie! Alliot Marie toujours avec son gugusse qui se torche le derrière avec le drapeau français, ça date mais elle toujours sur le sujet. Kouchner et Sarkozy (ainsi que Madame) ont fui en Chine, leur croissance les fait rêver et en plus ils sont communistes, que du bonheur! Woerth avec la réforme des retraites ou comment ne pas changer l'âge officiel de départ et vous faire trimer jusqu'à ce que mort s'en suive. Bizarement rien sur Devedjian... Luc Chatel ou quand le ministre de l'éducation fait un cours de sexualité et Nadine Morano qui prend cela pour de la Provocation,quant à Fadela amara elle  juge le gars coupable de polygamie (présomption d'innocence tout ça tout ça). Pécresse et jouanot sont en vadrouille à polytechnique, c'est vrai qu'elles n'ont pas fait cette école, une bonne occasion de s'y rendre aux frais du con(mouton)tribuable. Hervé Morin fait des éloges, il n'a vraiment que ça à faire c'est vrai. Bachelot qui dit encore n'importe quoi (présomption d'innocence elle connait?). Mitterand de par sa seule volonté peut bloquer un concert à lui tout seul. Besson a également fui au frais du contribuable au Maroc (tiens, il a du se faire recevoir là-bas) après s'être déplacé à Lyon hier soir avec sa copine Rama Yade histoire de regarder le match Lyon-Bayern Munich (perdu lamentablement par Lyon). Estrosi croit à l'automobile verte, pas de chance il était champion de moto... Bruno Le Maire (qui ça?) avait bien fait ses devoir avant l'arrivée des céréaliers. Etrangement rien sur Monsieur Daubresse ministre de la jeunesse et des solidarité actives est toujours en train de créer son équipe, tranquilou pépère, y'a le temps. Anne-Marie Idrac (Qui ça??) annonce une nouvelle aide aux entreprises innovantes de l'ordre de 600 à 1300 euros dans l'indifférence générale, c'est vrai qu'avec ces montant on va forcément innover un maximum et faire concurrence aux méchants japonais et américains youhou! Hervé Novelli défend les restaurateurs qui s'en mettent plein les fouilles depuis la baisse de la TVA sans que le prix de la pizza ait changé. Pierre Lellouche secrétaire d'état aux affaire européenne a toute autorité pour annoncer que la France ne laissera pas tomber Florence Cassez. Et finalement le SEUL à s'exprimer sur le problème grec c'est... George Tron secrétaire d'état à la fonction publique, il est vrai que si l'état français venait à faire défaut, il serait en première ligne avec la horde de fonctionnaires impayés.

Comme vous le voyez, tout va bien, notre gouvernement se sent très impliqué dans les vrais problèmes: demie-finale de ligue des champion, petits voyage avec la visite de la muraille de Chine, pour certain le Maroc et ses marchés animés, le polygame, les restaurateurs, mais la faillite possible d'un état de la zone euro c'est tout de suite moins sympa, moins intéressant médiatiquement. Bref, je pense qu'ils essaient de nous dire que TOUT-VA-BIEN, on s'occupe de tout.


Bonne  journée à tous.

"un crédit à long terme ça veut dire que moins tu peux payer, plus tu payes"
                                                                        Coluche

mardi 27 avril 2010

Welcome to the jungle n°18

Bonjour à tous. Il semblerait que chaque nouvelle journée apporte son lot de nouvelles toujours plus consternantes. La photo de gauche, je ne l'ai pas mise par hasard, oh que non! Ce matin, je lisais deux blogs qui, pour moi, sont parmi les meilleurs et j'y ai découvert deux choses assez incroyables. Prenons dans l'ordre de lecture si vous le voulez bien. Sur l'excellentissime blog d'Olivier Crottaz (que je vous engage TRES FORTEMENT à lire) nous apprenons qu'en Suisse, les informations télévisées sont beaucoup plus, comment dire... raccord avec la réalité que nos infos françaises. Olivier Crottaz met le lien dans son billet, je vous le remet ici. C'est le journal suisse, allez à la minute 10:50 et vous verrez un traitement de l'info radicalement différent proposé par TP1 (Télé Pravda 1) et france2 (JT20h). Vous remarquerez un traitement de l'info radicalement différent. Chez TP1 c'est la faute des spéculateurs, chez France2 c'est "faut-ils que la Grèce sorte de l'euro" avec un soupons de Angela Merkel et les Allemands ne veulent pas payer. Nos amis suisses, expliquent pourquoi les allemands ne veulent pas payer les pots cassés de la Grèce avec bien plus de tenue que nos journalistes français abonnés à radio E lysée.

La Grèce peut-elle sortir de l'Euro, Angela Merkel dit non et elle a raison! ce serait pire! Imaginez le bouleversement (car cela devrait se faire rapidement), la Drachme ne vaudrait rien et la population garderait ses comptes en Euros de toute façon. Car ne l'oubliez pas, une monnaie doit être acceptée de tous et doit inspirer la confiance, sinon c'est l'économie souterraine avec des Euros sous le manteau. De plus cela affaiblirait l'Euro encore davantage et pour les allemands c'est NEIN aussi. Alors je me pose la question de la désinformation, France2 accuse via le premier ministre italien (c'est vrai que celui-là il est blanc comme neige hein...) que l'Allemagne est individualiste et ne veut pas donner. Déjà, l'Allemagne ne "donnera" pas elle prêtera comme tous les autres pays européens participants à un taux de 5% au lieu de plus de 8% sur les marchés. De deux, l'Allemagne demande à la Grèce de présenter un plan d'austérité qui permettrait d'économiser des milliards et non des millions.

A propos de cela, deux choses me viennent à l'esprit. La première, c'est que beaucoup de pays vont prêter à la Grèce avec un taux de 5% alors qu'ils empruntent à des taux inférieurs! Ils vont se faire de l'argent sur le dos de nos amis grecques. La seconde, c'est que la Grèce, finalement c'est un peu comme la France, une grande partie de la population est fonctionnaire, ils ont fait n'importe quoi avec leurs finances publiques en empruntant à tout va, ils ont caché les dettes afin de rentrer dans l'eurozone, ils ont un système administratif kafkaïen, bref c'est comme en France.

Alors revenons un peu à la France, ses 1500 milliards d'euros de dette, son chômage grandissant, son armée de fonctionnaires, ses politiques incapables de prendre les décisions qui s'imposent et une économie qui se porte pas si mal que ça selon Christine Lagarde (avocate à la base) notre ministre de l'économie. Bon, ça étant vite dit, nos journaux télévisés peuvent s'attarder sur un sujet génial, la femme du polygame présumé, fraude et tout le toutim. Bref, on dérive votre attention sur un sujet ridicule n'ayant no queue ni tête pour vous cacher bien d'autres chose et c'est là que ma lecture d'un de mes autres blogs préféré arrive. le merveilleux h16, à la plume acerbe et corrosive, qu'il me plaît à lire quotidiennement rapporte ici un fait ordinaire dans notre beau pays (bon très bien, ce fait est un peu moins ordinaire). Nos députés dans leur majorité (droite, gauche, communistes, centristes) ont voté un texte de loi permettant aux collectivités locales de créer des société publiques locales. h16 explique parfaitement comment cela va fonctionner, pas besoin d'en remettre une couche. Ce qui est scandaleux, c'est que beaucoup de choses vont pouvoir être cachées! Attributions de marchés publics aux copains, dettes, etc... Bref, nos politiques se sont dotés d'un nouveau petit jouet très intéressant comptablement parlant. Economiquement cela nous mène, bien évidemment, dans le mur à une vitesse supersonique car les dettes, même cachées, il faut quand même les payer.

                    République bananière française

Tout cela me rappelle un jeu de société très intelligent vous proposant de diriger une petite république bananière avec vos copains et le but était de mettre le plus possible d'argent à la banque. Peu de règles, élections truquées, possibilité de tuer vos adversaires, acheter les autres tout en sachant qu'ils vous trahiront, coup d'état, achat de voix pour les élections, possibilité de se cacher dans sa garçonnière, bref, vous l'aurez compris le jeu préféré de nos politiques! Ce jeu s'appelle Junta, l'image sur la boîte est évocatrice:


Bref, un jeu que je vous conseille afin de bien vous amuser avec vos amis et faire comme nos politiques.

Pendant ce temps, les agriculteurs commencent à mettre la pression avant la renégociation de la PAC, la bourse perd à cette heure 1,54%, le volcan au nom imprononçable et illisible a coûté pas loin de 280 millions d'euros en France (en manque à gagner), le pessimisme des ménages se confirme (et je leur donne 100% raison), etc...


Bref, ne nous inquiétons pas, tout va bien, c'est Christine Lagarde qui vous le dit, sachant qu'elle est elle aussi branchée sur radio Élysée, c'est donc que notre bon président le pense et s'il le pense c'est que c'est vrai, non? Et comme il l'a si bien dit:
fait pas le malin!

Bastiat disait: "l'état c'est la grande fiction par laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépends de tout le monde". Je pense sincèrement que l'on pourrait réécrire cela avec: "l'Europe, c'est une grande fiction par laquelle tous les états s'efforcent de vivre aux dépends des autres états" mais comme d'habitude, ce sont toujours les mêmes qui trinquent...

Bonne fin de journée à tous et à demain.

Bscott

lundi 26 avril 2010

Welcome to the jungle n°17

Bonjour à tous. Aujourd'hui les marchés se relèvent de plus de 1% et cela peut sembler étrange. Les états se portent mal, l'euro perd du terrain face à un dollar malade, il n'y a que des problèmes, alors pourquoi donc les bourses sont-elles dans le vert? Ai-je parlé d'entreprises et de business ici? Non et ce à aucun moment. Les entreprises ne se portent pas trop mal, ce n'est pas merveilleux mais ça va. Par contre les états... Comme je le disais hier, les états se portent mal, bien mal. Nos amis portugais et espagnols dont les chefs d'état sont en photo sont tout heureux d'annoncer que tout va bien et je vous encourage à... ne pas les croire.

Lorsque les politiques commencent à se justifier, c'est en général mauvais signe, c'est à ce moment qu'il faut quitter le navire et rejoindre à la nage, tant bien que mal et advienne que pourra, une rive proche et sûre. En ce moment les rives proches et sûres sont difficiles à trouver mais il en reste. La Grèce et ses 300 milliards de dette n'est qu'une petite joueuse face à l'Espagne ou la France. Si nous prenons la France nous en sommes à 1500 milliards d'euros de dette ce qui constitue 24 000 euros de dette par habitant et cela ne représente que l'état français, pas les collectivités locales! Je vous laisse imaginer l'étendue des dégâts et le mille-feuille délirant de la dette française.

Comment en est-on arrivé là? Au commencement il y avait un économiste Lord John M. Keynes, mathématicien, économiste qui fut le père de ce que nous appelons la social-démocratie. Keynes qui se plaisait à dire qu'à long terme nous serrons tous mort (très optimiste comme vision) pensait à court terme, l'état se devait d'intervenir afin de débloquer des situations inextricables comme lors de grandes crises. Par le Keynesianisme, l'état se trouvait une nouvelle place, plus importante et plus large que jamais. Nos politiques appliquent à la lettre et parfois davantage (version Marxiste). Keynes remettait l'état au centre, reléguant les autres entités à de simples subalternes. Les pensées économistes de Keynes reflètent parfaitement notre monde d'aujourd'hui: intervention de l'état absolument partout, visions court terme permanente (après nous le déluge), politique monétaire fondée sur les banques centrales, etc... Oui, nous vivons dans un monde comme celui-là: les états sont extrêmement présents dans la vie des peuples (bien trop présents), la vision court terme est omniprésente (il suffit de voir comment réagissent nos politiques par rapport à l'actualité) ou la dictature du fait divers, les banques centrales mènent le jeu monétaire dans le monde. Même s'il est considéré comme le père de la macroéconomie, Keynes n'en reste pas moins un économiste peu brillant (à mon sens), ceux qui s'inspireront de ses travaux feront parfois bien mieux d'un point de vue scientifique.

De l'autre côté de la barrière, nous retrouvons les libéraux comme Hayek, Mises, Hoppe, Friedman, etc... (dans le lot il y a des prix Nobel) qui sont en total désaccord avec la théorie de Keynes. En effet, lors d'une crise, Keynes pense que l'état doit absolument intervenir et remettre de la liquidité dans la machine économique, le plus souvent en utilisant la dette. Les Autrichiens et monétaristes de l'école de Chicago sont plutôt d'un autre avis. La crise survient, l'état intervient en alimentant les réseaux économiques d'argent afin que les liquidités ne manquent pas, les banques centrales abaissent leurs taux directeurs pour que la machine crédit ne s'arrête pas. Cela permet deux choses, la première c'est sauver du naufrages certaines entreprises (triées sur le volet par l'état si vous voyez ce que je veux dire) et de permettre au gens même les plus pauvres, de s'endetter toujours et encore afin de consommer, encore consommer. La consommation n'est plus une affaire d'épargne mais de dette. Commencez-vous à comprendre à quel point ce que vous pensiez être du libéralisme n'en est pas? La société est tout sauf libérale elle est Keynesienne! Les crédits à la consommation pour vous permettre de toujours plus consommer sans vous soucier du lendemain car au final nous seront tous morts est une stricte représentation de la doctrine (et non pas idéologie) Keynesienne. Pour les libéraux autrichiens (dont je ne me cache pas partager les opinions) qui nous révèlent que ce n'est pas de la crise qu'il faut avoir peur mais de la bulle qui la précède car tout ou tard elle éclatera.

Reprenons notre scénario, la crise survient, les états s'endettent, les banques centrales abaissent leurs taux directeurs. Cela a pour effet de favoriser l'inflation (cet impôt invisible), les liquidités affluent dans l'économie, la création monétaire via le crédit est énorme, la demande augmente, augmente, les biens en production aussi mais en quantités finie, il faut donc produire davantage, investir pour cela et au final? L'économie se porte mieux mais l'inflation devient difficile à supporter, il faut remonter les taux, la demande diminue, l'offre ne régresse pas, les prix s'effondrent, il faut s'arrêter de produire autant mais les crédits continuent de courir sans rentrées d'argent, c'est la faillite et tout va de mal en pis, boom c'est de nouveau la crise! Et de nouveau intervention de l'état pour sauver les banques, les promoteurs immobiliers, etc...

Oh vous vous dites que j'exagère, très bien, la preuve par l'exemple alors!
Prenons le cac40:

Regardez bien ce graphique que j'ai étendu. Prenons la résistance (la ligne droite) et regardons le point 1. la bulle débute en Mars 97, durant l'été 2000 on arrive à l'apex (2) et on bute de nouveau sur la résistance (3) en Mars 2003, c'est-à-dire 6 mois jour pour jour après le début de la bulle. A partir de Mars 2000, les états empruntent pied au plancher, les taux sont ridiculement bas, regardez le graphique qui suit:

Les taux baissent rapidement après que l'on ait atteint l'apex en 2. Lorsqu'on arrive en 3 les taux directeurs sont très bas à 1% mais regardez encore un exemple frappant de ce que je vous expose avec en plus l'évolution de la dette en France:

Quand nous sommes au point 3, la France emprunte beaucoup, une fois les marchés et l'économie en meilleure posture à partir de mars 2003 commence donc la nouvelle bulle, le champagne à la fraise (excellent cocktail) est idéal, c'est le cocktail à bulles: taux trop bas, intervention de l'état par la dette, inflation menaçante. nous arrivons en Juin 2007 (tiens encore pendant l'été...) au point 4 qui constitue l'apex de la bulle. La crise fait ses premiers pas et les marchés atteignent leurs plus bas en, je vous le donne en mille, MARS2009 c'est à dire 6 ans presque jour pour jour après le début de la bulle. Là encore, intervention massive des états (qui ne sert pas à grand chose, soyons objectifs, les banques ont remboursé un an après sans problème), les taux directeurs sont presque à 0! On recommence à reparler d'inflation, l'économie repart un peu mais prochainement on devrait avoir une correction. Pour le reste je prévois, je joue à Madame Soleil et si les états ne sont pas mis à terre ce coup-ci, ils le seront au prochain tour dans 5 ans. Vous pouvez voir sur le graphique du CAC40 que je poursuis le graphique moi-même et vous divulgue (en exclu mondiale) ce qui pourrait arriver sii l'on suivait ce qui s'est passé depuis 1997.

Vous remarquerez que les apex ne sont pas à la même hauteur, c'est normal entre les deux crises, les économies se sont affaiblies et ne pourront jamais revenir aussi puissantes, le troisième apex sera plus bas que les deux précédents. Mais ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir à quel point l'endettement des états et les politiques trop laxistes de banques centrales créent de nouvelles bulles qui sont les bases des crises qui s'en suivent.

En ce qui me concerne, je pense que Keynes avait tord, que les autrichiens comme Hayek avaient raison


Voici la vidéo qui résume bien ce qui oppose les deux visions de l'économie en rap sur de la bonne musique et finalement résume parfaitement la situation. Pour les plus connaisseurs d'entre-vous, vous remarquerez que dans le discours de Keynes, il y a une allusion à un économiste français oublié en France mais pas aux USA et Angleterre: Frédéric Bastiat et son célèbre "ce qui se voit et ce qui ne se voit pas" avec la vitre brisée: texte ici
Voici une autre video d'un autre prix Nobel d'économie, Milton Friedman, c'est simpliste, mais résume aussi bien ce qu'est le marché et ce qu'il peut apporter.


N'oubliez pas ce que l'on présente comme de l'ultra-libéralisme (on n'a jamais parlé d'ultra-socialisme mais ultra fait peur, son utilisation s'est donc révélée comme évidente) n'est en fait que du Keynesianisme pur et simple. Ne vous laissez pas berner par ces médias de masse, ne croyez pas toujours ce qui vous est dit. D'ailleurs s'il est une chose que vous tenez pour acquise, c'est bien votre liberté, le libéralisme n'est que l'expression de celle-ci en terme philosophiques et économiques.

Bonne fin de journée à tous!

« Laisser la loi aux mains de gouvernants élus, c'est confier le pot de crème à la garde du chat. »
F.A. Hayek

dimanche 25 avril 2010

Welcome to the jungle n°16

Bonjour après un long moment sans aucun billet, je reviens car plusieurs choses se sont passées ces derniers: l'affaire Goldman Sachs et les évolutions sur les dettes des états. Si l'affaire Goldman Sachs est relève tout simplement de l'escroquerie, en effet, ils vendaient à leurs clients des produits qu'ils shortaient (vente à découvert) derrière. Il n'y a pas grand chose à dire même si la liste des personnes associées est longue et les faits loin d'être uniques. Au-delà de ces faits, ce qui risque de poser problème, c'est que personne ne fera plus confiance aux banquiers pour conseiller. Je dirai que c'était déjà le cas bien avant. Aller dans une banque de détail et demander à un conseiller (qui sera muté dans 3 mois) quels investissements faire, c'est aller droit dans le mur. Son rôle est de vous proposer ce que sa direction lui demande de proposer. En effet, les banques ont toutes des produits structurés avec des sous-jacents que vous ne connaîtrez jamais. Et c'est là que le bas blesse car saviez.vous que dans BEAUCOUP de vos assurances vies il y de la dette grecque? Eh oui, ces produits réputés si sûrs ont été pris par nos amis les états. Vous ne le saviez pas? comment ça? personne ne vous l'avait dit? Ce Rapport de gestion société générale, montre clairement que votre assurance-vie contient des fonds d'emprunts d'état. Mais il n'y en a pas que là, voici le fond Eurossima d'ING et il nous est dit que ce fond est pour ceux qui privilégient la sécurité, moi je dis, ok très bien, allons voir ça de plus près et voilà ce que je trouve:

Oh surprise! on y trouve de la dette grecque, pour un fond qui privilégie la sécurité, on repassera! Et encore, il y a quelques temps de cela il y avait deux lignes de dettes grecques et une ligne de dette portugaise. Si vous avez des investissements de ce type, prenez le temps de regarder quels sont les sous-jacents de ce produit.

Mais sur l'excellent site financier zerohedge.com, on se rend compte que les investisseurs commencent à sentir le vent tourner pour le Portugal et l'Espagne. Le site nous confie également que ces pays feront tomber... la France. En effet, le montant des investissements des banques françaises dans les pays du sud de l'Europe est proche de 800 milliards! Impossible pour l'état français de les secourir. Il faut bien comprendre que votre épargne sert à financer, en partie, la dette des états. D'un autre côté, les banques jouent contre vous car elle parient sur le défaut de paiement de la dette de ces états. Mais l'Allemagne est aussi durement touchée et commence à être attaquée. Les français sont ceux qui épargnent le plus en Europe et cette épargne fait saliver tous les états qui vont devoir s'endetter au-delà du raisonnable afin de continuer à vivre comme ils l'ont fiat jusqu'à présent sans rien toucher à leurs systèmes sociaux respectifs.

Vous l'avez compris, les banques ont un temps d'avance sur vous, ils vous proposent des fonds de placements qui comportent des sous-jacents sur lesquels ces mêmes banques jouent à l'inverse. Ils vous font acheter des dettes étatiques et dans le même temps ils parient, via les CDS, sur le défaut de paiement de ces mêmes états, d'un point de vue déontologique ce n'est pas très glorieux! 

Mais qu'advient-il de la dette des états, que risque-t-il de se passer? La Grèce n'est qu'un avant goût de ce qui nous attend. Ne croyez pas que les états vont nous sauver, ils ne le peuvent plus. Pendant des années nous avons financé des systèmes sociaux très coûteux par la dette, cette dette ne servait pas à l'investissement mais à l'agrandissement constant de l'état. Les politiques toujours pleins de bonnes intentions doivent promettre pour se faire élire, leur but est de vous séduire, de séduire le plus grand nombre. Posez.vous la question, "mais qui est ce plus grand nombre?", les familles qui gagnent 5000 euros par mois ou ceux qui gagnent le SMIC ou à peine au-dessus, survivent des allocations? Je penche, bien évidemment, pour la seconde solution. Loin de moi l'envie de critiquer ces personnes qui gagnent le SMIC et à peine plus, ce sont eux qui ont les emplois les plus difficiles en général. Ceux qui survivent des allocations? Il y a toujours des abus mais la grande majorité ne les acceptent que parce qu'ils n'ont pas le choix. Notre système de santé, par exemple, est un montage Ponzi (rappelez-vous de Madoff) merveilleux au sein duquel il y a toujours des entrants puisqu'ils n'ont pas le choix. Notre système social qui vous oblige à tout remettre entre les mains de politiciens qui n'ont pour unique but que la réélection vous mène droit dans le mur!

Tous les pays européens vont bientôt être confronté à un mur, celui de la dette insoutenable. Avoir des systèmes sociaux c'est bien mais il faut en avoir les moyens. Qu'un état s'endette pour investir: routes, autoroutes ou je ne sais quoi, je peux le concevoir. Mais TOUS les états européens s'endettent afin de tenir. Si l'on prend le cas de la France, les impôts y sont parmi les plus élevés du monde (au total) et pourtant il faut encore aller chercher des crédits sur les marchés? Allons!! A force de promettre, de vouloir toujours donner plus à la majorité la droite française s'est gauchisée au possible à tel point que les socialistes se radicalisent comme par exemple notre ami Jack qui énonce, je cite " Sur la fiscalité, c’est une bonne orientation. Mais il faudrait une analyse plus profonde. C’est un projet trop traditionnel, pas assez visionnaire. Ce n’est qu’un début, une amorce. Mais comment voulez-vous avoir un projet de civilisation sans rien sur l’éducation, ni la culture, ni les changements de mentalité, ni, comme disait Marx, sur la transformation des superstructures ?"

Si l'Espagne et le Portugal venaient à faire défaut après la Grèce (ce qui va arriver je vous rassure tout de suite), la France serait touchée, l'Allemagne aussi. Mais cela changerait-il notre quotidien? La réponse est, cela dépend. Si vous êtes chômeur ou dépendant d'allocations pour survivre, autant dire que pour vous ce sera dur l'état n'ayant plus de quoi vous payer. Vous êtes fonctionnaire? Là encore, vous risquez de ne plus être payé. Vous êtes chef d'une entreprise qui travaille pour l'état ou les collectivités locales en grande partie? là encore préparez-vous à mettre la clé sous le paillasson. Vous travaillez pour ce genre d'entreprises? commencez à chercher un autre emploi. Les états ne paieront plus, ils seront en cessation de paiement. Ils ne pourront plus lever de l'argent sur les marchés financiers et donc ne pourront honorer les paiements à l'intérieur même de leur territoire. Les états devront faire de sérieuses cures d'amaigrissement afin de ne pouvoir survivre qu'avec ce qu'ils peuvent récolter comme argent: les impôts. Imaginez les hordes de fonctionnaires dans la rue demandant de l'argent, imaginez des personnes âgées sans leurs retraites dans la rue demander non pas de l'argent mais du pain, imaginez toutes les personnes qui ne vivent que d'allocations dans la rue elles aussi réclamant qu'on leur donne ce à quoi ils ont "droit". Ce scénario vous semble impensable? Pourtant c'est ce qui se passe en Grèce et ils n'ont pas encore fait défaut! Dans tous les cas, ceux qui produisent, ceux qui ne dépendent pas de l'état pour vivre seront les gagnants et en France...ils sont peu nombreux tellement l'état s'est rendu indispensable. 

Pour ne discuter avec quelques personnes, tous, sans exception me disent que c'est impossible. Cela démontre bien que les français sont lamentables en économie, les états ont déjà fait faillite et continueront de le faire, le problème est que cela pouvait être évité. Les politiques auraient pu prendre les devants, réduire les dépenses mais cela ne fonctionne pas avec le système de nombreux systèmes européens, surtout ceux du sud. En effet, comme en France, en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie, les politiques sont élus sur des promesses de toujours donner plus à ceux qui en ont moins. Le gros soucis c'est que tout ceux qui travaillent ont déjà beaucoup!! Le seul problème c'est qu'on leur prend une grande partie de ce qu'ils gagnent pour entretenir une machine peu productive et très coûteuse. Ces systèmes coûtent tellement cher que même tous les prélèvements ne sont plus suffisants et les états ont dû emprunter et toujours plus. Aujourd'hui, ces dettes sont trop importantes et deviennent des boulets. La vie de la plupart des gens sera affectée et ce sera aussi de la faute à tous ces citoyens qui voulaient toujours davantage en travaillant autant, en désirant toujours plus de droits, toujours plus de choses incroyables. Certaines de ces choses (comme les 35heures) furent créées simplement pour se faire élire sans plébiscite du peuple avant qu'on lui ai suggéré l'idée. Mais sachez que les états auront besoin de votre argent, de tellement plus de votre argent, tout est dans le rouge mais il y a une courbe, la courbe de Laffer et cette courbe risque bien d'approcher de son maximum dans le sens des prélèvements. Les rentrées seront moindres, il faudra toujours davantage d'argent pour payer toutes ces personnes travaillant pour l'état directement ou indirectement. L'état devra se désengager de beaucoup de chose et laisser le champs libre dans beaucoup de domaines. Mais il se pourrait que l'état devienne plus tyrannique et là ce serait le contraire de ce que je viens de vous exposer. Il est évident que vos libertés seraient restreintes mais je n'y pense guère, l'implication internationale des pays européens entre eux est trop importante et ne permettrait que difficilement ce genre de choses. Mais il ne faut pas négliger cette possibilité, les régimes totalitaires naissent toujours après des crises, les sentiments de haine et de frustration peuvent mener à en vouloir aux élites (ici les banquiers). La crise est puissante, elle est profonde, notre système typiquement keynesien que relance par la dette (sachant que Keynes disait aussi que nous fissions tous par mourir...) pendant que des économistes comme Hayek constataient que ce n'était pas de la crise qu'il fallait avoir peur mais de la bulle qui la précède! 
Les dirigeants, afin de s'assurer le plus large électorat possible ont toujours proposé plus de droit, d'allocations mais au final tout cela a coûté cher, à été très mal géré. Quand on s'endette, il faut, à un moment donné ou un autre, payer la note et cette note nous sommes à deux doigts la payer de façon violente.