vendredi 5 février 2010

Welcome to the jungle n°8

Bonjour à tous, la journée d'hier a été très dure pour les marchés qui ont chuté de plus de 2% dans leur ensemble et ce matin, en Europe, est dégringole de plus de 2% sauf le DAX qui, lui, est à -1.30% (au moment où j'écris). Les grandes craintes restent les dettes des éats, la Grèce, l'Espagne et le Portugal en tête. Ce matin il semblerait même que le coût de ces emprunts aient touché un maximum! Ce qui inquiète c'est la capacité des états à pouvoir mettre en place les mesures (austères) qui s'imposent pour renverser la tendance. En Grèce on craint des grèves, en Espagne la régionalisation ne permet pas de faire les choses très vite et au Portugal le gouvernement en place ne jouit pas d'un support politique qui pourrait rendre les choses plus simples.


Afin d'exposer mon propos, aujourd'hui je vais traiter l'information autours de deux indices bien connus des investisseurs, le VIX et le VXO (plus ancien). Le VIX est un indicateur de volatilité qui existe depuis 1993, il est calculé sur le prix des options du S&P500 et montre la volatilité à venir dans le court terme. Le VXO est, lui, plus ancien. Il est calculé sur le CBOE (Chicago Board Option Exchange) et permet d'avoir une vision sur le long terme (que le VIX car on peut remonter plus loin dans le temps) de la volatilité des marchés sur le court terme.

Tout d'abord, regardons le graphique sur trois mois:
 
(source: Yahoo! finances)
On remarque qu'hier on est passé de 21.60 à 26.08 en une seule journée. On remarque aussi que les 19 et 20 janvier c'était pire. Sur trois mois on sent que depuis le 19 janvier les investisseurs sont plus enclins à se poser des questions et la moindre mauvaise nouvelle est immédiatement sanctionnée mais dans le même temps les bonnes nouvelles sont plutôt bien saluées, comme mardi. Notre indice de volatilité VIX nous montre donc que les investisseurs ne sont pas très sereins.

Mais qu'en est-il si on regarde le VIX depuis sa création?

                     (source: Yahoo! finances)

On remarque que le "all time high" du VIX est en octobre 2008 avec un 59.89. En ce moment nous sommes au-dessus de la moyenne mais nous ne sommes pas dans l'affolement comme nous avons pu le connaître dans le passé et j'en veux pour preuve le VXO:
  
                          (source: Yahoo! finances)

Sur ce graphique qui remonte jusqu'en 1986 on voit que le record sur la période est de 61.41, mais pour le "all time high" il faut aller le chercher justement durant ce mois d'octobre 1987, en une seule séance le VXO a atteint 172! Le graphique pourrait faire penser que finalement le pire est passé que nous avons atteint une sorte de maximum au mois d'octobre 2008 (un peu comme en octobre 1987) . Alors que s'est-il passé en octobre 1987, en fait plus précisément le 19 octobre 1987 ou plus communément appelé le "lundi noir". Ce jour là a été enregistré le second plus grand plongeon d'une bourse d'action avec -22.6% (le plus grand plongeon ayant eu lieu en Finlande en 2008). Et quand on regarde de plus près cela devient intéressant. Au début des années 80 Paul Volcker (oui oui c'est bien le même qui tente d'imposer sa Volcker rule) annonce que la FED veut juguler l'inflation (plus de 13% à l'époque aux Etats-Unis) afin de stabiliser le dollar et faire baisser l'inflation. Les taux sont montés à 19%. Cela provoque un afflux de capitaux sur le dollar, qui monte en flèche et incite les Etats du G7 à intervenir massivement sur les marchés afin de faire baisser le dollar (accords du Plaza). Une fois le dollar revenu à son plus bas de 1979 les pays du G7 interviennent de nouveau pour stopper la chute ce sont les accords du Louvre. Ils ont déprécié le dollar, ce qui provoque de nouveau de l'inflation et de nouveau une montée des taux par la FED alors dirigée par Alan Greenspan. Cette hausse des taux fut bien accueillie mais il arrive un moment où les taux élevés ne poussent pas à investir dans les actions qui seront peut-être un peu plus rémunératrices mais tellement plus risquées que des emprunts d'Etat ou autres placement fiduciaires. Le 16 Octobre la bourse plonge de plus de 4% et descend sous un support technique majeur, le 19 octobre tout s'enchaine, la Bundesbank remonte ses taux, annonce d'un déficit commercial des USA bien plus important que prévu et c'est le mouvement de panique. Tout le monde se met à vendre à vendre, les volumes de transactions explosent pour finalement finir à -22.6%. Dans le sillage de Wall Street cette moi-ci on verra Hong-Kong chuter de 45.8%, l'Australie de 41.8%, le Royaume-Uni de 26.4%, le Canada de 22.5%.

Ce que je vient de raconter fait partie des scénarios catastrophes que les marchés financiers ont réellement connus, nous en sommes très loin. Les intervenants ont appris à garder leur calme il semblerait. Où voulais-je en venir? Tout simplement au fait que derrières les échanges il y a des hommes et que le sentiment de panique peut les mener à agir de façon disproportionnée face à un évènement auquel ils n'étaient pas ou peu préparés. ce que nous vivons actuellement n'a rien à voir avec ce qui s'est passé il y a 23 ans mais rien ne dit que cela ne puisse se reproduire dans un futur proche. La crise est loin d'être terminée mais je pense que le plus dur est passé, nous devrions subir ses effets jusqu'en 2011 au moins. 

On en déduit que les indices VIX et VXO sont excellent pour connaître le niveau de stress des marchés et si vous souhaitez les suivre et que vous souhaitez spéculer sur cette volatilité des marchés voici des produits pour vous permettre de le faire:

VXX 
VXZ 

Puis un autre produit rend cela possible en CHF par contre, pas en dollars:

En attendant demain et la revue de la semaine et du portefeuille SHORTO, voici une petite revue de presse:

Le Dollar est s'apprécie face aux autres monnaies:

Un article sur le pétrole:

Un article très intéressant sur l'énergie:

Les entreprises sont-elles trop dépendantes des états?

Encore et toujours la Grèce:

Je n'en ai pas parlé mais Toyota s'est vu mettre en garde quant à la baisse de sa note par le S&P et le président s'excuse à la japonaise de ce qui pourrait être un discrédit mais aussi et surtout des rappels de voitures défectueuses:

Voilà c'est tout pour aujourd'hui! On se retrouve demain pour l'analyse du portefeuille SHORTO et un petit compte-rendu rapide de la semaine. Bonne soirée à tous.

"Le but de l’homme moderne sur cette terre est à l’évidence de s’agiter sans réfléchir dans tous les sens, afin de pouvoir dire fièrement, à l’heure de sa mort : "Je n’ai pas perdu mon temps." "
                                    Pierre Desproges

jeudi 4 février 2010

Welcome to the jungle n°7

Bonjour à tous, hier fut une journée malheureusement négative comme on pouvait s'en douter. La période des résultats est presque terminée et on remarque une chose importante, uniquement un tiers des entreprises ont mieux performé que l'année précédente. Vous me direz que ce n'est déjà pas si mal tant 2009 fut une année difficile et sur ce point je vous donne raison mais il faut tout de même penser que les deux tiers des entreprises ont du mal à toucher leur marché et cela ne pourra pas continuer indéfiniment.

 
(source: Boursorama)
On peut voir sur ce graphique journalier du Dow Jones que le RSI est proche des 50, mais bizarrement je  ne crois pas en la hausse. Tout d'abord la période des résultats touche à sa fin et seuls les chiffres économiques pourraient booster les marchés mais ceux-ci se révèleront-ils suffisamment bons? Il suffit de regarder ceux d'hier pour comprendre ce qui se passe. L'ADP de l'emploi a été (une fois encore) sous évalué par nos amis les analystes qui voyaient une baisse des demandeurs d'emplois équivalente à 22000 personnes, finalement ce sera 30000 (une erreur d'un peu plus de 35%...). 

Dans le même temps les réserves de pétrole augmentaient de 2.3 millions de barils, les analystes attendaient une hausse des stocks de 1 millions de barils (certains voyaient une baisse des stocks). Lorsque les chiffres définitifs arrivent, les opérateurs les comparent immédiatement avec ceux des analystes, si le chiffre réel est au-dessus du consensus de prévision alors tout va bien dans le meilleur des mondes et les opérateurs sont souvent bullish mais lorsque l'inverse se produit, les opérateurs deviennent peureux et c'est le bearish feeling qui l'emporte. Certains ont tendance à attaquer ces analystes et experts qui sont très souvent en dehors des clous et se trompent parfois (comme hier) de plusieurs dizaines de pourcents,  tout le monde financier le sait, alors pourquoi continuer de se servir de ces estimations afin de juger si un chiffre économique est bon ou pas? On en déduit que même si les chiffres ne sont pas excellents dans l'absolu, les opérateurs relativisent en comparant ces chiffres avec ceux des analystes ou ceux de 2009 (qui étaient tout simplement innommables).

Hier la tendance était plutôt à l'attente, certains ont dû liquider leurs positions et prendre leurs profits (ce que j'aurais fait) et attendent bien sagement demain et les chiffres du taux de chômage aux US et ceux des demandeurs d'emploi dans le même pays. Mais c'est oublier aujourd'hui et les chiffres des inscriptions aux allocations chômages ainsi que ceux des commandes à l'industrie et de la productivité. Ces chiffres tomberont dans le courant de l'après-midi, mais je pense que tout le monde attendra demain pour avoir LES statistiques: celles de l'emploi et du taux de chômage. Car pas de clients, pas de business.

Il y a 20 minutes Jean-Claude Trichet a annoncé que les taux à 1% restaient inchangés et cela ne me surprend guère tellement c'était attendu. La politique en Europe reste la même: relancer l'économie avec des taux d'intérêts faibles afin d'inciter les entreprises, les banques et les ménages à s'endetter.

Donc depuis 9h30 ce matin les marchés sont attentistes en Europe, on attend l'ouverture des marchés américains afin de choisir dans quelle direction doit s'orienter le marché. Nous verrons bien si les américains réagiront aux chiffres d'aujourd'hui ou pas.

En attendant les chiffres voici une petite revue de presse:
Un article sur la politique de Chavez, assez intéressant car assez peu enclin à encenser la tête de gondole des alter-mondialistes:

Les banques admettent qu'elles ont besoin d'être chapeautées par des lois:

La Deutsche Bank fait des profits grâce à sa section banque d'investissement:

Les américains inquiètent avec leur dette astronomique (En Europe cela aussi va arriver) et pourraient perdre leur AAA:

Un autre article sur la dette des états:

Je n'en ai pas parlé, mais la semaine dernière c'était le congrès de Davos (chez nos amis suisses) et voici un petit article sur le sujet:

Comment Angela Merkel ne se cache pas derrière le fait de payer des informateurs pour obtenir des listes de noms de contribuables allemands tentant de mettre leurs économies à l'abri:
A ce sujet, je trouve tout simplement scandaleux de pousser à ce qui est un crime en Suisse.

Et pour terminer cette revue de presse un article du FT sur ce que devrait faire les pays de l'Eurozone afin de s'en sortir:

"Le plus dur pour les hommes politiques c'est d'avoir la mémoire qu'il faut pour se souvenir de qu'il ne faut pas dire"
                Coluche

mercredi 3 février 2010

Welcome to the jungle n°6

Bonjour à tous, aujourd'hui est un mercredi avec pas mal d'actualité et ce billet sera surtout basé sur quelques unes de ces actualités. Tout d'abord je parlerai de la proposition de Mr. Volker ("the Volcker rule") puis de la situation de la Grèce et des "recommandations" de l'Union Européenne, je terminerai par quelques points particuliers sur les chiffres économiques d'hier.


Paul Volcker est un ancien directeur de la FED (1979-1987), cet homme est connu pour avoir arrêté la stagflation que connaissait les USA dans les années 70. Après l'élection de Barrack Obama, il a été nommée président de la commission pour la reconstruction économique. Paul Volcker a déclaré "What I want to get out of the system is taxpayer support for speculative activity, I don't want my taxpayer money going to support somebody's proprietary trading". Ce qu'il désire est simple: empêcher les grosses banques de spéculer sur leur fonds propres. Mais quelles sont les banques visées? Essentiellement les plus grosses ("maybe four or five" comme il l'a dit) Bank of America, Morgan Stanley, Citigroup, Goldman Sachs et JP Morgan et sept autres dans le monde ("perhaps a couple of dozen worldwide"). Lorsque ces banques font des profits mirobolants grâce à leurs activités de trading, elles versent des bonus tout aussi extravagants à leurs employés, mais lorsque cela tourne mal, c'est le citoyen lambda qui paye. En effet, les banques sont les moteurs de l'économie, leur principal rôle est de donner des crédits, tenir des comptes et faciliter les échanges d'argent mais depuis pas mal de temps cette activité est quasiment devenu subalterne et au final peu rémunératrice. Leur couper ce qui a très rarement été dans le secteur des pertes n'est pas une chose qui sera bien accueillie par ces banques qui ont tout de même un certain poids sur l'économie du pays. Bien sûr on peut penser qu'il y a conflit d'intérêt entre les banques et leurs clients, bien sûr on peut penser que ceci peut mener les banques à se satisfaire plutôt que d'aller dans le sens de l'enrichissement de leurs clients mais cette Volcker Rule est-elle le bon moyen de le faire?
Si les banques ne peuvent plus investir leurs fond propres sur les marchés, alors comment vont se traiter des centaines de produits financiers qui ont déjà peu de volumes? Les banques sont les market makers, elles apportent des liquidités dans les marchés et les rendent liquides, pour s'en convaincre il suffit de regarder le LEVELII. Mr. Volcker veut laisser ces activités de trading aux Hedge Funds et autres entreprises privées dont l'activité n'est en aucun cas une activité bancaire.

Il est vrai que ces banques reçoivent des prêts en direct de la FED à des taux très intéressants, ce qui les pousse à aller sur les marchés et tenter de spéculer afin de gagner bien plus que le montant des intérêts, mais comme je l'ai dit plus haut, les banques ont très souvent vu cette activité de trading pour compte propre être dans le vert! Alors si d'un point de vue économique cela n'est pas très justifié, regardons d'un point de vue politique. Barrack Obama chute inexorablement dans les sondages, peut-être veut-il redorer son blason en tapant sur les banques et montrer qu'il est avec le peuple. Au lieu d'aller réglementer les produits financiers toxiques (ce dont Volcker n'a pas parlé) qui nous ont plongés dans la crise, Volcker préfère le coupe médiatique, quitte à ce que cela ne passe l'épreuve du Congrès. De toute façon ils pourront toujours dire que c'est la faute des Républicains.

Maintenant, j'aimerais parler rapidement de la Grèce. Ce pays qui est dans la zone euro se trouve dans une grande difficulté économique, mais comme si cela ne suffisait pas, après l'émission de leur dette, un papier du Financial Times du 27 janvier affirmait que les chinois refusaient d'acheter 25 milliards de dette Grecque. Les marchés ont très rapidement réagis en faisant monter le taux de cette emprunt à près de 7% ce qui représente le double ce que l'Allemagne (la référence de l'eurozone) doit payer pour emprunter. Depuis les choses se sont calmées et les chinois tout comme les grecques ont démentis. Mais cela montre qu'une erreur d'un journal (même si pour moi il n'y a pas de fumée sans feu) peut faire trembler les marchés et le démenti qui suit ne pourra rétablir une confiance totale. Hier, le commissaire européen aux affaires monétaires Monsieur Joaquim Almunia demandait à la Grèce d'accélérer ses efforts pour réduire les dépenses publics et l'installation d'une taxe supplémentaire sur les carburants (la taxe sur les véhicules ayant été un flop, une bonne partie des grecques refusant de payer) mais aussi de mettre en place une réforme des retraites et cela le plus rapidement possible. L'eurozone ne saurait se permettre le luxe d'une faillite de la Grèce.

Enfin, pour en revenir aux marchés eux-mêmes, il semblerait que la correction qui se déroulait depuis janvier va se poursuivre. Eh oui, nous pourrions entrer de nouveau dans un bear market, mais les bourses ne semblent pas être trop affectées par ses supputations à l'heure ou je vous écris mais les chiffres à venir ne semblent pourrait confirmer cette tendance: le MBA purshase application, l'ADP employment, l'ISM services et les stocks de pétroles (ceux-là on on peut toujours douter de leur validité...). Alors même si les opérateurs se basent sur les chiffres lamentables de 2009 pour tirer des hausse de tendance sur les chiffres de 2010, il n'en reste pas moins que les chiffres ne sont pas flamboyants.

Le graphique ci-dessous est assez marquant, on voit bien que la MACD est en sur-achat et que le RSI et la STOS sont déjà en train de plonger et ces deux indicateurs sont plus rapide que la MACD qui a tendance à plutôt entériner une tendance.


Pour terminer je vous propose de regarder une petite video qui vous fera penser que l'Ipad c'est déjà dépassé:
SixthSense

Bonne fin de journée à tous et à demain.

Une petite citation qui laisse à réfléchir sur tout mes commentaires sur l'actualité:
"Être possédé par l'actualité, c'est être possédé par l'oubli"
                                           Milan Kundera

Petite revue de presse:
Traders seek cues from data as rally fades
EU tells Greece to cut public sector wages
Athens Hopes that Beijing will buy €25bn gouvernment debt
What the World Must Do to Sustain Its Convalescence
(source: Financial Times)

mardi 2 février 2010

Welcome to the jungle n°5

Bonjour à tous. comme promis hier soir je vais aujourd'hui un peu parler de gestion de portefeuille. Il est un point essentiel de nos jours pour un banquier, c'est de connaître ses clients. Les anglais et américains en ont fait une procédure très particulière le KYC (Know Your Customer). Au- delà même des questions habituelles auxquelles les clients qui souhaitent ouvrir une compte en banque sont soumis, les KYC implique de faire des recherches sur son client.

Lorsque je travaillais pour la banque privée Coutt's and Co., à chaque nouveau client nous faisions une recherche internet pour voir si nous pouvions trouver la compagnie dont le client nous affirmait être le président et nous faisions aussi une recherche sur un registre particulier pour savoir si l'homme était sur une liste de clients frauduleux. Ceci est un travail final je dirai, c'est ua banquier privé de bien jauger son client en amont en prenant un ou plusieurs rendez-vous avec son futur client avant même de lui faire ouvrir le compte. Il parait quasiment inconcevable qu'un client rentre dans une banque privé et dise: "je viens pour un compte" et qu'on lui ouvre immédiatement le compte. La banque privée qui faite cela ne fait pas correctement son travail. Pour moi la relation entre le client et son banquier privé est une relation de confiance qui ne peut s'établir en un seul entretient. En effet, le client va placer son argent dans une banque mais surtout sur l'avis d'un banquier privé, il faut donc que le client fasse suffisamment confiance au banquier afin que celui-ci place son argent.

On voit donc bien que la relation entre le banquier privé et le client est une relation de confiance mutuelle, d'un côté le client a besoin de faire confiance au banquier privé afin qu'il gère son argent de la meilleure des manières et de l'autre le banquier privé ne souhaite pas recevoir de l'argent sale dans son portefeuille. Afin que les deux parties (qui vont signer un contrat) se fassent mutuellement confiance, il faut discuter et parfois beaucoup d'entrevues afin de finaliser cet accord. Le KYC que va rédiger le banquier privé sera un résumé de ces entretiens dans lequel il donnera tous les détails glanés pendant ses rendez.vous avec le client avec comme point crucial: la provenance des fonds. Certaines banques sont de toute confiance et peuvent rédiger une lettre à la nouvelle banque comme quoi les fonds sont garantis ne pas être frauduleux.

Alors bien sûr il y a des banques moins regardantes sur l'origine des fonds et les KYC se résument parfois à dix lignes lorsque normalement il devrait être un  dossier relatant la provenance des fonds, l'origine de la fortune, les activités professionnelles du clients, ses engagements financiers mais aussi des coupures de presse (si le client ou sa compagnie sont sujet à ce type de publicité) des brochures de la compagnie du client détaillant les produits qu'il vend et pour terminer les recherches dans les dossiers de fraude effectuées par des services souvent légaux ou tout du moins indépendant du front office de la banque.

En guise de conclusion sur le sujet, je pense que la relation qu'un banquier privé doit entretenir avec son client est une relation de confiance mais aussi de respect mutuel, les deux parties doivent se respecter mutuellement afin qu'aucune des deux ne souffre de la malveillance de l'autre. Il me semble normal dans le monde tel qu'il est aujourd'hui que les banquiers fassent des recherches sur leurs futurs clients car les blanchiment d'argent et le terrorisme doivent être jugulés. Malheureusement il y a encore des banques peu regardantes sur ce genre de "détails" mais je dirai que celles-ci sont en constante diminution. Il n'y a pas besoin de loi, une mauvaise publicité est suffisante pour casser la confiance qu'il existe entre une banque, ses banquier privés et ses clients; une fois l'équilibre rompu il est parfois difficile de s'en remettre. Car il ne faut jamais l'oublier vous placer votre argent dans une banque qui vous inspire confiance, si la confiance est brisée vous en partirez.

A demain!

"La banque est un piège à compte."
                               Jacques Pater

lundi 1 février 2010

The jungle appliquée n°3


Toujours comme Indiana Jones, je me suis lancé ce matin à la recherche de bonne occasions. Je vous prie de m'excuser le post tardif mais les cours de Néerlandais n'attendent pas!

Voici donc les deux tableaux récapitulatifs des idées d'investissement sur court terme et moyen terme.


SHORTO





MEDDIO






A demain avec un nouveau sujet à propos de la gestion de portefeuille.

samedi 30 janvier 2010

The jungle appliquée n°2

Voilà donc le moment des résultats de mon premier portefeuille SHORTO, une performance de 0,48%, ce qui n'est pas trop mal pour une première fois.Mais voilà, les marchés ont été un peu surprenants ces deux derniers jours avec un yoyo un peu étrange et auquel je ne m'attendais pas. Malgré tout cela je ne m'en tire pas trop mal avec une performance que j'estime honorable dans des conditions de marché surprenantes. On le voit sur le graphique du cac40, jeudi le cac débute la journée au plus haut pour finir au plus bas, le lendemain il y a un gap en hausse à l'ouverture. En général quand l'indice ou un titre termine la journée au plus bas, le lendemain il y a de fortes chances d'y avoir un gap, mais baissier. Ce n'a pas été le cas ici et je pense que pas mal d'overnight traders ont dû avoir une surprise le matin.
  
(source: Boursorama)

Comme on peut le voir sur le graphique (cliquez pour agrandir), les indicateurs commençaient à aller vers la baisse en fin de journée de vendredi. Ce graphique est sur une base horaire et montre que le cac pourrait baisser à l'ouverture lundi, d'autant plus que les marchés américains sont restés indécis avec des performances à peine inférieures à 0. Il se pourrait donc que les indicateurs techniques aient leur importance lundi. 
  
(source: Boursorama)

Sur ce graphique ayant pour base la journée, on voit que les indicateurs techniques sont au plus bas, notamment le RSI 14 jours et les stochastiques qui sont toujours un peu en avance sur le MACD. le MACD a pour rôle de confirmer la tendance qui s'est profilée avec les RSI et Stochastiques. Pour profiter pleinement de la tendance il faut se positionner dès que les RSI 14 jours atteint les zones sur-vendues et sur-achetées et dès que les stochastiques se croisent, les deux indicateurs techniques en même temps sont souvent assez révélateurs d'un changement de tendance. Si le MACD confirme dans les jours qui suivent, alors on a généralement juste et on risque de faire de jolis performance. Donc ici je vois bien les marchés descendre ou être indécis lundi pour remonter jusqu'en fin de semaine avec peut-être une journée négative mercredi ou jeudi selon la montée de mardi. Donc vous l'avez compris je me positionnerai Bull cette semaine.

Voici mes performances pour le premier portefeuille SHORTO (cliquez pour agrandir):


vendredi 29 janvier 2010

Welcome to the jungle n°4

Bonjour à tous, aujourd'hui je compte un peu donner mon avis sur l'actualité. En effet, hier Ben Bernanke a été réélu pour un mandat de quatre ans à la tête de la FED et il y a eu le tant attendu IPad qui a été présenté au public par l'inénarrable Steve Jobs.

Mais parlons tout d'abord de Ben Bernanke le directeur de la FED. Pour
ceux qui ne sauraient pas ce qu'est la FED, c'est la banque centrale américaine que l'on peut comparer à la banque centrale européenne, même si certaines de ses missions sont un peu différentes, mais je pourrai revenir un jour sur ce sujet. Ce qui nous intéresse aujourd'hui c'est l'homme et ce qu'il a fait durant les quatre dernières années à la tête de la FED. Il est bon de souligner que la tâche n'a pas été simple de prendre la suite du grand et vénéré Alan Greenspan qui assura la présidence de la FED de 1987 à 2006. Succéder à un homme qui fut réellement l'idole de bon nombre de financiers n'a pas été chose simple surtout qu'Alan Greenspan a occupé ce poste pendant près de 20 ans.

Qui est donc Ben Bernanke? Ce professeur d'économie à l'université de Stanford né en 1953 est diplômé de Harvard et a obtenu un Phd (doctorat pour les américains) dans l'université du Massachusetts Institute of Technology. Il devient le 1er Février 2006 le président de Federal Reserve. Ben Bernanke a été réélu hier soir par 70 voix contre 30 et quelques abstentions, mais ce qui nous préoccupe ici c'est son action durant les quatre dernières années et pour cela rien de tel que des chiffres et des graphiques! Commençons par le graphique mensuel de l'Euro contre le Dollar US, qui constitue le change de base.

(source Boursorama)

On voit qu'au début du mandat de Ben Benanke, le dollar s'est déprécié et ce jusqu'au début de la crise en Avril 2008. Le dollar stagne face à L'euro puis gagne du terrain de façon très rapide avant d'avoir une progression dans le temps chaotique entre Novembre 2008 et Avril 2009. la tendance repart alors à la hausse, mais depuis deux mois la tendance est à la baisse et le dollar reprend des couleurs. Dans le même temps l'Euro perd du terrain contre la plupart des autres monnaies de référence. Les indicateurs sont très clairs pour les prochains mois (au moins 3 ou 4) le dollar devrait s'apprécier face à l'Euro. Donc, depuis la première élection de Ben Bernanke, le dollar a perdu du terrain face à l'Euro, mais je ne pense pas que le dollar reviendra à ses niveaux de 2005/2006, tout du moins pas cette année et je pense même que l'Euro devrait, en fin d'année, reprendre du terrain face au dollar. On devrait assister à une correction jusqu'au mois d'Avril/Mai, puis une hausse de l'Euro face au dollar. Je pense que la barrière des 1.30 sera difficile à franchir pour le dollar. Nous verrons dans quelques mois si mon pronostique était bon.

Regardons maintenant les taux directeurs de la FED durant les quatre dernières années:
 
(source les Echos)
Aujourd'hui on côte les taux courts américains à 0.11% ce qui est vraiment très très faible, voir insignifiant. Cela revient à dire que le taux de rémunération de l'argent est quasi nul. On prête son argent ou en emprunte pour des taux extrêmement bas. En 2006 lorsque l'économie était en plein essor, les taux sont montés très vite jusqu'à un peu plus de 5%, ensuite c'est la descente aux enfers, les taux n'ont cessé de descendre pour atteindre le plancher (les taux d'intérêts négatifs réels se sont déjà vus, USA dans les années 60, les bons japonais à 6 mois en Novembre dernier à -0.05%, en 79 avec le franc suisse). Nous sommes proches du taux 0 et cela ne saurait, à mon avis, booster l'économie. Dans un avenir proche, il faudra des liquidités et donc un marché du crédit de nouveau actif pour que l'économie reparte, voilà le grand défi de Ben Bernanke pour son nouveau mandat.

Ben Benanke est convaincu que lors de la crise de 1929, la FED a mal agi en ne faisant rien et la récession s'est transformée en grande dépression, son but, depuis le début de la crise, a été de ne pas répéter ces erreurs afin que la crise actuelle ne se transforme pas en grande récession. Il s'engage à ce que les banques prêtent davantage, il reconnait ses erreurs post-crise, il dit les choses comme elles doivent être dites. Cet universitaire mis en place par l'administration Bush a même fini par séduire Barack Obama, qui a appuyé sa réélection. Il est certain qu'il a trop poussé le crédit durant la période post-crise, mais il a été bon dans la période critique de la crise, difficile de ne pas donner du crédit à cet homme discret mais qui a su agir au bon moment afin de sauver l'économie américaine.

Mais qu'est-ce qui attend Ben Bernanke pour son prochain mandat? Le pouvoir législatif américain planche sur une refonte des lois régissant la FED et sur ce point, Ben Bernanke n'a aucune autorité et devra faire avec. La Fed sera-t-elle toujours indépendante ou sous tutelle de l'Etat? La question qui risque d'être très compliqué à trouver sa réponse sera: Quand et comment relever les taux? La FED ne peut indéfiniment laisser couler le flot du crédit et faire tourner la planche à billet ad vitam æternam, il faudra donc trouver le bon moment et la bonne cadence pour relever les taux. La FED a vu son image ternie par le manque d'anticipation des bulles, les taux étant déjà quasi nul, un autre sursaut de la crise entrainerai une pression politique très forte sur la FED qui ne pourrait peut-être pas s'en remettre. Il faudra que Ben Bernanke fasse un lobbying très actif auprès des politiques et accroître la transparence de son institution afin de redorer son blason, sali par beaucoup d'erreurs au prix exorbitant pour les contribuables américains.

(source REUTERS/Kimberly White) 

Parlons peu mais parlons bien d'un sujet plus léger avec l'ipad. Steve Jobs a présenté hier le tout nouveau produit d'Apple: l'IPad. Son nom fait déjà sourire, ses capacités  et son prix semblent ne semblent pas séduire mais je pense que tout comme l'IPhone, l'IPad sera un Blockbuster commercial.

La première version sera sans 3G, sans wireless et sera vendu 500 dollars, je pense donc qu'il faudra attendre le prochain IPad avec ces deux composants supplémentaires pour vraiment en tirer le maximum. Mais quel maximum? Et bien c'est là que le bas blaisse, il semblerait que malgré son imposante carrure, l'IPad ne soit pas un foudre de guerre, il n'y aura pas d'USB et pas moyen d'y mettre une carte SD ou HDMI; tout comme l'iphone il ne lit pas les videos en flash sur Internet. En revanche il semble être assez rapide et son prix semble être assez agressif face à la concurrence. Apple a perdu près de 4% hier, mais je pense que cet IPad fera passer la barre des 300 dollars à l'action d'apple, car tout comme l'iphone, l'IPad trouvera son marché et sera tedance. Par contre l'emporter partout comme son Iphone sera plus compliqué...

A tout à l'heure pour les résultats du portfolio SHORTO.

jeudi 28 janvier 2010

Welcome to the jungle n°3

Bonjour à tous, aujourd'hui je vais tenter de vous expliquer un des produits les plus connu dans ce qu'on appelle les "cash et short term products", c'est à dire les produits basés sur le cash. Il existe trois types de produits financiers dans cette branche d'investissement.

Le premier produit est réellement le plus sûr, mais peut aboutir à des techniques compliquées et même risquées. Les dépôts fiduciaires permettent aux clients des banques de prêter leur argent sur les marchés financiers avec en retour un pourcentage et évidement votre capital. Aujourd'hui les taux en euros et dollars sont très faible, de plus la banque prendra sa commission au passage. Il existe deux taux de base, l'EONIA et l'Euribor pour la zone euro. L'EONIA est le taux au jour le jour pour les prêts interbancaires en blanc (sans gage en titre de la contrepartie demandeuse). Ce taux n'est pas accessible pour les clients, car dans certains pays il est impossible de placer un dépôt fiduciaire à moins de 30 jours (c'est le cas de la France). Le second taux de référence est l'EURIBOR (Euro interbank offered rate), ce taux est calculé lors d'un fixing tous les jours à 11H. L'EURIBOR est un taux qui peut se trouver sur différentes bases de temps d'une semaine à cinquante ans. l'EURIBOR 3 mois ou EUR3M est le taux de référence pour le marché de swaps (je reviendrai sur cette notion dans un autre billet). Cet EURIBOR est le taux qu'il va vous falloir regarder pour savoir combien va générer votre cash pour une période donnée. A ce taux il vous faudra retirer la commission de ma banque, ce qui dépendra de la somme que vous placerez et de la durée du placement.
Vous pourrez trouver ici les taux EONIA et EURIBOR chaque jour: EONIA / EURIBOR

Il existe un autre taux directeur qui est utilisé pour bon nombre d'autres devises que l'euro et notamment le dollar US, c'est le LIBOR. C'est exactement le même principe que pour l'EURIBOR mais le fixing se fait tous les jours à 11H, heure de Londres. Voici le lien vers les taux LIBOR:  LIBOR

Les dépôts fiduciaires sont  les produits les moins risqués disponibles, ils rapportent souvent peu, mais on ne perd son argent que si l'institutionnel auquel votre banque a prêté votre argent fait faillite durant la durée de votre contrat, autant dire qu'il y a peu de chance pour que cela arrive, même en ce moment.

Il existe des différences entre les différents taux rémunérateurs du cash, certains en profitent pour faire ce que l'on appelle du Carry Trade. cette technique est simple, mais très risquée. Prenons un exemple, un institutionnel va emprunter une certaine somme d'argent en euros,  le taux est de 2%. Institutionnel va changer cet argent en dollar et le prêter pour la même période que celle de son prêt en euros. le taux sera de 3%. Là on se dit que c'est une bonne affaire et que cela permet de gagner 1%, mais il ne faut pas oublier le change! Pendant la durée de cette opération le taux EUR/USD va changer et peut parfois évoluer à votre désavantage. On voit donc que le Carry Trade suppose une excellente connaissance du marché des changes bien que l'on travaille sur des produits cash.

Dans le prochain billet sur les produits financiers je vous expliquerai les Money Market Funds et les Cash Structured Products.

"Il y a tellement plus de choses importantes dans la vie que l'argent, mais il faut tellement d'argent pour les acquérir."
               Groucho Marx

mercredi 27 janvier 2010

The jungle appliquée n°1

Toutes les semaines je me propose de vous faire part de mes petites idées d'investissements. Tout comme Indiana Jones dans la jungle, je me devrai de mettre en application mes connaissances, parfois être bon parfois mauvais mais voilà un excellent test pour moi! Dans cette rubrique je vous donnerai divers horizons d'investissements. A chaque fin de période je ferai le point sur les performances. L'auto évaluation fait aussi partie de la vie d'un financier donc je n'ai pas peur de souscrire à cet exercice.

Voici les deux portefeuilles que je vous présenterai
le portefeuille SHORTO sera celui du court terme (3 à 5 jours) renouvelé tous les lundi, avec 5 produits.
le portefeuille MIDDLO sera celui du moyen terme (ici 1 mois à 3 mois) renouvelé tous les mois avec 5 à 10 produits.

Je me propose de rester sur les marchés européens qui sont les plus accessibles pour tous ceux qui liront ce blog.

Je n'ai pas encore préparé le portefeuille MIDDLO qui viendra en début de mois de Février, mais voici le portefeuille que je propose pour horizon vendredi (cliquer sur l'image pour l'avoir en grand):


Nous pourrons faire le point dès vendredi.

Welcome to the jungle n°2

Aujourd'hui je vais faire un point sur ce qu'on appelle la "gestion de portefeuille" et en guise de première partie, expliquer ce qu'est un profil client. Il faut savoir que tous ceux qui ont des titres financiers quels qu'ils soient ont ce qu'on appelle un portefeuille, que ce soit dans une banque de détail ou dans une banque privée, vous avez un ou plusieurs titres financiers, vous avez un portefeuille. On en vient souvent à investir dans bourse pour des raisons qui nous sont propres, mais elles relèvent toute d'une même motivation: la volonté de faire fructifier ses avoirs.

La chose la plus importante en gestion de portefeuille c'est de trouver une balance entre le profit et le risque. La plupart des personnes qui souhaitent investir et qui ne connaissent pas ce monde financier sont incapables de trouver cette balance elles-mêmes. C'est pour cela que les conseillers financiers existes, ils vous proposent des produits en corrélation avec votre "profil". Le secret d'un bon portefeuille commence avec votre profil, c'est aux professionnels de l'établir par des questions ciblées et de savoir expliquer les différents types de produits qui 'offrent à vous.

Mais vous pouvez déjà établir plus ou moins votre profil à travers quelques questions simples:

1/ Quel est votre âge?
La question peut sembler anodine mais elle est d'une grande importance, lorsqu'on est jeune et que l'on a la vie devant soi, on peut se permettre de prendre des risques avec l'argent que l'on met de côté, par contre une personne proche de la retraite souhaitera très certainement garantir ses avoirs afin de couler des jours paisibles jusqu'à la fin de sa vie. Une personne au milieu de sa vie, vers 40 ans, pourra décider de faire un peu des deux. Il est évident que ce sont des notions subjectives, on peut être jeune et souhaiter ne prendre aucun risque quand à ses investissements.

2/Ai-je besoin de cet argent?
Vous allez me répondre "mais bien sûr", c'est très souvent ce que les gens me disent, mais la question peut-être posée autrement: "votre train de vie serait-il changé si vous veniez à tout perdre?" ou encore "le rendement de cet argent vous servira-t-il à mieux vivre?". Si la réponse est non, alors vous pourrez aller vers des titres financiers plus risqués.

3/ Pour combien de temps je souhaite placer mon argent?
Certaines personnes souhaitent faire des placements courts, d'autres plus longs et certains n'en ont aucune idée. Lorsque l'on a du cash et que l'on souhaite investir dans un projet d'ici quelques mois, on connait son horizon d'investissement et le risque doit être mesuré. Par contre, si vous souhaitez investir sans avoir de limite dans le temps, cela revient à dire que vous pouvez prendre des risques puisque vous n'avez pas besoin de cet argent dans un futur proche (>1an).


4/Suis-je prêt à faire confiance à mon banquier?
La relation entre vous et votre banquier est une relation de confiance, vous devez croire en ses conseils et il doit vous donner la sensation de connaître son métier. Dans ma carrière il m'est arrivé de rencontrer des banquiers privés très compétents mais aussi de très mauvais. Votre première impression lors de votre première rencontre sera souvent la bonne. Je me suis souvent aperçu que les clients ressemblaient (d'un point de vue du caractère) à leur banquier, j'en ai déduis que les clients choisissaient souvent leurs banquiers sur des critères assez subjectifs. De plus, aujourd'hui, les banquiers privés sont davantage des commerciaux que des portfolio managers car derrière eux il y a une horde d'advisors et traders qui managent réellement votre argent, mais cela j'y reviendrai plus tard.

5/Quelle partie de mon patrimoine je souhaite investir?
Cette question est cruciale et doit être murement réfléchie, est-ce moins de 25%, moins de 50%, moins de 75% ou 100%. Certains produits financiers ne peuvent être vendus rapidement, c'est pour cela qu'il faut bien réfléchir à cette notion, je conseillerais de toujours garder un peu de cash dans son portefeuille, on ne sait jamais trop ce que la vie nous réserve, il se peut qu'un jour vous ayez besoin d'une partie de votre patrimoine financier dans des délais très réduits.

Vous l'aurez compris ces 5 questions doivent trouver réponse avant d'aller voir son banquier. Il faut mesurer le risque que vous prenez. Investir sont argent est un moyen d'améliorer son patrimoine mais pour cela il faut partir avec de bonnes bases et se poser les bonnes questions afin que vos investissements reflètent parfaitement vos aspirations. Il n'y a pas beaucoup de moyens de gagner de l'argent: le travail et l'investissement. L'investissement boursier est un type d'investissement ouvert à tous et dont l'offre est suffisamment diversifiée pour vous satisfaire pleinement.

Dans le prochain billet qui aura trait à la gestion de portefeuille, je décrirai les risques de chaque catégorie de produits financiers afin de vous aider à mieux discerner les risques que vous pourriez prendre.

"Nous connaissons mieux nos propres besoins que ceux des autres. Satisfaire les siens relève de la bonne gestion".
                  Ambrose Bierce