Bonjour à tous. Je souhaiterais aujourd'hui me servir de mon blog pour répondre à l'un de mes anciens profs du temps où j'étais étudiant. Récemment, ce professeur a publié dans le journal Le Monde un article que vous pourrez trouver
ici. L'article possède un titre pour le moins aguicheur pour quelqu'un qui, comme moi, estime que la dette des états keynesiens est le fléau de ce début de siècle. Mon ancien professeur, qui fut gérant, semble oublier qu'il enseigne la gestion de portefeuille et donc les mécanismes de marché.
Alors pourquoi cette photo d'Obi Wan Kenobi? Le parallèle entre Star Wars (dont je suis un fan absolu) est assez simple et les fans comprendront. Keynes, dans son livre "la Théorie Générale" assure que les états doivent intervenir dans l'économie lors de crises, l'impatience, l'arrogance, la colère, la jalousie, l'utopie... Les économistes comme Krugman, si chers à mon professeur, tirent les ficelles et appliquent à la lettre les principes Keynesiens: "continuons d'endetter l'état, cela n'a finalement pas d'importance, In the long run we all die comme disait Keynes". Mais se sont-ils demandé d'où venait cet argent? Ces économistes n'ont aucune patience, aucune lucidité, ils vouent une haine farouche à ceux qui pensent qu'il faut laisser faire les choses, ils sont le côté obscur. Combien de fois j'ai vu la colère envahir quelques personnes socialistes et convaincus de leur fait lors de conversation toutes simples sur l'actualité? A tous les coups. Oui ce sont bien les représentants du coté obscur, ceux qui ne pensent qu'à se sauver eux-mêmes et ont le mépris d'autrui ne rêvant que de lui imposer règles et lois et au final de lui priver de sa liberté.
Parce que la patience, le respect des autres, la sagesse font partie des attributs de ceux qui, à l'inverse des keynesiens, pensent que les individus ont le pouvoir de gérer leur vie. La liberté est une notion qui m'est chère, elle fait partie de mes principes de vie, depuis que j'ai pris conscience des valeurs qui lui sont associées je me sens plus en paix avec moi-même, je suis individualiste et non égoïste. Hayek résuma parfaitement cette différence dans son ouvrage La Route de la Servitude: "L’individualisme prôné ici est la reconnaissance de l'unicité de tout homme - qui ne signifie pas égoïsme (egotism or selfishness), il va de pair avec la liberté économique qui permet un accroissement aussi bien des richesses que du progrès scientifique, si bien que le laissez-faire permet une augmentation du niveau de vie sans pareil.".
Cher professeur, je ne tiens pas à vous manquer de respect en rédigeant ce billet, je cherche simplement à exprimer une différence de point de vue et j'espère que vous ne prendrez pas mal cette initiative.
Partout dans les médias c'est le même discours : les Etats doivent impérativement se serrer la ceinture. A les écouter, il n'y a pas d'autres alternatives : il faut à tout prix rembourser les dettes, sans quoi, les marchés sans pitié se chargeront de nous ruiner. C'est une erreur majeure.
C'est donc par ces mots que vous débutez votre article. L'État français aurait-il l'intention de se serrer la ceinture? Aux dernières nouvelles, l'État souhaite simplement pratiquer le status quo en terme de dépenses et par le retour de la croissance (hypothétique) ramener le déficit dans les critères de Maastricht. Bien sûr en dehors de la France des pays comme le Royaume-Unis vont baisser drastiquement les budgets (25% au Royaume-Unis) et semblent penser que oui, il faut à tout prix rembourser la dette. Je vous engage à discuter avec des Argentins qui se feront une joie de vous expliquer que même encore aujourd'hui, ils ressentent encore les effets de la faillite de leur état et cela date de 2001. La dette doit être remboursée car elle est financée par l'épargne, beaucoup de produits financiers proposés dans les banques de détail contiennent de la dette française et grecque notamment. Si l'État français ne rembourse pas ses dettes, il y a fort à penser que bon nombre de français se retrouveront dans une situation peu enviable. Selon vous les marchés sont sans pitié, ceci est une rhétorique typique des Keynesiens qui ne parviennent pas à comprendre les tenants et aboutissants du marché libre. Keynes lui-même n'était pas avare de termes plutôt crus pour qualifier ce qu'il ne comprenait pas, l'expression "instinct animal" pour parler de l'envie de l'homme de prendre des risques continue de me choquer encore aujourd'hui. Le marché, c'est vous, c'est moi, tout le monde, le monde entier serait-il sans pitié à votre avis? Des institutions, d'autres états, des particuliers ont fait confiance à la France et vous souhaiteriez que ceux-ci ne sanctionnent pas ce pays en faisant défaut? Ceci me semble tout à fait saint de sanctionner justement un État qui rompt un contrat, car une dette est un contrat cher professeur, en l'échange de devises, l'État s'engage à rembourser le capital et les intérêts.
Ces politiques de rigueur et d'abdication face aux marchés nous conduiront droit à la ruine. Pour le comprendre, il faut revenir à l'origine de nos problèmes. Oui, la crise est due à un endettement excessif des économies occidentales. Mais les Etats n'en sont pas les principaux responsables. Dans la plupart des pays, c'est l'endettement des banques et des ménages qui nous a mené au bord du gouffre. L'intervention salutaire des pouvoirs publics a alors permis d'éviter le retour de la Grande Dépression. Le système bancaire a été sauvé in extremis et les plans de relance ont empêché l'économie de s'effondrer sur elle-même. Evidemment, ces actions ont provoqué une explosion de nos déficits publics. Il fallait casser la spirale déflationniste qui menaçait. Banquiers et ménages ont ainsi passé la "patate chaude" de la dette aux pouvoirs publics.
Les État souhaiteraient pouvoir manipuler les marchés, les faire abdiquer devant leur grande puissance. Quelle arrogance! Comment une poignées d'hommes et de femmes assoiffés de pouvoir et de gloire futile, dont le seul rôle est de donner l'illusion à des millions de personnes qu'ils sont capables de gérer la situation, pourraient donner des leçons aux marchés qui ne sont que l'expression instantanée de la volonté des individus? Selon vous les États ne sont pas responsables, et les fautifs sont les banques et les ménages? N'est-ce pas la faute de cette économie Keynesienne plutôt? L'accumulation des dettes est due à cette volonté du tout et tout de suite, de cette nécessité de consommer quel qu'en soit le prix. La patience n'a jamais été une vertu des keynesiens, il leur faut calculer le futur pour l'anticiper aujourd'hui. Que l'on me nomme l'homme politique qui n'aurais jamais prononcé cette formule "avec le retour de la croissance...". Cela fait 35 ans que la croissance française est molle et quasi inexistante. A qui la faute? les ménages à qui l'on prend sans leur avis jusqu'à 70% de leur salaire en taxes, impôts et cotisations sociales (je peux le prouver si vous le désirez)? Les ménages obligés de s'endetter sur des décennies pour s'offrir un toit parce que l'État soit-disant bienveillant ne fait que multiplier les lois sur l'immobilier et donc bride le marché pour maintenir les prix le plus haut possible.
Les banques se sont endettées, qu'elles en paient le prix. Les États et les contribuables n'avaient pas à leur prêter de l'argent afin qu'elles puissent survivre. Nous sommes nombreux à penser que la crise se serait réglée en trois ans si les États n'étaient pas intervenus, au lieu de cela, ils ont dépensé des sommes folles pour des effets inexistants (où est la croissance, la fin de l'augmentation du chômage?). Au lieu de cela, la crise va durer car nous repartons sur des bases souillées. De toute façon, la faute n'est pas exclusive aux banques. Les causes de cette crises sont bien plus complexes et vous ne m'en voudrez pas de les résumer rapidement. Après l'éclatement de la bulle internet, la FED décide de ramener ses taux à 1% et ne les remonte pas assez vite, dans le même temps l'administration Bush veut une Amérique de propriétaires et pousse des établissements comme Freddie Mac et Mae à donner des crédits (à taux flottant je précise donc sujets à monter) à des personnes qui ne rentrent pas dans les critères normaux d'obtention de crédit. Tout le monde savait qu'à la remontée des taux ces personnes ne pourraient plus payer leurs crédits. Tous pensaient qu'ils saisiraient alors les biens et les revendraient plus cher et donc en tireraient profit. Pour se protéger, ils ont créé les subprimes, ces produits estampillés sans risques par les agences de notations car ils contenaient que peu de ces crédits pourris et beaucoup de dettes saines. L'immobilier s'est effondré, les taux très élevés ont précipité les gens dans la rue car ils ne pouvaient plus payer leurs échéances, les banques se retrouvaient avec des biens invendables sur les bras et donc des dettes non remboursées. L'État est le premier responsable de ce chaos de part ses décisions ridicules tout en sachant ce qui pouvait arriver et a attisé l'envie de profit des établissements bancaires sans scrupules. Ces erreurs auraient dû se payer cash, les banques auraient dû faire faillite, les banques ont pris des risques, elles ont perdu et auraient dû assumer leurs pertes. Au lieu de cela, elles ont fait appel à l'État qui a alors accepter de mutualiser les pertes et là encore l'État fait une monumentale erreur. Même si ces aides sont sous forme de prêt, les états ont dû s'endetter pour sauver les banques, lorsque les banques ont remboursé cet argent, il n'a pas servi à rembourser la dette occasionnée, il a servi à tout autre chose (et là aucune idée). L'État a poussé des banques à s'endetter, les ménages à s'endetter au-delà du raisonnable, les ménages croyant les hommes politiques, les banques étant certaines de l'appui des États, elles se sont retourné par la suite vers leurs protecteurs. Pour les Keynesien,s pas de crédit, pas de consommation, pas de croissance, quelle erreur...
Comment en est-on arrivé là ? La responsabilité est à chercher du côté des politiques de libéralisation instaurées sur l'ensemble de la planète depuis les années 1970. Selon leurs partisans, personne mieux que les marchés, ne pouvait orienter les choix des agents économiques. Il convenait donc d'ôter toute entrave susceptible de les réguler, en particulier les contrôles et autres règles prudentielles instaurées après la crise de 1929. Cette dérégulation a permis l'accumulation de risques délirants dans le système financier. Un deuxième élément est à chercher du coté de la libéralisation des échanges. Chine, Japon et Allemagne ont engrangé des excédents sur le reste du monde et les ont recyclés vers les pays déficitaires, finançant ces derniers et favorisant ainsi leur endettement excessif. Enfin, la libre circulation des capitaux a provoqué un phénomène de dumping fiscal en faveur des entreprises et des plus riches. A partir des années 1980, la répartition de la richesse s'est faite au profit des détenteurs de capitaux et des fractions les plus aisées de la population. Chômage et augmentation des inégalités ont poussé les classes moyennes à s'endetter de plus en plus, tout en réduisant les recettes de nos systèmes de protection sociale. Ces éléments expliquent l'accroissement massif de la dette dans nos pays.
Dans ce paragraphe, certains lecteurs peu avisés pourraient croire que durant les années 70 on a laissé les marchés sans règles, sans États ni maîtres pour les brider les diriger, c'est bien entendu complètement faux, il existe des règles, des lois au sein même de l'Europe, BâleII et MiFID devraient vous être familier, MiFID est une directive cadre de l'Union Européenne, donc non, les établissements bancaires et les marchés financier ne sont pas livrés à eux-même et je précise tout de même que nous sommes loin de la perfection en matière de règles bancaires, cela dit elles pourraient être le fruits de négociations en-dehors de la sphère étatique.
Ceci étant dit, attaquons-nous maintenant à votre idée de la répartition des richesses. C'est une approche presque collectiviste de la chose si je puis me permettre cher professeur. Pour vous seuls les plus riches, les détenteurs du capital (quel mot vulgaire n'est-ce pas?) se sont enrichis sur le dos des plus pauvres. Quelle vision manichéenne que la vôtre, car si les riches se sont enrichis, les pauvres aussi, comparez le début du XXème siècle et le début de celui-ci et vous comprendrez très rapidement. Une grande partie de la population française peut se payer un abonnement internet, téléphonie mobile, une télévision et est logée. Bien sûr il y a encore de la pauvreté mais d'où vient-elle? J'imagine, par vos propos, que cette misère provient de l'exploitation des pauvres par les riches. Personnellement je vois cela autrement. Dans ce pays qu'est la France, l'État prend 53% des richesses produites et toutes ces richesses ne produisent rien, c'est de l'argent brulé. Laissez cela aux populations, ils en feront certainement une bien meilleure utilisation que les hordes de fonctionnaires obnubilés par leurs "acquis sociaux" et qui, à la moindre tentative de les restreindre, prennent les français en otages (SNCF, écoles, poste, etc...) ou que les politiques qui ne cessent de voter en leur encontre toujours plus d'avantages et utilisent l'État à des fins personnelles (les exemples sont nombreux depuis 30 ans).
Le chômage et les augmentations des inégalités, en ce qui concerne le chômage, je vous laisse consulter les vidéos du professeur Serge Schweitzer qui le fera bien mieux que moi:
Les inégalités, le mot est lâché, ce mot que nous voyons partout, ce mot qui exprime la jalousie de tant de personnes qui ne souhaitent que s'accaparer les richesses de ceux qui les ont produites. L'égalité, voilà une idée bafouée par les innombrables socialistes, keynesiens, marxistes, cette idée que nous devrions tous être égaux devant le droit s'est transformée en égalité en tous points. Je me permets de vous rappeler le premier article de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen: "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune". Les inégalités sont inéluctables, fruits de la nature elle-même. En biologie on vous apprend que la biodiversité c'est bien, que les inégalités engendrent le mouvement et le développement de nouvelles espèces ou encore d'évolutions génétiques pour palier à ces inégalités. Ne pourrait-on pas penser que les individus pourraient développer librement les éléments qui leur permettraient de palier à ces inégalités? L'État dans sa grande mansuétude a souhaité trouver les éléments de réponse lui-même, mais comment adapter les réponses lorsque chacun d'entre nous aurait sa propre réponse à son cas précis selon ses propres attentes? Le consensus mou venait d'être créé. Car c'est en cherchant des solutions au bienêtre que vient le progrès cher professeur, les innovations sont le fruit des volontés des individus pour améliorer leur quotidien. Le propre de l'homme est de se servir de ses différences pour avancer, certains ne souhaitent pas s'en servir et en souffre, d'autre prennent le risque et ont la volonté d'évoluer. L'État a voulu aller à contre sens des règles naturelles en souhaitant créer un paradis artificiel sous perfusion et a rendu une grande partie de ses sujets accrocs à ses interventions si bien qu'ils ne sauraient vivre sans. Les accrocs ont toujours besoin de davantage de services publics, d'aides et autres allocations qu'on leur donne en échange de rien, les politiques en bons dealers leur promettent toujours plus pour rester leur dealer jusqu'au jour de l'overdose de dette, ce jour approche comme un mur inébranlable. la France est devenu un pays au sein duquel les droits se multiplient et les devoirs s'envolent un à un. Lafayette, rédacteur de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, s'en retournerait dans sa tombe, les droits sont issus de la loi et non l'inverse, c'est une des raisons de la faillite de l'Europe.
Ce constat posé, que faire pour sortir de l'impasse dans laquelle nous ont conduit trente années de dérégulation ? Vouloir y répondre par la rigueur est un contresens économique dramatique. Si tous les Européens suivent l'exemple de l'Allemagne, c'est le remake de 1929 assuré. La rigueur provoquera une chute de la consommation et la déflation suivra. La dette sera encore plus lourde à supporter et nous ne pourrons éviter des conflits commerciaux entre pays. Nous avons la connaissance, le devoir et les moyens d'éviter les erreurs de nos aînés. Le soutien à l'économie est indispensable, tant que la croissance n'aura pas repris de manière plus vigoureuse. A cet égard, l'attitude de l'Allemagne est cruciale. Nos amis allemands ne peuvent plus se contenter de faire reposer leur prospérité sur la consommation de leurs voisins. Ils doivent assumer leur rôle de première puissance de la zone Euro, en étant un élément moteur de cette relance.
Si nous en sommes arrivés là cher professeur, c'est bien parce que la rigueur n'est pas intervenue avant, c'est bien parce qu'il fallait toujours davantage pour entretenir un système social à la base voué à l'échec. Par exemple, les systèmes de retraite par répartition ne sont ni plus ni moins que des systèmes Ponzi ou Madoff, comme vous voulez. Le contresens économique serait de faire comme vous le préconiser cher professeur. Alléger les dépenses permettra aux ménages de maintenir leur train de vie, aux entreprises d'investir et de créer davantage de richesses, laissez à ceux qui produisent le fruit de leur labeur et écartez de votre chemin ceux qui ne souhaitent que vivre qu'au travers de la coercition. Alan Greenspan dont la science économique est immense (même s'il ne l'a pas utilisé suffisamment lors de son passage à la FED) dit ceci, qui est strictement le contraire de votre point de vue et sans vous faire offense je me range à ses côtés:
« Je crois que les craintes de ce qu’une contraction budgétaire induise une nouvelle baisse de l’activité économique ne sont pas fondées. La tendance actuelle des dépenses est si pressante qu’il est hautement improbable qu’aucune restriction budgétaire politiquement réalisable déchaîne les forces déflationnistes. Je ne crois pas que nos législateurs ou d’autres soient conscients du degré de dégradation de nos freins fiscaux. Si nous contenions le montant de l’émission de titres du Trésor, les pressions sur les marchés de capitaux privés se relâcheraient. »
Nos amis Allemands ont basé leur économie sur une idée de stabilité et de liberté (l'idée de rigueur étant partiellement fausse:
article du Temps). Ces idées qui ont fait le succès de l'Allemagne rendent jaloux les autres pays qui aimeraient bien s'accaparer une partie des richesses produites par nos partenaires allemands. Les allemands se battent pour une certaine rigueur budgétaire car ils ne savent que trop bien ce que la crise des années 20 leur a coûté, une inflation galopante qui a semé le graines de l'arrivée d'Hitler au pouvoir. par la suite, la liberté des prix décrétée très rapidement par Ludwig Erhard alors ministre (et futur chancelier) fit tomber le taux d'inflation à un niveau inférieur à celui de la France d'après guerre. Plus tard un chancelier socialiste disait "
les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les investissements de demain les emplois d’après-demain". Combien de socialistes ou hommes de droite français oseraient lâcher une telle bombe aujourd'hui? Aucun certainement. Quand à ce que vous prenez comme de l'exploitation des richesses de ces partenaires par leurs exportations, c'est aussi un non-sens pour celui qui sait ce que cela a coûté au citoyens allemands. Après le choc pétrolier de 1973, les allemands ont pris les décisions qui s'imposaient: hausse de la productivité, baisse des coûts de production, baisse des aides publiques et donc du poids de l'État dans l'économie. Avec cette recette ils sont devenus les champions mondiaux des exportations et ce malgré le coût de la réunification de 1300 milliards d'euros, c'est-à-dire l'équivalent de la dette de notre État français. Qu'avons-nous fait pendant ce temps? Nous avons été laxistes, nous avons joué à la cigale (je vous soumets un de mes articles sur la Grèce à propos de La Cigale et La Fourmi: ici) durant les 30 dernières années: dépenses étatiques, hausse des cotisations sociales, hausse des impôts, hausse des taxes, baisse du temps de travail, etc...
Mais comment sortir du piège de la dette ? Puisque s'attaquer aux dépenses risque de faire resurgir le spectre de la déflation, les seules options restantes sont l'augmentation ciblée des recettes fiscales et la croissance nominale du PIB, en partie grâce à l'inflation. est inévitable. Des mesures obligeant les banques et assurances à prêter aux gouvernements à des taux réglementés doivent être envisagées, comme cela a été fait après-guerre dans de nombreux pays. La Banque centrale européenne doit suivre l'exemple de la Banque centrale américaine (Fed), et poursuivre la monétisation de la dette en la rachetant directement sur les marchés.
Pour avoir des recettes fiscales, il faut de la croissance et on ne peut pas dire qu'avec les politiques keynesiennes menées en France depuis 30 ans nous ayons eu des croissances annuelle faramineuses. Le retour de la croissance, Chirac en avait fait son fond de commerce durant toute sa carrière politiquesc'est amusant car elle n'est jamais revenu et pour cause... L'État bride son retour. Des mesures obligeant les banques à prêter à des taux réglementés? Le retour de bâton sera simple, les banques n'achèteront plus de ces dettes. Elles estimeront que le risque pris est trop grand par rapport aux gains éventuels et cela posera d'encore plus grands problèmes à ces mêmes états. Car c'est comme si les États souhaitaient obliger les particuliers à acheter de leur dette à un tarif fixe et taxable (bien entendu). Les banques étrangères non soumises à ce système ne prêteront plus et l'État français s'effondrera au bout de quelques semaines sous son propre poids.
La monétisation de la dette, comment pouvez-vous prôner cette solution? C'est ouvrir la boîte de Pandore, cela veut dire inflation galopante qui viendra s'ajouter à la chute de l'Euro (voulue). Les États se sentiront capables de tout en toute liberté car de toute façon leurs dettes seront payées par la planche à billet. Nos dirigeants viennent de mettre 750 milliards sur la table en guise de fond d'urgence sans réellement les dépenser et regardez l'effet que cela a sur l'Euro, ils l'ont sciemment dévalué! Rajouter votre initiative par dessus et ce sera la catastrophe, l'Euro ne vaudra plus rien.
D'aucuns qualifieront ces politiques de défaut déguisé. Ils n'ont pas forcément tort. Mais cela ne fera que contrebalancer l'accumulation des richesses qui s'est effectuée depuis plusieurs décennies en faveur du capital et des plus hauts revenus. Cela favorisera une plus grande cohésion au sein de nos sociétés, et c'est le seul moyen de sortir les économies occidentales de l'ornière de la dette.
taxer les hauts revenus car ils ont mieux fait que les autres? Quelle utopie que voilà cher professeur. Le nombre d'imposables à l'ISF s'est amoindri, il y en a un peu plus de 6500 de moins que l'année dernière, ils partent là où le prés est plus vert, c'est à dire un peu partout sauf en France, c'est enfer fiscal au système social que le monde entier nous envie sans pour autant jamais le copier. Le bouclier fiscal n'a fait revenir personne, même pas Johnny, car il n'est pas inscrit dans la constitution et les partis de gauche se sont fait un point d'honneur à le supprimer. Cette instabilité fiscale n'incite pas à l'investissement, ces prélèvements bien trop élevés ne font que freiner la croissance.
En guise de conclusion cher professeur, comme vous l'avez compris je suis en total désaccord avec les actions que vous prônez et il me tenait à cœur d'écrire un billet pour exprimer cet opinion. Cependant, vos idées sont les vôtres et ont le mérite d'exister, comme le disait Voltaire "Je ne suis pas d'accord avec vos idées mais je suis à mourir pour que vous puissiez les exprimer". Cette phrase vous semblera certainement forte, pourtant je la pense sincèrement, la tolérance fait partie des fondements de la doctrine libérale et donc de ma philosophie de vie. J'espère avoir une réaction de votre part concernant cette réponse que j'espère vous aurez trouvée instructive à défaut d'en partager les opinions.
Je souhaiterais terminer ce billet avec une citation de William Shakespeare:
"Pauvres gens ceux qui n’ont pas de patience ! Quelle blessure s’est jamais guérie autrement que par degrés ?"