Bonjour à tous. Hier soir, en passant devant ma bibliothèque, un livre a attiré mon attention. Ce livre a été écrit par un certain Sun Tzu. Vraisemblablement il serait plutôt un recueil d'articles rassemblés dans un même et unique ouvrage. Cet ouvrage c'est l'art de la guerre. Ce livre qui traite de la stratégie militaire date du Vème siècle avant J.C.. Je me suis replongé dans la lecture de ce livre par pur hasard et dès la première phrase, une chose m'a choqué. J'ai poursuivi ma lecture et très souvent j'ai trouvé des analogies avec ce qui se passe actuellement. L'art de la guerre n'est pas uniquement un manuel de guerre, c'est aussi un manuel pour le business ou la vie en général que je saurai que trop vous encourager à lire. Le texte est court et vous l'aurez lu dans la journée mais le but est de transposer les écrit avec des exemples pris dans votre vie. Lors de la première lecture, il y a de cela quelques années, je pensais aux entreprises, aujourd'hui j'ai pensé aux états. Je ne vais pas reprendre tout le livre ici, le but n'est pas là et cela serait une entreprises bien trop fastidieuse (mais faisable), je vais donc me contenter de reprendre quelques passages.
L'art de la guerre débute par cette phrase: "Sun Tzu dit: La guerre est d'une importance vitale pour l'État."
Il y a 2500 ans, déjà l'état était déjà le cœur du problème, le cœur des discordes. Le reste du paragraphe se poursuis comme ceci:
"C'est le domaine de la vie et de la mort: la conservation ou la perte de l'empire en dépendent; il est impérieux de bien le régler. Ne pas faire de sérieuses réflexions sur ce qui le concerne, c'est faire preuve d'une coupable indifférence pour la conservation ou pour la perte de ce qu'on a de plus cher, et c'est ce qu'on ne doit pas trouver parmi nous."
Nos gouvernants partent à l'attaque des marchés, ils ont voulu montrer leur force, montrer qu'ils étaient encore au gouvernail du navire et que grâce à eux, celui-ci continuerai de voguer dans la bonne direction. Les réflexions ont-elles été suffisamment sérieuses? Ou ont-ils fait preuve d'indifférence à l'égard de leurs populations en choisissant de prendre un immense risque monétaire? Beaucoup ont le sentiment que ces décisions majeures sont prises à la hâte, sous la pression, sans la réflexion nécessaire au succès d'une telle entreprise, je partage leur avis.
"Cinq choses principales doivent faire l'objet de nos continuelles méditations et de tous nos soins,..., Si nous voulons que la gloire et les succès accompagnent nos armes, nous ne devons jamais perdre de vue: la doctrine, le temps, l'espace, le commandement, la discipline."
Prenons ces cinq choses une par une si vous le voulez bien:
"La doctrine fait naître l'unité de penser; elle nous inspire une même manière de vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans la mort."
La doctrine pourrait être ici la doctrine économique que nos dirigeants appliquent depuis 30 ans, le Keynesianisme. Dans son ouvrage économique, sorte de bible de la social-démocratie, Keynes indique que lors de crises, les états doivent intervenir et injecter des fonds dans l'économie afin de la soutenir. Cette doctrine économique qui n'a jamais fonctionné mais dont nous voyons le résultat aujourd'hui: dette à tous les étages: communes, région (ou autres appellations), états et maintenant au niveau européen. Partout on vous parle de la dette, qu'elle et immense, que font les dirigeants lorsqu'ils se trouvent face au problème? ils pratiquent la fuite en avant. Mais ils ont une doctrine et s'y tiennent. Continuons.
Dans peu de temps (le temps justement) il ne maitriseront plus aucun de ces cinq points. La doctrine? Ils devront en changer contraints et forcés par les évènements à venir: difficultés à rembourser la dette, services publics trop chers et peu efficaces, etc... Le temps? A force d'en gagner par années, puis par mois, ils finissent aujourd'hui à n'avoir que des jours gagnés afin de prendre les décisions dont aucune population ne veut. Il arrivera un jour où il ne leur restera plus que des heures, des minutes...
Nous pourrions continuer comme cela avec beaucoup de passages du livre mais une chose est certaine, ils ont déjà perdu. Ils ont tout lâché dans la bataille avec l'idée de gagner, livrer 750 milliards d'euros aux marchés ne les a pas calmé, loin de là. Il ne leur resteque peu de cartouches et chacune d'elle est moins puissante que la précédente, contre des marchés peuplés de soldats, entrainés, instruits, disposant de procédures qu'il suivent à la lettre, ils connaissent la topographie et les méandres des marchés. Ils disposent des outils, des moyens, ils ne désirent qu'une seule chose: qu'on leur rendre l'argent qu'ils ont prêté et pour cela ils sont prêts à tout, nos gouvernants n'ont pas le courage politique d'annoncer ce qui s'impose: une diminution extrême du coût de l'état. Les tenants des marchés perdront quelques batailles peut-être mais pas la guerre. Ceux qui pâtiront de cette guerre seront les contribuables, ceux à qui l'on prendra tout: retraites inexistantes, impôts, inflation, taxes. S'ils faisaient ce qui devrait être fait, ce serait un aveu d'échec et leur pouvoir ne serait plus qu'insignifiant. L'oligarchie qui compose le pouvoir se refuse à le perdre et même au sein de cette oligarchie, regardez lorsque l'on essaie de transférer des compétences à une autre juridiction, c'est immédiatement que les généraux se sentent en danger et se plaignent aux médias.
"Si nous connaissons bien le temps, nous n'ignorerons point ces deux grands principes Yin et Yang par lesquels toutes les choses naturelles sont formées et par lesquels les éléments reçoivent leurs différentes modifications; nous saurons le temps de leur union et de leur mutuel concours pour la production du froid, du chaud, de la sérénité ou de l'intempérie de l'air."Le temps est exactement ce dont les gouvernants ont constamment besoin. N'avez-vous jamais remarqué que le temps est toujours ce qu'ils demandent? "Il faut prendre le temps de la réflexion, du débat". Maîtriser le temps est un art dans lequel nos politiques sont plutôt bon. Par contre au niveau du "timing" dans les réactions ils sont généralement lents à agir, cela pour gagner du temps, toujours plus de temps jusqu'à l'inévitable.
"L'espace n'est pas moins digne de notre attention que le temps; étudions le bien, et nous aurons la connaissance du haut et du bas, du loin comme du près, du large et de l'étroit, de ce qui demeure et de ce qui ne fait que passer."L'espace est une chose que nos gouvernants ont de plus en plus de mal à maîtriser, la mondialisation s'accélérant, leur territoire juridictionnel apparait comme bien exigu face à l'immensité du monde, c'est donc à partir de ce troisième principe que tout commence à basculer.
"J'entends par commandement, l'équité, l'amour pour ceux en particulier qui nous sont soumis et pour tous les hommes en général; la science des ressources, le courage et la valeur, la rigueur, telles sont les qualités qui doivent caractériser celui qui est revêtu de la dignité de général; vertus nécessaires pour l'acquisition desquelles nous ne devons rien négliger: seules elles peuvent nous mettre en état de marcher dignement à la tête des autres."Le commandement, tellement de chefs, d'élus, de présidents, de directeurs, les plus haut placés ne commandent pas, ils s'adaptent continuellement à l'opinion, ils n'ont pas d'amour pour leur citoyens, ils les méprisent dès qu'un vote ne leur est pas favorable et de toute façon la plupart du temps.Le courage, les politiques courageux ne sont pas ceux qui prennent des décisions, sinon les choses seraient différentes, ils auraient eu le courage de dire il y a bien longtemps que l'état providence à ce rythme là était intenable. La rigueur, si c'est celle qui consiste à laisser filer les comptes publics, alors ils en ont, mais ce n'est pas cette rigueur là dont il est question. La science des ressources, entendez la gestion des finances ici, lamentable. Le commandement est donc de piètre qualité.
"Aux connaissances dont je viens de parler, il faut ajouter celle de la discipline. Posséder l'art de ranger les troupes; n'ignorer aucune des lois de la subordination et les faire observer à la rigueur; être instruit des devoirs particuliers de chacun de nos subalternes; savoir connaître les différents chemins par où on peut arriver à un même terme; ne pas dédaigner d'entrer dans un détail exact de toutes les choses qui peuvent servir, et se mettre au fait de chacune d'elles en particulier. Tout cela ensemble forme un corps de discipline dont la connaissance pratique ne doit point échapper à la sagacité ni aux attentions d'un général."La discipline, elle n'existe pas, notre président a de plus en plus de mal à contenir l'ambition de certains de ses généraux, les troupes ne savent plus qui suivre. Longtemps Sarkozy a tenu les députés pour des machines à voter, son dédain lui en coûte beaucoup aujourd'hui. Il tente de redevenir le chef en faisant plus attention à ses subalternes mais le mal est fait, la discipline a quitté les rangs de l'UMP, trop de petits chefs, trop de volontés de se voir président à la place du président.
Dans peu de temps (le temps justement) il ne maitriseront plus aucun de ces cinq points. La doctrine? Ils devront en changer contraints et forcés par les évènements à venir: difficultés à rembourser la dette, services publics trop chers et peu efficaces, etc... Le temps? A force d'en gagner par années, puis par mois, ils finissent aujourd'hui à n'avoir que des jours gagnés afin de prendre les décisions dont aucune population ne veut. Il arrivera un jour où il ne leur restera plus que des heures, des minutes...
"Les connaissances que je viens d'indiquer vous permettront de discerner, parmi les princes qui gouvernent le monde, celui qui a le plus de doctrine et de vertus; vous connaîtrez les grands généraux qui peuvent se trouver dans les différents royaumes, de sorte que vous pourrez conjecturer assez sûrement quel est celui des deux antagonistes qui doit l'emporter; et si vous devez entrer vous-même en lice, vous pourrez raisonnablement vous flatter de devenir victorieux."Oui grâce à un texte vieux d'au moins 2500 ans nous pouvons dire que nos dirigeants sont mauvais, n'ont aucune vertus sauf celle qui consiste à mentir, promettre du vent, pour arriver au Graal: le pouvoir. Mais une fois que l'on a le pouvoir, il faut en être digne, est-ce le cas de nos dirigeants? Posez-vous la question.
"Je suppose encore que vous avez mille onces d'argent à distribuer aux troupes chaque jour, et que leur solde est toujours payée à temps avec la plus rigoureuse exactitude. Dans ce cas, vous pouvez aller droit à l'ennemi. L'attaquer et le vaincre seront pour vous une même chose."L'armée de fonctionnaires qu'il faut pour instruire les populations, l'armée de fonctionnaires pour contrôler et prélever les impôts, etc... C'est cette armée là dont je parle, l'état la traite le mieux possible: retraites en avance, sécurité de l'emploi, salaire qui augmente avec le temps et non le mérite.
"Je le répète: On ne saurait tenir les troupes longtemps en campagne, sans porter un très grand préjudice à l'État et sans donner une atteinte mortelle à sa propre réputation."Les hordes de fonctionnaires sont au combat depuis des années, les grèves, elles ont un pouvoir ravageur sur la réputation des soldats, non, sur l'état. S'ils sont en grève c'est parce que l'état ne leur donne pas ce qu'ils demandent. Lors de grèves de la SNCF, il n'y a jamais eu d'attaques physiques contre des grévistes, maintenant vous comprenez pourquoi.
"Sun Tzu dit: Généralement, le commandement du grand nombre est le même que pour le petit nombre, ce n'est qu'une question d'organisation. Contrôler le grand et le petit nombre n'est qu'une seule et même chose, ce n'est qu'une question de formation et de transmission des signaux."L'organisation de la fonction publique est tellement mauvaise que l'état ne peut même plus contrôler tout ses fonctionnaires, il n'est pas non plus capable de donner un chiffre précis concernant leur nombre (véridique). Par exemple lorsqu'une directive d'un ministre de l'éducation nationale demandait la fin de la méthode globale, la mise en application par les directives internes n'ont jamais supprimé cette méthode, le général n'a pas d'autorité sur les troupes.
Nous pourrions continuer comme cela avec beaucoup de passages du livre mais une chose est certaine, ils ont déjà perdu. Ils ont tout lâché dans la bataille avec l'idée de gagner, livrer 750 milliards d'euros aux marchés ne les a pas calmé, loin de là. Il ne leur resteque peu de cartouches et chacune d'elle est moins puissante que la précédente, contre des marchés peuplés de soldats, entrainés, instruits, disposant de procédures qu'il suivent à la lettre, ils connaissent la topographie et les méandres des marchés. Ils disposent des outils, des moyens, ils ne désirent qu'une seule chose: qu'on leur rendre l'argent qu'ils ont prêté et pour cela ils sont prêts à tout, nos gouvernants n'ont pas le courage politique d'annoncer ce qui s'impose: une diminution extrême du coût de l'état. Les tenants des marchés perdront quelques batailles peut-être mais pas la guerre. Ceux qui pâtiront de cette guerre seront les contribuables, ceux à qui l'on prendra tout: retraites inexistantes, impôts, inflation, taxes. S'ils faisaient ce qui devrait être fait, ce serait un aveu d'échec et leur pouvoir ne serait plus qu'insignifiant. L'oligarchie qui compose le pouvoir se refuse à le perdre et même au sein de cette oligarchie, regardez lorsque l'on essaie de transférer des compétences à une autre juridiction, c'est immédiatement que les généraux se sentent en danger et se plaignent aux médias.
"Quel est celui de nos livres qui ne fait l'éloge de ces grands ministres! L'Histoire leur a-t-elle jamais donné les noms de traîtres à leur patrie, ou de rebelles à leur souverain? Seul le prince éclairé et le digne général peuvent gagner à leur service les esprits les plus pénétrants et accomplir de vastes desseins."

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire